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Comment (ne pas) gâcher votre carrière en moins de 90 jours

Dans tous les cas, ils s’attendent à ce que vous commenciez sur les chapeaux de roues explique Peter Gonye co-directeur de la division private equity et banque d’affaires du cabinet de recrutement Spencer Stuart. Si vous faites un faux pas parce que vous ignorez les habitudes de la boite ou que vous ne savez pas les interpréter, vous pourriez bien saboter définitivement l’image et le profil que vous souhaitez donner de vous , nous met en garde Peter Gonye.

Le piège à éviter : c’est mieux ailleurs

Dans le poste de directeur international des ressources humaines qu’il occupait précédemment chez Merrill Lynch, Sean Woodroffe a observé de nombreux exemples d’auto-sabotage réalisés par de nouvelles recrues surmotivées mais manquant de sensibilité.

L’une des gaffes classiques est le syndrome du c’était mieux ailleurs nous explique-t-il. J’ai été témoin de scènes où certains cadres seniors arrivaient en disant : votre manière de procéder est archaïque, voilà la manière dont on faisait les choses dans notre société et c’était mieux. Au lieu d’arriver en force, prenez le temps d’analyser et de comprendre votre nouvel environnement. Reconnaissez les points forts de la société avant d’attaquer ses faiblesses à la hache et évitez de présenter votre opinion de façon critique ou sous un jour trop défavorable.

Mais n’attendez pas trop longtemps avant de remédier aux problèmes. Chez Merrill, on considérait généralement la lune de miel comme une période limitée dans le temps, se rappelle Sean Woodroffe. Vous ne disposiez que d’une brève période pour mettre la faute sur le compte de votre prédécesseur. A partir d’un certain moment, le problème vous appartenait. Plus vite vous pouviez montrer vos réussites, mieux vous étiez perçu.

Une action à haut risque consiste à remplacer certains membres de l’équipe. Pour Woodroffe, cette étape ne devrait pas être entreprise au cours des 90 premiers jours. Cela devrait être un processus sur 9 mois à un an explique-t-il. Une action entreprise au cours des deux ou trois premiers mois présupposerait que vous n’avez pas donné aux employés leur chance de prouver qu’ils peuvent être efficaces.

Transitions facilitées dans les sociétés en pleine croissance

Sans surprise, nombre de nouvelles recrues considèrent que la transition est plus facile dans les sociétés où il n’existe aucun fief.

Raymand Batiwala occupe depuis trois mois le poste de vice-président de la titrisation chez BNP Paribas. Près de 50% des employés ont rejoint le groupe dans les dix-huit mois qui ont précédé précise-t-il. Pour lui, il est plus facile de rejoindre un groupe en pleine expansion au début d’un cycle de croissance.

Les sociétés qui connaissent une croissance très importante sont beaucoup plus souples explique Janice Reals Ellig, présidente du cabinet de recrutement Gould McRoy Chadick & Ellig. C’est elle qui a placé Sean Woodroffe, ancien vice-président des ressources humaines de Merril Lynch, à son nouveau poste chez Financial Guarantee Insurance Company.

Sean Woodroffe est passé d’une société de 77 000 employés, très bureaucratique, à une société d’ entrepreneurs qui compte 105 employés (165 aujourd’hui). Ce changement a été pour lui drastique mais libérateur. Chez Merill Lynch, le principal mode de communication était le mail, le téléphone ou la réunion, se rappelle-t-il. Chez FGIC, le mode de communication est complètement différent : la norme est la discussion en face à face, parfois improvisée. Il trouve qu’il est également plus facile dans son nouveau poste de mettre en application les changements nécessaires.

Ce que vous ne savez pas peut vous nuire

La meilleure façon de passer avec succès votre épreuve par le feu est d’y être bien préparé.

Vous devez comprendre le type de culture d’entreprise dont il s’agit avant d’entrer dans la société explique Janice Ellig. Certaines sont bureaucratiques tandis que d’autres sont plus flexibles.

Pendant vos entretiens de recrutement, posez des questions à ceux qui ont occupé votre poste par le passé, à votre futur supérieur hiérarchique, et à d’autres cadres importants de la société. Comprenez comment ils réussissent (ou non) et comment ils travaillent. La société valorise-t-elle les résultats ou le relationnel ? Comprenez très précisément le mode de fonctionnement de votre futur boss : aime-t-il communiquer ou non ? Devez-vous être indépendant ou au contraire valider chaque étape ?

Une fois dans la boite, il ne faut pas être surpris d’être plus ou moins abandonné à vous-même après avoir découvert votre bureau. Il arrive souvent que les sociétés ne vous accueillent pas à bras ouverts car elles ne savent pas comment s’y prendre, explique Ellig. Ils sont tellement occupés à travailler qu’ils ne communiquent que rarement, voire pas du tout. Le premier piège réside dans la résistance de vos futurs collègues. Si vous avez été embauché afin d’effectuer des changements dans la société mais que votre employeur n’a pas fait passer le mot au préalable, vous rencontrerez probablement un mur de résistance de la part de vos collègues et votre réputation pourrait en souffrir au début.

Lentement mais sûrement

Certains aimeraient voir les sociétés accueillir les nouveaux employés plus chaleureusement. Je pense qu’il est stupide de s’attendre à ce qu’un nouveau venu entre dans une société en étant crédible, sûr de lui et capable d’obtenir immédiatement des résultats mirobolants, explique Jay Gaines, président du cabinet de recrutement Jay Gaines & Company basé à New York, qui compte parmi ses clients Morgan Stanley, Deutsche Bank, et la Réserve Fédérale. Nous travaillons actuellement avec un client, l’une des meilleures sociétés en gestion d’actifs, qui dit à ses candidats: Ecoutez, la première année, nous préférerions vraiment que vous ne fassiez rien : comprenez notre culture d’entreprise, nos méthodes de travail, puis passez à l’action.

Jay Gaines conseille de refuser une proposition d’embauche qui exige de vous des objectifs irréalisables. Si un supérieur vous dit, Je vais vous embaucher mais je vous demande de me montrer ce que vous pouvez faire en trois mois pour que je puisse ensuite vous juger , je pense que la meilleure réponse à faire est non merci .

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