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Le rapport qui vous dit tout sur le devenir des banques françaises

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160 pages pour faire un 360° du secteur bancaire en 2013 et ses pistes de développement. C’est l’ambition affichée d’une étude réalisée par 25 consultants du cabinet de SterWen Consulting mobilisés pendant 6 mois. Intitulé Quel avenir pour le modèle bancaire français ?, ce rapport (payant), édité par Les Echos Etudes n’est pas de nature à rassurer les salariés du secteur, confronté à « plus de risques que d’opportunités », d’après ses auteurs.

Quoi de plus parlant que ce tableau comparatif indiquant que les banques hexagonales sont « médiocrement classées par rapport à leurs concurrentes occidentales » : moins bien capitalisées que les américaines, moins productives que les espagnoles, parmi les dernières en matière de satisfaction des clients. Seule caractéristique positive : elles se situent au-dessus de la moyenne en matière d’innovation financière et technologique avec un fort usage de la banque en ligne et un fort développement des applications pour mobile. Ce qui n’est pas sans conséquence sur les problématiques RH des banques.

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L’intégration multi-canal, amenant à plus de digitalisation des processus et de dématérialisation à l’intérieur de la banque, oblige les banques à s’intéresser aux compétences numériques. « Il ne faut pas se tromper, le secteur ne va pas voir émerger un tas de nouveaux métiers, prévient Marc Sabatier, associé et co-fondateur de SterWen, créé en 1996. On parle beaucoup des community managers notamment. Ce sont quelques centaines de postes au maximum sur 200.000 emplois ! ».

En revanche, il y aura bien une nouvelle coloration de l’ensemble des métiers.  « En quête d’innovations, les métiers bancaires seront plus spécialisés et requerront des niveaux de qualification plus élevées : plus de marketing, plus de commercial », résume l’étude.

Par ailleurs, les banques renforceront leurs fonctions de contrôle, de gestion des risques et de supervision sous la pression des régulateurs et du pouvoir politique. CRD4, réforme bancaire, TTF… SterWen ne dénombre pas moins de 15 réformes réglementaires en cours entre 2012 et 2019 !

2013 et 2014 : pression toujours forte sur l’emploi

Voilà tout, pour les bonnes nouvelles. Pour le reste, tout le monde sait que 2012 a été une année sociale noire dans les banques d’investissement françaises, avec 5000 emplois supprimés à l’étranger et 2.200 en France. Eh bien, « ce n’est que le début » d’après Marc Sabatier. En 2013 et 2014, les banques continueront d’ajuster leurs effectifs « pour répondre 1- aux besoins de rationalisation et de diminution de leur structure de coûts face à la faiblesse de l’activité et 2- à l’évolution, en cours, des business models des établissements favorisée par la pression réglementaire », explique le rapport.

Réduction d’effectifs dans les principales BFI françaises en 2012

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Source : SterWen sur la base des données des sociétés

De nouveaux plans de suppressions de postes ont été annoncés cette année chez Société Générale, Credit Agricole, et pressenti chez Natixis, où l’on mène actuellement des négociations sur l’emploi. La dernière menace en date concerne 1.200 salariés de Crédit Immobilier de France, où les discussions en vue d’un futur PSE ont débuté aujourd’hui.

Les réseaux, première cible

La seule nouveauté est que la pression sur l’emploi se portera désormais essentiellement sur les réseaux de banque de détail, jusque-là épargnés, d’après l’étude SterWen. Certains ont déjà été explicites à l’instar de Credit Agricole, qui a annoncé en février la suppression de plus de 1.400 emplois au sein des banques régionales, ou Société Générale, chez qui on évoque « quelques dizaines » de fermetures progressives d’agences en 2013 et 2014.

« En réalité, toutes les banques y réfléchissent, assure Marc Sabatier. Plusieurs milliers de postes sont menacés, et ce d’autant plus que les banques souffrent d’une pyramide des âges défavorable. Le pic des départs étant anticipé pour 2018-2023. »

Les BFI face à l’outsourcing

Les BFI ne seront pas exempts d’efforts ces prochaines années. « Les business ont été largement redimensionnés et génèrent de ce fait moins de revenus, les banques travaillent maintenant sur la productivité », relève Marc Sabatier. Ce ne sont plus les fonctions front-office mais les fonctions support (IT, finance…) et back-office qui se retrouvent dans l’œil du cyclone.

La tendance est désormais à l’outsourcing et l’off-shoring de ces fonctions qui paraissaient encore il y a peu trop sensibles pour être déléguées. L’externalisation par la Société Générale de ses back-offices auprès d’Accenture au sein d’une structure ad hoc  montre qu’un tournant a été engagé. « La pompe a été amorcée. Ce projet Mikado concerne quelques centaines d’emplois chez SocGen mais d’autres banques françaises démarchées se montrent intéressées. Le millier d’emplois concernés sera probablement rapidement atteint », juge l’associé de SterWen.

Mutualisation et transferts de postes à l’étranger

La mutualisation des moyens pourrait également s’opérer sur certains métiers de la banque d’investissement à plus long terme. Ce pourrait être le cas de certaines activités de taux, fortement consommateurs de fonds propres. « SocGen et BNP Paribas restent impliqués dans les activités de marchés sophistiquées, qu’elles ne veulent pas abandonner aux Américains. Pour ce faire, elles pourraient être néanmoins amenées dans le futur à travailler ensemble », analyse Marc Sabatier.

Enfin, la future loi bancaire en France pourrait faire peser une menace d’une autre nature sur les effectifs des BFI. La menace est moins liée à la filialisation et l’interdiction de certaines activités prévues par le texte, qui ont été largement anticipées par les banques, mais par le plafonnement des bonus ajouté plus récemment dans la loi pour anticiper la réglementation européenne. « Cet encadrement des rémunérations variables est l’élément qui fait le plus peur aux banques. Cela va dans le sens d’un transfert accru de certaines activités de marchés à Londres, New-York ou vers l’Asie », craint l’associé de SterWen. De là, à ce que les postes de front-office à Paris ne se réduisent comme peau de chagrin, il n’y a qu’un pas, déjà allègrement franchi.

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