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Et si HSBC décidait de transférer sa holding à Paris…

Depuis la publication des recommandations de l’Independent Commission on Banking (ICB), ou rapport Vickers, le 12 septembre dernier en Grande-Bretagne, les commentaires (alarmistes) vont bon train.

Il faut dire que si elles devaient être votées, les mesures – principalement une séparation des activités de banque de détail et de banque d’investissement et une exigence renforcée en matière de fonds propres – ne seraient pas anodin pour des banques comme Barclays, RBS ou encore HSBC, ni pour les emplois du secteur dans le pays.

Le business retail d’HSBC devrait s’installer en France

Un commentaire de l’ancien secrétaire d’Etat britannique aux services financiers, Lord Myners, largement repris dans la presse britannique ce week-end, enfonce le clou et laisse à penser que Paris pourrait tirer partie d’une telle réforme, jugée radicale.

HSBC considèrerait, ou considèrera selon moi, le déménagement de sa holding. Si j’étais le directeur de HSBC, je cesserais tout simplement de faire du business au Royaume-Uni au travers d’HSBC plc. […] pour travailler à la place via le CCF, la filiale française […] et ainsi éviter ainsi toutes les exigences de fonds propres supplémentaires que [la commission] Vickers veut m’imposer , a déclaré Lord Myners publiquement lors d’une récente conférence, selon le Daily Telegraph.

Environ 50.000 personnes travaillent pour la branche de détail en Grande-Bretagne. Actuellement, la banque compte 10 800 collaborateurs en France, toutes activités confondues.

Spéculation ou scénario réaliste ?

HSBC, à Londres, n’a pas souhaité commenter, classant cette phrase parmi les nombreuses spéculations du moment, qui fait cependant partie du débat public . Tant que les dispositions n’ont pas été validées par le gouvernement et sont ouvertes à la consultation (a priori jusqu’à la fin de l’année), difficile d’y voir clair.

Cependant, le scénario suggéré par Lord Myners ne semble pas relever complètement de la science-fiction, dès lors que les mesures les plus strictes sont adoptées et à condition que la France n’en adopte pas de similaire (ce qui est loin d’être certain dans le cas d’une victoire socialiste aux élections présidentielles de 2012).

Faisons également un instant abstraction des énormes problèmes logistiques qu’une telle décision poserait. En avril dernier déjà, des rencontres entre la banque sino-britannique et les autorités françaises avaient fuité dans la presse britannique au sujet d’une possible relocalisation du siège d’HSBC à Paris.

Paris, une place spéciale pour le groupe

Il y a plusieurs années, les activités de trading sur les obligations d’Etat avaient été transférées de Londres vers Paris. Enfin, en février 2010 le directeur général de HSBC France, le très francophile Peter Boyles, avait pris les commandes de la zone Europe continentale, qui n’était plus dès lors pilotée depuis Londres mais…. de Paris. Un transfert qui montre l’importance de la France et la confiance de la direction générale en nos équipes , avait-il alors déclaré.

La décision d’une relocalisation de la partie retail du business d’HSBC paraît certes très lointaine à ce stade. Mais HSBC n’est non plus pas étrangère aux décisions radicales. Il y a deux mois, elle annonçait une coupe de pas moins de 30 000 emplois dans le monde, dont 700 en France, tout en y poursuivant ses recrutements.

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