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Les dirigeants de banque prêts à sacrifier leur rémunération ?

Votre bonus ne s’est pas remis des subprimes ? Rassurez-vous les PDG en prennent aussi pour leur grade.

Si Marcel Ospel est resté sourd aux appels à la démission après les pertes colossales (4,4 milliards de francs suisses) de son établissement, le tout-puissant patron de l’UBS a toutefois accepté de voir ses revenus rognés de… 90 % pour l’exercice 2007 (soit 1,7 million d’euros), selon le rapport annuel de la banque. Chez UBS, il n’est pas le seul à montrer l’exemple : la somme totale des rémunérations versées aux plus hauts dirigeants est en recul de 67 %.

Même cause, mêmes effets chez Morgan Stanley : John Mack n’a pas eu de bonus pour l’exercice 2007 sur sa demande. En incluant le salaire et les diverses compensations (y compris les stock-options), il a tout de même reçu 18 millions de dollars. Plus proche de nous, en France, Daniel Bouton, suite à l’affaire Kerviel, a indiqué qu’il ne percevrait pas de bonus pour l’année 2007 et a également tiré un trait sur son fixe jusqu’en juin 2008…

On assiste actuellement à une refonte des systèmes de rémunérations. Des discussions ont d’ailleurs encore cours dans de nombreux conseils d’administration quant à l’enveloppe globale de rétribution ainsi que son taux de répartition , commente Jean-Marc Revereau, gérant associé de la Financière de Vincy, et président du groupe JMR Consulting SA, société de conseil en rémunération. Les validations attendues de la part des sièges ont ainsi pris un retard de 4 à 5 mois sur le calendrier habituel.

La France spécialiste des montages légaux

Le gouvernement néerlandais a, lui, pris le problème des salaires des patrons à bras-le-corps : les primes et indemnités de départ pourraient être ainsi taxées à hauteur de 30 % pour les personnes dont le salaire annuel dépasse les 500 000 euros, à condition que la prime soit supérieure au salaire annuel. Parallèlement, les gains des gestionnaires de fonds d’investissement, visés spécifiquement, seraient taxés hauteur de 25 %.

Tout le monde ne partage pas le volontarisme hollandais. Josef Ackermann, directeur général de la Deutsche Bank, la plus grande banque allemande, a défendu dans le quotidien Bild les rémunérations élevées des grands patrons, qui, selon lui, représentent beaucoup d’argent pour beaucoup de travail .

En France, malgré la pression de l’opinion publique et des salariés du secteur, le manque de transparence demeure la règle. La France est spécialiste dans les montages légaux et autres transferts de rémunération, notamment via des filiales à l’étranger , relève Jean-Marc Revereau.

commentaires (5)

Comments
  1. Je trouve ça bien que ces patrons renoncent à leur rémunération. Au passage, la presse, prompte à villipender leurs rémunérations élevées, se fait assez peu l’echo de ces renoncements, visiblement cela n’est pas aussi sensationnel (et donc vendeur) que de dénoncer les “patrons pourris”…

    Mais il ne faudrait pas en rester là: pourquoi tant de bonus distribués à des gérants et traders qui profitent des marchés à la hausse, créent une bulle au passage, puis ne paient rien à la baisse, laissant cela aux actionnaires voire aux contribuables ?? Là il y a un énorme problème mais extrêmement dur à résoudre.

  2. Magnifique geste de la part des patrons des banques.
    Le patron de Morgan Stanley : John Mack ne va gagner “QUE” 18 millions.

    C’est vraiment pas beaucoup.

    Quelle hypocrisie.

    La monarchie politico-financière se protège. Et le contribuable va payer.

    PS : Les traders (les meilleurs) profitent des hausses, et des baisses et nous on paie quand ça baisse.

    Pile je gagne, face tu perds…

  3. Sachant que le bonus versé au front-office correspond à seulement 7% en moyenne du PnL, ca laisse un bon coussin pour les jours difficiles…

  4. Il ne faut pas se leurrer : sucrer les rémunérations sur 1 an pour les dirigeants n’est que peanuts… et c’est peu cher payé en voyant les dégâts causés par la crise bancaire actuelle. et en comparaison des primes qu’ils ont du percevoir les années fastes lors de la bulle du crédit…
    Tout n’est que hypocrisie.
    Bref pour que tout cela soit un peu équitable il faudrait leur demander de rétrocéder une partie des primes reçues lors des exercices précédentes.

  5. Heu, au fait, le salaire des patrons n’est-il pas qu’une sorte d’argent de poche ?
    Comme ils ont déjà le logement de fonction, la voiture de fonctions, les repas à l’oeil…

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