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Les métiers en berne en 2009

On vous épargne une liste à rallonge des grands perdants de 2009. Pas la peine d’enfoncer le clou. Voici, selon nous, les acteurs de la finance qui ont le plus peiné cette année.

Leverage finance : Dire que l’activité a été calme en 2009 serait un euphémisme. La page des spectaculaires opérations de rachat avec effet de levier qu’ont lancé les fonds d’investissement dans les années 2005-2007 a été brutalement tournée. En 2009, ces derniers ont surtout été appelés à mettre la main à la poche pour éviter une sortie de route aux entreprises sous leur contrôle (agefi.fr). De nombreux fonds, à l’instar de PAI Partners, n’ont pas échappé à une réorganisation de leur top management. Selon Dealogic, ces opérations LBO représentaient un marché pour les firmes de private equity de 59 milliards de dollars en mars 2007 en Europe, alors au pic de l’activité, contre seulement 2,4 milliards de dollars en novembre 2009. Si les rachats ont repris doucement fin 2009, la taille des opérations n’a rien de comparable avec la période pré-crise. La valeur médiane des opérations auraient ainsi chuté de 85% depuis 2005 (ft.com).

Banque privée : Après trois années exceptionnelles, 2009 restera dans les mémoires comme une année cauchemardesque pour le secteur. Attaques en ordre contre le secret bancaire, affaire Madoff, baisse spectaculaire des mandats sous gestion, restructurations… Les gestionnaires de fortune n’ont jamais eu à faire face à autant de défis en même temps. Le géant suisse UBS a enregistré sur les seuls trois premiers mois de l’année 23,4 milliards de francs suisses de sorties de capitaux dans sa gestion de fortune. La banque a dû réduire drastiquement ses équipes, notamment à Paris. A terme, il ne restera qu’une dizaine de grands acteurs dans la banque privée, avec quelques indépendants mais sur des marchés de niche , a prévenu mi-2009 Daniel Truchi, directeur de la banque privée de la Société générale, qui a réduit ses effectifs de 10% en Asie sur cette activité (latribune.fr). Sur le marché de l’emploi, seuls les banquiers privés dotés d’un portefeuille clients conséquent ont su tirer leur épingle du jeu. Autant dire une poignée.

IT Finance : En période de restructuration et de réduction des coûts, les systèmes d’information apparaissent comme un gisement naturel d’économies d’échelle, surtout dans le secteur bancaire, qui mise de plus en plus sur l’offshore. Cela n’a pas échappé aux prestataires qui ont vu le nombre des missions réduire comme fondre au soleil. Mais aussi aux salariés des banques qui ont du faire face à de nombreuses réorganisations. Cela a été notamment le cas chez Crédit Agricole. Les 2 500 informaticiens des caisses régionales ont fait grève début décembre pour protester contre la suppression de mille postes et la fermeture de 39 sites dans le cadre du projet Nice, qui vise la mise en place d’une nouvelle informatique communautaire évolutive unique à l’ensemble des 30 caisses régionales. Une fois n’est pas coutume, les salariés des grandes SSII (Altran, Accenture, IBM, Logica, Capgemini, Atos, ER, CSC, GFI et Steria) ont également manifesté, aux côtés des salariés de Calyon, dénonçant la précarité du métier de consultant
(lemondeinformatique.fr).

Les purs players de la banque en ligne : Le multicanal est bien à la mode, mais cela se fait aux dépens des pures players du secteur tels Boursorama (Société Générale), Cortal Consors (BNP Paribas) et ING Direct. Pour Fabrice Kahn, associé chez Roland Berger, ces derniers n’ont pas démontré l’efficacité de leur modèle. Il n’y a qu’à voir les chiffres pour s’en convaincre. Même un acteur leader comme Boursorama, filiale de la Société Générale, ne dispose que de 80.000 clients bancarisés, en croissance d’à peine 5.000 à 7.000 clients nouveaux par trimestre. BforBank, développé par le Crédit Agricole, cible à peine 40.000 clients d’ici à quatre ans. […] L’objectif est plutôt modeste au regard des moyens du groupe. De même pour e.LCL, qui annonce 20.000 clients pour son agence en ligne. […] La réalité d’Internet aujourd’hui, c’est que faire du pure player en ligne est dépassé , a jugé ce consultant dans une interview aux Echos.

Londres : La capitale européenne de la finance a perdu de son glamour. Le montant total de l’aide apportée aux banques du pays par le gouvernement britannique depuis le début de la crise représente la somme astronomique de 940 milliards d’euros ! Selon le centre for Economics and Business Research (CEBR), le nombre de jobs dans la City est passé de 354.000 en 2007 à 305.000 en 2009. Si les embauches ont commencé à reprendre fin 2009, le rattrapage sera long. Le CEBR ne prévoit pas plus de 314.000 jobs en 2010. Au-delà des chiffres du chômage, ce sont les idées françaises de régulation [qui] triomphent en Europe […] les Anglais sont les grands perdants de l’affaire , a déclaré le président Sarkozy, à la suite de la nomination de Michel Barnier au poste de commissaire européen chargé de la régulation, mettant à mal pour un temps la fameuse entente cordiale (latribune.fr). Cerise sur le gâteau pour les financiers londoniens : la nouvelle taxe de 50% sur les bonus dépassant 25.000 livres sterling. Quelque 20.000 banquiers seraient concernés, dont 5.000 gagneraient plus de 1 million de livres. Paris suivra l’exemple anglais en taxant à son tour à 50% les bonus supérieurs à 27.500 euros AFP. Il n’en demeure pas moins que La City a perdu de son pouvoir d’attraction.

Goldman Sachs : Malgré une année record côté business, la réputation de la prestigieuse banque d’investissement américaine a souffert en 2009. L’annonce de la distribution de bonus record a jeté un premier pavé dans la marre. Goldman Sachs a prévu de distribuer 16,7 milliards de dollars pour l’année 2009, la plus forte distribution d’argent depuis 140 ans ! La presse américaine s’est déchaîné, dénonçant la rapacité de la banque (lesechos.fr). C’était juste avant la gaffe de son patron, Lloyd Blankfein, qui aurait dû certainement tourner sept fois sa langue dans sa bouche avant d’affirmer qu’il était juste un banquier faisant le travail de Dieu . Le banquier a dû dans la foulée s’excuser publiquement plusieurs fois en avouant avoir participé à des choses qui sont mal . Mais la contrition du numéro de 1 de la firme ne suffit pas à apaiser la colère des actionnaires. Mi-décembre, Goldman est assignée en justice par un investisseur institutionnel qui estime qu’elle s’apprête à verser des bonus inappropriés à ses salariés. Le géant de Wall Street est accusé par les plaignants de rémunérer de manière aveugle ses dirigeants pour des résultats d’entreprise qui n’ont absolument rien à voir avec les compétences des employés de la compagnie (latribune.fr). Suite au prochain épisode…

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