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Bain & Company a doublé ses effectifs parisiens en 5 ans, et prévoit 70 embauches en 2014

Catherine Pain-Morgado, responsable Recrutement Bain & Company à Paris

Catherine Pain-Morgado, responsable Recrutement Bain & Company à Paris

Défiant la crise, les grands cabinets de conseil en stratégie ont continué de recruter en France ces dernières années. Installé depuis 1985 dans l’Hexagone, Bain & Company – l’un des trois leaders avec McKinsey et BGC – en apporte une illustration convaincante : les effectifs ont doublé en cinq ans pour atteindre aujourd’hui 300 collaborateurs à Paris. Mêmes timides, les signes de reprise économique sont plus qu’encourageants pour la poursuite de croissance du cabinet.

Catherine Pain-Morgado, en charge du recrutement chez Bain à Paris, a accepté de nous en dire un peu plus sur les objectifs de recrutement du cabinet, la sélection des candidats et la vie (convoitée) de ses consultants parisiens, avenue Montaigne.

Bain & Company a mené une politique active en matière de recrutement en France ces dernières années. Qu’en sera-t-il pour 2014 ? 

Les recrutements continueront d’accompagner notre croissance maîtrisée. En 2012 et 2013, nous avons recruté au total entre 60 à 70 personnes chaque année. Ce chiffre comprend une trentaine de stagiaires, une trentaine de ‘juniors analysts’, postes réservés aux jeunes diplômés, et une dizaine de profils expérimentés (majoritairement entre 3 et 7 ans d’expérience),. Pour 2014, nous anticipons le même rythme d’embauches et la même déclinaison entre jeunes diplômés et professionnels confirmés.

Pour quels pôles d’activités souhaitez-vous recruter en priorité ? 

Nous recrutons sur l’ensemble de nos activités. Concernant les consultants expérimentés, nous recherchons des profils soit avec une expertise fonctionnelle acquise au sein de grands groupes (amélioration de la performance opérationnelle, marketing stratégique, fusions-acquisitions…), soit une expertise sectorielle ou fonctionnelle. À cet égard, nous avons par exemple créé et développé un pôle Santé ces deux dernières années. Aujourd’hui, les besoins se font surtout ressentir sur le pôle Services Financiers, notamment dans l’assurance, et sur le pôle TMT (Technologies, Medias et Télécommunications), avec un intérêt particulier pour les compétences liées à la digitalisation.

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Vous faites partie des cabinets de conseil qui apprécient tout particulièrement les profils diplômés d’un MBA. Pouvez-vous éclaircir ce point ?

En effet, parmi les consultants expérimentés nous recrutons autant des candidats directement issus de l’industrie que des professionnels ayant réalisé un MBA, typiquement après 3 ou 4 ans d’expérience. Ces recrutements sont organisés à l’échelle mondiale. Nous ciblons les MBA de l’INSEAD, Harvard, Wharton, Columbia, Kellogg ou Chicago Booth mais aussi de la London Business School.

Êtes-vous aussi sélectif concernant les embauches de jeunes diplômés ?

Nos jeunes recrues sont principalement issues du Top 3 des grandes écoles de commerce et d’ingénieurs françaises. Nous avons également de jeunes collaborateurs formés à l’Ensae, à Sciences Po, ou encore à l’EM Lyon. Nous évaluons les compétences analytiques des jeunes candidats et portons aussi un intérêt particulier sur les qualités interpersonnelles. Nos stagiaires doivent également être aguerris au monde professionnel en ayant réalisé divers stages au cours de leur cursus, et idéalement une expérience à l’étranger, sans que ce dernier critère soit pour autant un prérequis.

Quel est le taux de conversion de vos stages en emploi ?

Ce chiffre atteint les 60 à 70%. En plus des compétences analytiques, qui sont clés dans notre business, nous recrutons en CID les stagiaires qui auront prouvé leur motivation, leur engagement, leur professionnalisme. Nous regardons également leur aptitude à dialoguer avec des dirigeants d’entreprise et le senior management, et bien sûr à leur capacité de développement au sein de notre cabinet.

À quoi ressemble votre processus de recrutement ?  

