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Les 15 jobs “phare” en banque jusqu’en 2020

Asian CFOs mixed in views on economic growth

Asian CFOs mixed in views on economic growth

Les temps ont changé en banque d’investissement. Les produits qui étaient autrefois négociés gentiment entre deux opérateurs sont désormais échangés multilatéralement sur ​​de gigantesques plateformes électroniques. Les banques, y compris françaises, qui aspiraient encore il y a peu à conquérir le monde voient leurs ambitions réduites.

Dans ces circonstances comment assurer un peu de longévité à votre carrière dans le secteur bancaire ? Si vous voulez être certain d’être toujours en poste en 2020, vous devriez opter pour l’un de ces métiers.

1. Gestionnaire du risque réglementaire

De quoi s’agit-il ? Nous utilisons le terme de gestionnaire du risque réglementaire ou “regulatory risk manager” pour désigner toutes les activités consistant à aider les banques à travailler sur la façon dont elles ont besoin de s’adapter au nouvel environnement réglementaire. Les personnes les mieux placées dans cette catégorie devront toutefois être en mesure de faire mieux que cela, et conseiller les traders sur la manière de générer de l’argent dans le nouvel environnement réglementaire, explique Brad Hintz, analyste chez Sanford Bernstein. « Le secteur va avoir besoin de conseillers en risques réglementaires – des professionnels capables de montrer aux traders comment respecter les règles tout en continuant à réaliser d’importants profits. Les personnes dotées de ce type de connaissances seront très demandées », prédit-il.

Pourquoi ? Les banques sont confrontées à toute une avalanche de nouvelles réglementations. Le cabinet français spécialisé SterWen Consulting ne dénombre pas moins de 15 réformes réglementaires en cours entre 2012 et 2019 !

2. Spécialiste de la compensation centralisée

De quoi s’agit-il ? Les professionnels de la compensation des marchés de gré à gré (“over-the-counter” – OTC) sont à la pointe des initiatives visant à s’assurer que les produits dérivés sont autant que possible soumis à déclaration et à la réglementation. Ces spécialistes ont besoin de comprendre la portée de la nouvelle réglementation Dodd Frank en matière de compensation ainsi que les contraintes du nouveau règlement européen EMIR (European Market Infrastructure Regulation) de façon à accompagner le passage à un usage généralisé des chambres de compensation pour les grandes banques.

Pourquoi ? Dodd Frank exige qu’une compensation centralisée des produits dérivés soit mise en œuvre, en plusieurs phases, par les banques américaines à partir de 2013. En Europe, les directives EMIR devront être transcrites en droit national à partir de 2014. L’usage rendu systématique des chambres de compensation devrait révolutionner le marché des dérivés OTC. Les individus ayant une forte compréhension de ce système de compensation centralisée et des avantages que présente telle ou telle chambre de compensation seront très recherchés, prédit Brad Hintz.

« Les divers acteurs sont en train de s’adapter à ce nouveau monde, explique-t-il. Dans ce contexte, les professionnels véritablement capables d’assurer de la liquidité dans le trading des produits dérivés sortiront du lot. »

3. Expert de la réglementation financière de la zone euro

De quoi s’agit-il ? Toute personne disposant d’une expérience de la réglementation bancaire européenne, notamment à Francfort, est susceptible d’intéresser les employeurs du secteur.

Pourquoi ? La BCE a besoin d’embaucher jusqu’à 2.000 employés à Francfort d’ici à 2017 pour  mettre en pratique la politique de l’union bancaire européenne. Si vous travaillez dans le secteur de la régulation bancaire à Frankfort, vous serez un professionnel certainement sollicité, anticipe un responsable de l’analyse du secteur bancaire européen au sein d’une banque américaine à Londres. La demande d’expertise réglementaire sera renforcée par la nécessité de l’Autorité bancaire européenne (EBA – European Banking Authority), basée à Londres, de rédiger des règles bancaires pour l’Union européenne, précise encore l’expert. Enfin, l’ESMA, l’une des trois agences européennes, chargée quant à elle de la réglementation des marchés, et basée à Paris, doit encore recruter des dizaines de collaborateurs.

4. Risk manager, trading électronique

De quoi s’agit-il ? Comme l’indique le titre – il est question ici des gestionnaires des risques évoluant plus particulièrement dans l’environnement du trading électronique / algorithmique.

