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Assurance : L’Afer veut se démarquer en refusant de proposer le Perp

Avec plus de 660.000 contrats souscrits en l’espace de quatre mois, on croyait le débat sur l’attractivité du Perp un peu émoussé. Mais voilà qu’il ressurgit par le biais d’un acteur majeur du paysage français de l’épargne : l’Afer.

Attaque en règle contre le Perp

Refusant de céder au phénomène de mode pour respecter ce qu’elle appelle son devoir de réflexion et de prudence, l’association met sa notoriété dans la balance pour dire non au Perp. Constatant la faiblesse des capitaux placés sur des produits de retraite purs par rapport à l’importance des encours de l’assurance vie (15 milliards contre 800 milliards), l’Afer en a conclu par la voix de sa présidente, Bénédicte Coste : On n’y peut rien, les Français n’aiment pas la rente viagère, ils aiment le capital et transmettre. En résumé, on l’aura compris, ils veulent de l’assurance vie. Rentabilité incertaine de la rente viagère, effort d’épargne colossal pour obtenir un revenu décent à l’âge de la retraite, avantage fiscal à l’entrée en trompe-l’ceil compte tenu de l’imposition à la sortie…, l’Afer a procédé tout au long d’une conférence de presse à ce que l’on peut appeler une attaque en règle du Perp._Une conférence où chacun aura pu remarquer l’absence de Jean-Pierre Bégon-Lours, président du GIE Afer, favorable au Perp, et de Vincent Vandier, délégué général de l’Afpen, particulièrement impliqué dans la promotion de l’épargne retraite.

Un cheminement confus

Si bon nombre des arguments de l’Afer en défaveur du Perp sont défendables, on comprend mal en revanche la stratégie, s’il y en a une, de gestion du dossier. La décision du conseil d’administration va en effet contre l’avis de l’assemblée générale qui, réunie le 1er juin dernier, avait souhaité qu’un Perp puisse être présenté aux adhérents et avait approuvé la création d’un Gerp à 66.789 voix (la présidente qui disposait alors de 63.997 pouvoirs était donc, à l’époque, favorable à la création du plan).
Elle intervient, par ailleurs, après une procédure d’appel d’offres auprès des fournisseurs au terme de laquelle le produit pressenti, en l’occurrence celui d’Aviva, se serait classé parmi les plus compétitifs du marché en termes de frais, selon l’Afer. Le Gerp lui-même avait un nom : l’Aiden. Mais le processus s’arrêtera là, le conseil d’administration ayant, in fine, décidé que le contrat d’assurance vie multisupport actuel est la meilleure solution susceptible d’être proposée aux adhérents en matière de complément de retraite. Fallait-il tant de temps et d’énergie pour en arriver à cette conclusion ?


Réaction des pouvoirs publics

Reste à présent à convaincre les adhérents et à faire passer le message aux apporteurs, à commencer par les délégués Afer. Certes, le réseau aime les nouveaux produits et certains de nos apporteurs vont peut-être être déçus du manque à gagner mais, sur le long terme, je pense qu’ils pourront s’y retrouver et sauront défendre notre position , a expliqué Bénédicte Coste.
La décision est loin d’être anodine et nul doute qu’elle risque de fâcher Bercy, ce qu’admet l’Afer en privé, en donnant du grain à moudre à tous ceux qui jugent déjà que l’assurance vie jouit d’avantages excessifs. Il y a plusieurs façons de manifester son indépendance. Gaipare l’a prouvé en choisissant de changer d’assureur pour concevoir son Perp._En entamant une sorte de croisade contre le Perp, l’Afer veut donner une autre vision de l’indépendance, courageuse pour les uns, excessive pour les autres.

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