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Les 10 commandements des neurosciences pour les stakhanovistes de la finance

votre cerveau au bureau

Les performances hallucinantes d’un Federer ou d’un Nadal tiennent en grande partie à l’entraînement physique qui a énormément progressé grâce à la recherche scientifique. Il en est désormais de même pour les marathoniens du travail, nombreux dans la finance, qui ont beaucoup à apprendre des dernières avancées des neurosciences. David Rock, consultant et cofondateur du Neuroleadership Institute, a rassemblé dans un livre Votre cerveau au bureau, publié récemment en France, les principales conclusions des chercheurs. Voici ce que nous en avons retenu :

 

1.       Tu établiras tes priorités avant de te mettre au travail

Prioritiser est sans doute la tâche la plus lourde à accomplir pour le cerveau. En improvisant sur le tas, il y a un gros risque de saturer et de ne plus savoir où donner de la tête.

Le fondement scientifique. Le cortex préfrontal, dédié aux pensées et décisions complexes, consomme beaucoup d’énergie, surtout pour hiérarchiser plusieurs idées. Si on le sollicite en pleine action, il cale.

Au bureau. Toujours fixer des priorités à l’avance, et réserver le matin et le début de semaine pour les travaux les plus exigeants.

                                                                                           

2.      Tu ne resteras pas connecté à tes mails et ton portable toute la journée

Rester connecter nuit gravement à la productivité. Le task-switching permanent est épuisant et débilitant (perte momentanée de QI moyenne de 10 points – 5 pour les femmes, 15 pour les hommes – dès lors que l’on se concentre sur deux sujets en même temps).

Le fondement scientifique. Démontré par une étude d’Harold Pashler et par d’innombrables études sur l’impact des connexions internet, mails et portables sur la productivité.

Au bureau. Limiter les signaux d’alerte – pop-up d’actualité, de mails, de réseaux sociaux ou messageries instantanées – et définir des tranches horaires de connexion, plutôt l’après-midi. Éteindre complètement pour se consacrer à un travail exigeant.

3.      Tu ne feras pas tout de tête

Un schéma, même basique, améliore les performances d’abstractions. D’autre part, se forcer à retenir une idée de tête alors qu’elle pourrait être notée empêche de se consacrer à autre chose.

Le fondement scientifique. Créer des représentations soulage le cortex préfrontal en externalisant une partie de ses fonctions.

Au bureau. Paperboards, carnets, dictaphones ont une réelle efficacité.

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4.      Tu développeras des stratégies pour assimiler des masses d’informations

Les grands joueurs d’échecs ne calculent pas 10 coups à l’avance, mais connaissent par cœur des phases de jeu, classant les coups et situations par groupes et sous-groupes.

Le fondement scientifique. Études sur les échecs de Fernand Gobet.

Au bureau. Face à un vaste dossier ou une avalanche d’informations, il faut définir en amont des étapes, des catégories et des sous-catégories, seule manière de ne pas être submergé.

5.      Tu réduiras les tâches secondaires à des automatismes

En cas de rush, seules les actions automatisées, qui font appel aux noyaux gris centraux, une partie du cerveau dédiée aux actions et idées mémorisées par la répétition, peuvent être accomplies sans trop perturber les pensées plus lourdes du cortex préfrontal.

Le fondement scientifique. Études sur la continuité entre cortex préfrontal et noyaux gris centraux.

Au bureau. Effectuer des tâches de manière quasi automatique grâce à des raccourcis et des templates, tout en continuant de s’occuper de tâches prioritaires.

6.      Tu chercheras ton optimum de stress

Le dosage du stress est très complexe, la sous- et la sur- stimulation déstructurant la pensée.

Le fondement scientifique. Études d’Amy Arnsten sur la dopamine et la norépinéphrine. Travaux de Mihaly Csikszentmihalyi, et ceux de Martin Seligman, sur les optimums de stress et le bonheur.

Au bureau. Conditionner son cerveau en le récompensant, en associant une idée positive ou un intérêt personnel à toute situation stressante.

7.      Tu auras des intuitions de génie

Les intuitions sont un carburant de bonne qualité pour produire de l’adrénaline et de la dopamine, qui rejaillissent nettement sur l’intelligence, l’assurance et le charisme.

Le fondement scientifique. Recherches sur l’intuition de Mark Beeman, John Kounios et Stellan Ohlsson.

Au bureau. Les intuitions peuvent être provoquées, en oubliant les détails et l’anxiété, en multipliant les angles d’approche et en développant son contrôle cognitif – en s’observant penser.

8.      Tu identifieras tes émotions plutôt que de les réprimer

Réprimer des émotions très vives se voit et provoque un malaise chez les interlocuteurs. Seules solutions : étiqueter, verbaliser et relativiser.

Le fondement scientifique. Études sur les émotions de James Gross, Kevin Ochsner, Matthew Liebermann et David Creswell.

Au bureau. Dans une négociation difficile, se concentrer sur les arbitrages stratégiques et ne surtout pas perdre trop d’énergie à se tempérer, sauf à relativiser, étiqueter voire jouer avec ses émotions.

9.      Tes ennemis deviendront tes alliés

Le classement en ennemis et en alliés des interlocuteurs est un processus très rapide et versatile. Se savoir entouré d’alliés augmente la vivacité d’esprit.

Le fondement scientifique. Expériences de Giacomo Rizzolatti sur les neurones miroirs, John Cacioppo et Kevin Ochsner sur le classement en ennemis et allés.

Au bureau. En réunion ou en rencontrant des inconnus, établir le plus rapidement possible une connexion directe et personnelle avec chaque interlocuteur.

10.   Tu te battras pour la justice plutôt que pour garantir ou améliorer ton statut

Le réflexe de vouloir écraser l’autre pour se valoriser est socialement contreproductif, alors que le sentiment de justice est bien plus stimulant.

Le fondement scientifique. Recherches IRM de Naomi Eisenberger sur le sentiment d’exclusion et Golnaz Tabibnia sur la justice.

Au bureau. Pas toujours facile à appliquer. Avec un système de rémunération largement individualisé et avec 10 % de personnalités psychopathiques, le secteur financier présente un fonctionnement social particulier.

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