Pourquoi ? Le trading électronique est en plein essor – en particulier sur les produits de taux. « Environ 80% des actions sont déjà négociées électroniquement. Et vous allez voir que le même phénomène est en train de se passer pour les produits de taux », nous explique un responsable de la recherche au sein d’une banque européenne. « Les établissements auront besoin d’une réelle appréciation du fonctionnement de la gestion des risques dans un environnement de trading électronique et de compensation centralisée », juge-t-il.

5. Les jobs liés aux marchés émergents

De quoi s’agit-il ? Tout ce qui a à voir avec les nouveaux marchés émergents va continuer d’offrir des opportunités, prédit Chris Wheeler, analyste bancaire chez Mediobanca.

Pourquoi ? « L’Asie, l’Amérique latine et l’Afrique vont continuer d’intéresser les investisseurs », explique Chris Wheeler. L’année dernière, le responsable des marchés émergents de Morgan Stanley a prédit que des pays comme la Pologne et la Corée du Sud seraient les meilleurs paris pour la prochaine décennie. Lazard, quant à elle, mise sur l’Afrique, zone pour laquelle l’institution a ouvert l’an passé un département consacré au conseil financier notamment dans le domaine des fusions-acquisitions.

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6. Analyste actions, secteur pétrolier et gaz

De quoi s’agit-il ? Ces analystes financiers sont en charge de suivre les sociétés intervenant dans l’industrie des hydrocarbures.

Pourquoi ? La « révolution du gaz de schiste » est susceptible de générer l’intérêt des investisseurs pour ce marché au cours des prochaines années. Les chasseurs de têtes spécialisés sur la recherche d’analystes actions rapportent une demande constante pour les spécialistes du pétrole et du gaz, alors même que les banques ont réduit la voilure sur d’autres secteurs jugés périphériques.

7. Originateur M&A 

De quoi s’agit-il ? Les « originateurs » sont les « rain makers » qui aident leurs banques à gagner d’importantes opérations M&A.

Pourquoi ? Les fusions-acquisitions resteront un domaine d’intérêt pour les banques, prédit Chris Wheeler. Le conseil M&A ne génère certes pas les mêmes revenus que les activités de trading et de vente des produits de taux, mais il présente l’avantage de ne pas être consommateur de fonds propres et d’offrir des marges élevées. Les originateurs dotés de solides contacts dans l’industrie peuvent être certains d’être encore courtisés pour longtemps.

8. Gérant de fortune

De quoi s’agit-il ? D’aider les riches clients à gérer leur argent et plus globalement leur patrimoine.

Pourquoi ? Les riches deviennent plus riches : l’an dernier, les actifs disponibles pour être investis des riches ont augmenté de 10% dans le monde, selon Cap Gemini et Merrill Lynch. Aux États-Unis, Brad Hintz souligne que de nombreux gestionnaires de fortune s’apprêtent à partir à la retraite et qu’une nouvelle génération doit être recrutée pour combler ces départs. A titre d’exemple, Wells Fargo embauche actuellement plus de 5.000 professionnels dans ce secteur chaque année. Chris Wheeler souligne, de son côté, l’importante demande de gestionnaires de patrimoine en Asie. Singapour, notamment, compte maintenant 101.000 millionnaires – en hausse de 10% sur un an.

9. Gestionnaire de garanties

De quoi s’agit-il ? La gestion des garanties s’assure que les opérations de trading présentent des risques de crédit limités en obtenant un collatéral (tout type d’actifs, titres ou liquidités) en garantie pour couvrir ce type de risques.

Pourquoi ? Le système de compensation progressivement centralisé renforce le rôle des gestionnaires de garanties. Les opérations sont de plus en plus traitées par les grandes chambres de compensation, qui elles-mêmes commencent à se montrer progressivement plus regardantes sur la nature des collatéraux qu’elles sont disposées à accepter.

10. Transformation des collatéraux/spécialiste du changement  

De quoi s’agit-il ? Les spécialistes de la transformation des collatéraux prennent en charge les garanties rejetées par les grandes chambres de compensation (voir point 9) pour les changer comme par magie en garanties acceptables. En mars, le Financial Times décrivait cette transformation du collatéral comme la toute nouvelle activité de l’industrie financière.

