☰ Menu eFinancialCareers

Qui est Virginie Banet, le nouveau senior banker français au féminin ?

Natixis a annoncé ce matin le recrutement de Virginie Banet, 44 ans, en tant que responsable de la direction du Coverage au sein de sa banque d’investissement, reportant directement à De Doan Tran à la tête de la BFI.

Dans l’absolu, la nouvelle ne surprend pas. Toutes les banques françaises ont montré leur volonté de se renforcer sur les métiers de la banque d’affaires. Ainsi la semaine dernière, on apprenait que BNP Paribas planifiait une cinquante d’embauches dans ce secteur. SGCIB, de son côté, est bien avancé dans son plan de recrutement (entre 50 et 60 embauches prévues) depuis la nomination de Thierry D’Argent, ancien de JP Morgan, au poste de responsable mondial des fusions & acquisitions. Natixis ne fait donc que leur emboîter le pas.

L’information du jour a cependant une saveur particulière pour au moins deux raisons:1- Une femme nommée à un poste de banquier d’affaires senior en France, à ce niveau, ce n’est pas si courant 2 – La nouvelle vient de Natixis, pas spécialement reconnue (ni montrée du doigt d’ailleurs) pour sa politique RH à l’égard des femmes. Les Echos (notons que c’est le seul quotidien) a même décidé d’y consacrer un court article, titré Le nouveau banquier d’affaires de Natixis est une femme , comme si l’information tenait en cette phrase.

Virginie Banet rejoint également les 28 membres du comité exécutif de Natixis, composé de 5 femmes. Parmi elles, figure également une nouvelle recrue:
Ghislaine Mattlinger, nommée directeur financier de Natixis le mois dernier.

Retour sur le parcours de Virginie Baner et les choix de carrière qui se sont révélés pertinents !

1 – Faire ses gammes

Virginie Banet a débuté sa carrière en 1989 comme analyste financier, fonction qu’elle a occupée pendant 13 ans notamment chez Deutsche Bank qu’elle rejoint en 1995 en tant que responsable du secteur aéronautique et défense au niveau européen.

2 – Un bon diplôme est utile, un bon réseau primordial

Diplômée de l’Institut Sciences Po Paris, Virginie Banet est aussi membre de la Société Française des Analystes Financiers (SFAF). L’association compte 1.600 membres. Un moyen d’être en contact avec ses confrères grâce à un annuaire bien fourni, mais aussi et surtout avec les Autorités de Place et 600 émetteurs (65% de la cote), avec qui les analystes peuvent développer des liens via des groupes de travail (groupes sectoriels, commissions thématiques transversales).

Par son passé d’analyste financière, elle a un réseau relationnel impressionnant au sein du CAC 40, estime la chasseuse de têtes Diane Segalen, chez CT Partners, citée par Les Echos. Même si elle est devenue une spécialiste de la défense et de l’aéronautique, elle connaît très bien l’industrie au sens large.

3 – Choisir une banque où les femmes sont reconnues pour leurs talents

En 10 ans, la progression de carrière chez Deutsche Bank est plutôt impressionnante. Virginie Banet est passée du poste d’analyste à Managing Director (2000) avant de devenir senior banker (2003), en charge des fusions-acquisitions pour le secteur aéronautique et défense en Europe (2006). Pas sûre que sa carrière ait pu décoller de la même manière ailleurs.

Chez Deutsche, je crois que ce sont les compétences qui priment avant tout. Si les femmes ne sont pas très nombreuses parmi les seniors bankers, c’est surtout, comme ailleurs, par choix compte tenu d’emploi du temps très chargé, y compris le week-end, témoigne sous couvert d’anonymat une ex-Deutsche, qui a passé 10 ans en front-office sur les marchés. Je n’ai jamais ressenti de quelconque inégalité vis-à-vis des femmes, que ce soit du point de vue rémunération ou carrière. Au contraire, les femmes y sont plutôt mieux traitées qu’ailleurs.

4 – …et se montrer fidèle

La tentation du job hopping est forte lorsque l’on n’obtient pas ce que l’on veut assez vite. La patience et la fidélité dont a fait preuve Virginie Banet prouve que cette dernière stratégie peut être davantage payante. Cette professionnelle a passé 13 ans chez Deutsche Bank, dont 5 sur son dernier poste.

5 – Faire ses preuves chez un corporate

En août 2008, Virginie Banet est nommée directeur des relations investisseurs chez Lagardère et membre du comité exécutif Lagardère Media et du comité financier du groupe. Une nomination qui ne peut passer inaperçue, relayée dans les médias, Who’s Who et autres Carnet Agefi. Dans ce poste, elle a ainsi participé à de nombreuses missions concernant la direction financière, notamment dans le domaine des fusions/acquisitions.