Pour les stages, les candidats doivent s’attendre à 4 entretiens, tandis que les profils expérimentés sont conviés au minimum à 6 entretiens, dont 4 études de cas, et 2 entretiens de motivation. L’étude de cas dure 45 minutes et est menée par un consultant sur une mission qu’il a lui-même menée. Ce dernier n’attend pas du candidat qu’il apporte une solution à la problématique business posée. Il s’intéresse surtout à la façon dont celle-ci est décortiquée, analysée. Est-ce que l’approche est structurée, pragmatique… ? C’est, avant tout, un échange qui permet à chacun de se projeter dans une situation concrète. Quant à l’entretien de motivation, le recruteur interroge le candidat sur son parcours, ses motivations, et son projet professionnel.

Avez-vous recours à des tests particuliers au cours du processus de recrutement ?

Oui, nous utilisons un test de personnalité, celui du SOSIE pour les candidats expérimentés. C’est un test qui est couramment utilisé dans le recrutement. Pendant une heure, le candidat choisit parmi des groupes de phrases celle qui lui ressemble le plus et celle qui lui ressemble le moins. Il n’y a pas de question piège. Cela nous permet simplement de mieux comprendre ses motivations et l’environnement de travail qui est le plus adapté pour lui. C’est un éclairage additionnel sur le candidat, en aucun cas déterminant pour l’embauche.

Des études comme Universum montrent que la crise qui a frappé l’industrie financière a eu pour effet de booster l’attractivité des cabinets de conseil. Est-ce que ça se vérifie pour Bain ?

Le conseil en stratégie a toujours été une option de carrière prisée et attractive. Il est perçu, à juste titre, comme un métier formateur pour les jeunes diplômés, et offrant la possibilité aux profils expérimentés de s’ouvrir à divers secteurs. La crise n’a pas vraiment changé la donne. En ce qui nous concerne, nous recevons toujours chaque année environ 3.000 candidatures spontanées. Par ailleurs, 25 à 30% des étudiants des grandes écoles se destinent au métier du conseil. Un chiffre qui s’est maintenu ces dernières années, malgré la crise.

BAIN PAris

Dans les bureaux de Bain & Company, rue Montaigne à Paris

Paradoxalement, le secteur du conseil en stratégie n’a pas toujours bonne réputation, notamment en raison du rythme de travail qu’il impose à ses consultants. Qu’en pensez-vous ?   

C’est vrai, le métier du conseil est extrêmement exigeant, et nécessite un fort engagement. Il requiert également une forte adaptabilité – nos consultants changent de mission toutes les 6 à 8 semaines,  ce qui suppose une vraie vivacité intellectuelle. Le cabinet, comme les consultants, sommes lucides par rapport à cela. Aussi, nous cherchons toujours de nouveaux moyens pour soutenir nos consultants au travers d’un accompagnement personnalisé et du « mentoring » très développé au sein de notre cabinet.

Bain est souvent distingué dans les classements des « entreprises où il fait bon travailler ». Comment l’expliquez-vous ?

Sur l’aspect pratiquo-pratique, une conciergerie est par exemple à la disposition des employés. On peut aller s’y faire couper les cheveux, utiliser le pressing, faire des retouches à un vêtement, déléguer des démarches administratives, la réservation d’une pièce de théâtre ou d’un restaurant, faire envoyer une boîte de chocolats… Bref autant de tâches que le consultant n’aura pas à faire le soir ou le week-end. En matière de gestion de carrière à proprement dit, l’équipe staffing (en charge d’allouer les consultants sur une mission) et l’équipe RH travaillent systématiquement ensemble afin que l’aspect business et le développement des compétences évoluent en adéquation.

Pouvez-vous résumer en trois mots la « culture Bain » à Paris ?

Une culture dynamique, entrepreneuriale avec un fort esprit d’esprit. Tout cela est fortement ancré dans notre ADN. Il y a par ailleurs de nombreux moments privilégiés de convivialité au bureau : les croissants chaque vendredi matin, apportés à tour de rôle par tous, que l’on soit manager ou junior ;  le « pot des managers » une fois par mois le vendredi, animé par deux managers, autour d’une coupe de champagne et des petits fours ; des « offsite meetings » réguliers avec des activités sportives notamment ; la World Cup de foot, qui met en compétition des équipes de Bain à travers le monde, Paris a justement gagné la dernière coupe organisée au printemps à Amsterdam !

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