Pourquoi? Le FT estime qu’entre 500 milliards et 10 billions de dollars de nouvelles garanties seront nécessaires dans le nouveau monde de la compensation centralisée. N’importe quel professionnel capable de convertir des garanties inéligibles à des garanties recevables par les chambres de compensation sera prisé sur le marché de l’emploi.

11. Gestionnaire de liquidité LCR

De quoi s’agit-il ? Le LCR (liquidity coverage ratio)  ou « ratio de couverture » de liquidité à court terme (LCR) est un concept évoqué par le Comité de Bâle en matière de supervision bancaire. Il exige que les banques disposent de suffisamment d’actifs liquides de haute qualité pour surmonter une crise grave qui durerait 30 jours calendaires. Les gestionnaires de la liquidité LCR doivent donc s’assurer que les activités des entités et les produits de la banque sont « LCR compatibles ».

Pourquoi ? Le ratio LCR est l’une des principales réformes du Comité de Bâle et implique des réformes organisationnelles importantes. Entre aujourd’hui et 2019, le ratio de liquidité devrait être réformé par phases, ce qui devrait entraîner une nouvelle approche du pilotage de la liquidité. Aussi, les professionnels qui se sont familiarisés avec la LCR dès le départ seront des profils incontournables au cours des prochaines années.

12. Origination sur les marchés de la dette corporate européenne

De quoi s’agit-il ? Les originateurs travaillant sur les marchés de la dette privée dénichent des entreprises souhaitant lever des fonds par la vente de leur dette sur le marché obligataire

Pourquoi ? Les banques ont été enthousiastes depuis longtemps sur les retombées de la « désintermédiation » en Europe, autrement dit le fait que les entreprises se tournent vers le marché obligataire pour lever des fonds, au lieu de contracter des prêts bancaires. Oliver Wyman et Morgan Stanley ont fait remarquer cette année que le nombre d’entreprises ayant recours aux émissions obligataires est deux fois plus élevé aux États-Unis qu’en Europe.

13. L’analyse des risques CVA

De quoi s’agit-il ? Les quants qui analysent les risques en utilisant la méthode de l’ajustement de valeur de crédit ou CVA (Credit Valuation Adjustment) réalisent des calculs de façon à réduire l’exposition aux risques de défaut des contreparties des produits dérivés.

Pourquoi ? En vertu des nouvelles dispositions de Bâle III, le risque CVA est devenu un sujet important pour les banques. En Europe, les établissements ont néanmoins obtenu une certaine clémence de la part de l’UE concernant la gestion du risque CVA pour certaines opérations sur produits dérivés, alors que les américains, eux, n’ont pas relâché leur niveau d’exigence. Les banques européennes jouent peut-être la montre. Il n’empêche que le sujet restera incontournable dans les années à venir. Il y a un an, une étude indiquait que seules 5% des institutions financières étaient capables de calculer le risque de crédit en temps réel selon la méthode CVA.

14. Développeur/Architecte Python

De quoi s’agit-il ? Les architectes Python sont simplement des développeurs expérimentés ayant une longue expérience de la programmation en langage Python.

Pourquoi ? En mars, nous avions déjà pressenti la montée en force de Python dans le secteur bancaire. JP Morgan est un utilisateur de longue date de ce langage informatique et a réalisé en Python l’ensemble de sa gestion des risques de contrepartie sur les contrats dérivés OTC.

15. Spécialiste de la rémunération

De quoi s’agit-il ? Les gestionnaires en ressources humaines et autres consultants spécialisés sur les rémunérations aident les banques à travailler sur la meilleure façon de structurer les rémunérations, en satisfaisant à la fois actionnaires, employés et régulateurs.

Pourquoi ? Comme nous l’indiquions récemment, les banques recherchent déjà activement à Londres des experts spécialistes des rémunérations. En France, les nouvelles contraintes fiscales liées notamment aux stock-options obligent les établissements financiers à repenser la rémunération de la performance. Les nouvelles règles européennes en matière de bonus doivent également entrer en vigueur en 2014, mais cette date ne marquera pas la fin de l’intérêt pour ces experts. Les banques continueront de devoir attirer et retenir les talents avec plus de contraintes et des moyens en baisse.

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