6 – Se tourner vers une banque qui se reconstruit

Certains diront que Natixis est un pari risqué. Toujours est-il que la remise à plat de toute organisation-comme c’est aujourd’hui le cas dans la banque de gros de BPCE depuis l’arrivée de en mars de De Doan Tran-offre de nouvelles opportunités, qu’il faut savoir saisir. C’est également dans ce type de structure que l’on peut rapidement faire la différence.

Natixis, qui revient de loin, travaille beaucoup sur sa marque employeur pour attirer de nouveaux talents. Et n’hésite pas dans ce cadre à secouer, peut-être plus fort qu’ailleurs, les modes de recrutement.

Alain Delouis, nouveau DRH de Natixis depuis 5 mois, nous confiait il y a 15 jours que son établissement était sensible aux problématiques de diversité, mais reconnaissait qu’il y avait encore beaucoup à faire, notamment à l’égard des femmes. La nomination de Virginie Banet montre que la parole est accompagnée par les actes.

commentaires (9)

Comments
  1. Le jour ou l’on estimera que cela est trop banal pour faire l’objet d’un article, ce sera mieux.

  2. Je ne vois pas en quoi être diplomé de “sciences po Paris” est considéré par l’auteur de l’article comme un “bon diplome” dans le domaine qu’est la finance.

    Au cas ou l’auteur de l’article aurait trop vite oublié, sciences po programme : histoires, civilisation grec, langues, institutions politiques, sciences politiques, sociologie, droit, religions et sociétés, pouvoir judiciaire, système politique européen, civilisation latine….et j’en passe et des meilleures.

    Allez, une petite spécialisation en finance pure en master et cela fait aux yeux de l’auteur de l’article un “bon diplome” pour travailler dans la finance.

    Allons.

    Bon diplome certes, mais je peux citer des universités dont les étudiants sortent avec un niveau supérieur à celui de sciences po paris dans tout un tas de matières “financières”.

    Sciences po Paris est overrated.

  3. @ Phasme : Petite précision peut-être utile, Virginie Banet a suivi le cursus Eco Fi à Sciences Po Paris. Quoi qu’il en soit, dire d’un diplôme qu’il est bon, signifie qu’il est bien reconnu, ce qui ne veut pas dire qu’il soit le meilleur. Ici, on se concentre plus particulièrement sur la banque d’affaires, pas sur la finance en général.

  4. cette femme est geniale, et vive, les femmes, il ya 2 ans, jour pour jour, alors que je mappretais a rejoindre le monde de brut des financiers parisiens, machistes, un recruteur frenchie, me traite dordure, de femme, et de petite conne!!!,
    ce connard, se retrouvera devant moi, autour d’une table a demander a signer un traité de paix !!! apprament je fais de l’effet sans le savoir

  5. Diplômée de Sciences Po …. Bientôt le Master que je compte préparer (Master Finance de Marchés) ne servira à rien !
    Mes amies, ce n’est QUE du piston, de la tchat, et un cerveau.

    Et puis, une dernière remarque : pour avoir eu une bonne partie de ma famille en Banque, je peux dire que rester fidèle à une enseigne ne sert pas toujours.

  6. bonjour,
    je ne me suis jamais intérressé au parcours d’un responsable, mais seulement chaque personne a sa chance. Natixis est une grande structure,et connait les raisons de cette nomination.Il y a des ingénieurs spécialisés qui n’auront jamais cette chance .Un bon banquier doit être un pro des arts et métiers.
    cordialement.

  7. @estelle : j’aime bien le commentaire.
    Phasme : mâle.

  8. La capacité à progresser dans le monde professionnel ne vient pas d’un petit diplôme universitaire ultra spécialisé mais d’une capacité à convaincre ses interlocuteurs, à analyser, faire des choix…autant de qualités plutôt humaines que techniques

  9. J’ai un peu du mal à comprendre cet argument sur sciences-po et le fait que le diplôme n’est pas technique pour la finance… Etant moi-même analyste financier et diplômé de sciences-po, j’ai pu réaliser en 12 ans de carrière combien 90% des métiers de la BFI en front étaient pauvres en matière de techniques financière… Pourquoi dans ce cas embauche-t-on des diplômés en mandarin d’Oxford en banque d’affaires à Londres?
    Dans la banque, on cherche d’abord des gens avec la tête bien faite, des capacités de réflexion, d’analyse et de réflexion et…un bon relationnel! S’il suffisait de faire n’importe quel master ultra spécialisé en finance pour occuper un poste en BFI, ca se saurait. Donc l’argument sur sciences-po me semble complètement à côté de la plaque ou… très français…

Votre commentaire est en attente de modération. Il apparaîtra sur le site une fois validé

Réagissez

Pseudo

Adresse e-mail

Consultez notre règlement concernant notre communauté ici