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Quand bugs informatiques à répétition riment avec “bonnes nouvelles”

secure informatique

La plateforme d’échanges Eurex a subi une interruption de ses transactions pendant une heure hier en raison d’une panne technique. Un incident qui intervient une semaine à peine après un bug informatique qui a obligé cette fois le Nasdaq à suspendre pour la première fois toutes ses activités durant trois longues heures. La Bourse de Shanghaï avait été une semaine auparavant victime d’ordres irrationnels pour un montant de près de 3 milliards d’euros de la part du courtier chinois Everbright Securities. Des passages d’ordre également erronés ont été émis le 20 août par Goldman Sachs, dépassé par un algorithme apparemment défectueux. Sans oublier la gigantesque panne informatique qui a paralysé de nombreux services de la Banque Postale pendant plus de 24h fin juillet. 

Simple loi des séries ou manque révélée de moyens et d’investissements dans les services informatiques des grandes institutions financières ? De plus en plus de voix s’élèvent contre le tout-automatisation et plaident pour plus de moyens humains, à l’instar des chroniqueurs du Times ou du Wall Street Journal.

Si dans l’immédiat ces bugs se sont traduits par quelques mises à l’écart, notamment de 4 techniciens chez Goldman Sachs, ces incidents pourraient faire rapidement le jeu des experts de la sécurité informatique.

Rattrapage forcé

En France, les grandes institutions semblent enfin prendre la mesure des enjeux liés à la sécurité informatique, après l’avoir souvent négligé. La crise n’a évidemment rien arrangé, avec des budgets informatiques réduits ces dernières années parfois a minima. Or dans le même temps, tout l’environnement informatique financier se transformait sous l’effet conjugué de l’interdépendance croissante des marchés, des conséquences de la dérégulation, de la poussée du trading à haute fréquence, et des sauts technologiques.

« Aujourd’hui, on constate un vrai rattrapage de l’ensemble des acteurs sur les problématiques de réseaux et d’infrastructure, longtemps considérés comme de simples sujets back-office », témoigne Stéphane Aubin, en charge de la practice Sécurité Informatique au sein du cabinet de recrutement spécialisé Aston Carter à Paris, pour laquelle désormais une équipe entière se mobilise à plein temps uniquement sur ces sujets. Ce recruteur travaille actuellement beaucoup avec de grandes sociétés de conseil, d’intégrateurs et de grands groupes du CAC 40 pour trouver des professionnels sur des missions liées à la gouvernance de la sécurité, l’audit des systèmes d’information et l’architecture des systèmes.

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Certains cabinets de recrutement spécialisés parient sur le fait que l’actualité estivale chargée en bug et autres dysfonctionnements informatiques va susciter de nouveaux recrutements de développeurs chargés de veiller à la sécurité des systèmes, et ainsi relancer l’activité des SSII. Un avis que partage Xavier Guzman, responsable de la practice Technologies au sein du cabinet de chasse Singer & Hamilton. « Ces évènements renforcent surtout la nécessaire remise en cause des systèmes et l’arrivée de nouveaux métiers capables de s’adapter à la modernisation des infrastructures matérielles et logicielles et des évolutions technologiques liées au Cloud et au Big Data », insiste également ce consultant.

Face à cette exigence, les institutions financières butent cependant contre une pénurie de compétences. « Dans la gestion d’actifs comme en banque, tous les groupes sont en quête de spécialistes des problématiques d’architecture, qui soient aussi des interlocuteurs légitimes pour les lignes métiers », illustre Xavier Guzman. Ainsi, ces rares “chief architects” ou ces “head of strategy & architecture” voient leur rémunération annuelle se situer entre 180 et 250k euros.

Les juniors également sollicités

La guerre des talents, qui se joue notamment entre éditeurs de logiciels et institutions financières, n’épargne pas le marché des jeunes développeurs, en particulier ceux maîtrisant les technologies Internet avancées et de l’Internet mobile ou encore l’environnement Cloud. Les expériences en matière de sécurité, de stockage et de virtualisation des données mais aussi de gestion de l’énergie sont également clé dans les profils recherchés.

Dans ce contexte, même les rémunérations des ingénieurs débutants continuent d’être tirées vers le haut avec des salaires d’entrée pour des jeunes diplômés débutants issus d’école d’ingénieurs de rang 2 se situant autour de 38-40k euros. Rémunérations qui grimpent facilement à 55-70k euros après 5 ans d’expérience.

« La pénurie est telle qu’en plus d’offshoriser certaines fonctions, on voit des sociétés aller désormais chercher de jeunes ingénieurs en Roumanie et en Ukraine pour les faire venir travailler en France », note Xavier Guzman, qui n’est pas inquiet pour l’avenir des professionnels de l’IT finance, à condition que leurs compétences soient à jour. « Il faut s’attendre à une explosion de l’emploi pour les jeunes ingénieurs dans l’industrie financière, qui est la plus grande consommatrice de données avec les Telecoms », conclut-il. La récente série de bugs informatiques pourrait hâter cette prophétie.

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