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(Pseudo) psychodrame chez BNP Paribas à Londres

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“Un pistolet sur la tempe”, c’est en ces termes que des “traders” de BNP Paribas à Londres se sont exprimés au Monde pour qualifier la décision de leur employeur de les obliger à adopter à un contrat de travail local.  

150 collaborateurs de Harewood Avenue se sont vus signifier la non-reconduite de leur contrat d’expatriation qui courait depuis des années pour basculer sous contrat local. Si passées 4 semaines de réflexion, ils refusent, ils devront se présenter à Paris dans les 15 jours pour être réaffecté. Une gageure lorsque l’on sait que le nombre d’emplois de traders a chuté de 20% en un an seulement en France.

De l’autre, un contrat local fait craindre à ses salariés une moindre protection en cas de plan social, sans oublier la perte de jours de vacances et de cotisation retraite complémentaire à l’Agirc-Arrco.

Sur l’ensemble de ces points, il y a de réelles différences entre le régime français et le régime anglais. La plus importante étant « la plus grande souplesse du droit de licenciement en Angleterre et les moindres indemnités qui en découlent », nous explique un avocat qui a préféré gardé l’anonymat. Il précise : « un salarié peut obtenir au maximum 6 mois de salaire de dommages et intérêts pour “abusive dismissal”  Outre-Manche, alors qu’en France, ce sera un minimum de 6 mois, en pratique souvent entre 18 et 24 mois, en plus des indemnités légales de licenciement ».

La banque a démenti tout projet de suppressions d’emplois dans sa banque d’investissement à Londres, comme à Paris. « Il s’agit simplement de traiter équitablement nos équipes. Plusieurs centaines de salariés français sont employés dans le cadre d’un contrat britannique », nous a confié un porte-parole de la banque, qui indique que les personnes concernées sont sous contrat d’expatriation depuis 10 ans pour certains. Et de conclure : « Nous ne souhaitons ni nous en séparer ni les pénaliser, ils gardent leur emploi, leur rémunération et leur ancienneté ».

Cette histoire va doublement dans le sens de l’histoire, nous explique Valérie Barthès de Ruyter, associé au sein du cabinet CTPartners à Paris : « les contrats d’expatriation ont vécu, et ce partout dans le monde. Par ailleurs, les mouvements de collaborateurs se sont accélérés dans la banque d’investissement. En Europe, Londres a capté beaucoup de ses flux du fait de la concentration du business à La City ». Et, cerise sur le gâteau, pour les Français, ces transferts se révèlent de plus en plus pertinents d’un point de vue fiscal pour les employés tandis que les employeurs économisent sur le plan des charges sociales.

Des centaines de collaborateurs des banques françaises ont ainsi quitté Paris pour Londres ces dernières années. BNP Paribas été historiquement la banque française qui a déplacé le plus grand nombre d’activités de Paris vers Londres, notamment ses activités de taux, de change et de matières premières.

« Nous n’avons jamais obligé les gens à partir à Londres, il n’y a pas de psychodrame. La plupart des collaborateurs y voient une opportunité », nous indique le porte-parole de BNP Paribas.

Sur le terrain, ces transferts ne se montrent pas aussi aisés. Beaucoup résistent. Mais pour combien de temps encore ? La place financière parisienne et le régime social français semblent perdre de plus en plus de leurs attraits au vu des contraintes réglementaires, législatives et budgétaires croissantes de mise de ce coté-ci de la Manche.

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