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Cinq questions à poser – et éviter à tout prix – lors d’un entretien en banque d’investissement

N’importe quel coach vous le dira : les questions que vous posez à vos interlocuteurs en entretien sont aussi importantes – voire plus encore parfois – que celles auxquelles vous êtes amené à répondre.

Exit donc les banalités. Préparez judicieusement une sélection de questions pertinentes par rapport à vos interlocuteurs. Une stratégie qui s’impose particulière dans le secteur de la banque d’investissement, où plus encore qu’ailleurs “time is money” !

Voici une liste indicative de questions que vous devriez poser lors de vos entretiens avec de grandes banques comme de petites structures, ainsi que celles qui ne devraient jamais sortir de votre bouche…

RECOMMANDÉES !

1 – Interrogez vos interlocuteurs sur les deals récents sur  lesquels la banque a été mandatée –  mentionnez un dossier précis pour montrer que vous suivez l’actualité de la banque en générale et de l’équipe qui vous reçoit en particulier.

« Deutsche Bank a par exemple joué un rôle de conseiller sur une énorme émission d’actions pour Apple, raconte un banquier d’investissement de l’établissement. Si l’intervieweur intervient sur le marché primaire actions ou au sein de l’équipe “tech”, demandez- lui s’il a été impliqué personnellement sur cette opération. »

« Poser des questions relatives à un récent dossier sur lequel l’employeur a travaillé démontre l’enthousiasme du candidat et renforce sa crédibilité », assure  Joanna Lee, en charge du recrutement des profils MBA chez J.P. Morgan.

2 – Poser des questions illustrant votre connaissance de l’ensemble du marché. Il s’agit par exemple d’évoquer une tendance spécifique de l’industrie, puis de demander comment celle-ci impacte l’unité de la banque d’investissement pour laquelle vous postulez.

Et notre banquier de Deutsche Bank de donner cet exemple : « Les marchés de la dette continuent d’être sous tension, anticiper-vous un apaisement rapide et si oui, quelles seront les implications pour votre business ? »

« Il faut demander à vos interlocuteurs leur avis sur l’orientation du marché dans un avenir proche,  déclare de son côté Chris Mitra-Hall, directeur de Burlington Wellesley Search à Londres. En Equity Capital Market, par exemple, pensent-ils qu’il y aura plus fort à faire du côté des introductions en bourse, des droits d’émissions, une accélération des dossiers cette année ou l’année prochaine… »

3 – Demandez-leur pourquoi ils ont rejoint la banque en question, suggère Chris Mitra-Hall. C’est une manière subtile de les forcer à vous vendre le poste et à vous parler plus ouvertement de l’entreprise.

Demandez-leur pourquoi ils ont choisi la banque d’investissement plutôt qu’une firme de private equity ou un hedge fund, poursuit-t-il. Cela vous donnera l’occasion de rappeler que vous aussi vous cherchez à construire une carrière en banque et que vous ne percevez pas le poste proposé comme une étape vers le buy-side, une crainte courante chez les chargés de recrutement du secteur bancaire.

4 – Poser un maximum de questions à votre interlocuteur. Quand il n’est pas question de vous, il faut orienter autant que possible la discussion sur les personnes que vous avez en face de vous.  « Les banquiers aiment s’entendre parler », estime Adam Zoia, PDG de Glocap, un cabinet de chasse de têtes new-yorkais.

Faites leur parler de leur parcours professionnel, l’ambiance de travail sous les les ordres d’untel, leur implication personnelle sur telle ou telle transaction et leur opinion sur des actualités précises propres à leur industrie.

« Les gens dans cette industrie ont beaucoup d’ego. Aussi orienter les questions sur eux peut être une bonne idée », confirme le banquier d’investissement de DB.

5 – Reconnaître cependant que vous n’avez JAMAIS été ici pour les interviewer – que c’est à vous de répondre à leurs questions. Il s’agit, avant toutes choses, de montrer ce que vous pouvez leur apporter.

« C’est un écueil sur lequel les candidats échouent souvent, fait remarquer Peter Laughter, CEO de Wall Street Services. Le vieil adage selon lequel “il faut les questionnez autant qu’ils vous questionnent” est un mensonge raconté par des gens qui devraient être mieux informés ». Le seul moment où le candidat est autorisé à véritablement “interviewer” un employeur potentiel, c’est à l’issue d’une offre d’emploi, ajoute-t-il.  Utiliser donc vos questions stratégiquement.

CENSURÉES !

1 – Poser des questions sur les salaires, les avantages sociaux et les bonus. Non seulement, cela refroidit sérieusement le recruteur, mais aussi vous prenez le risque de véhiculer l’image d’une personne hâtive et présomptueuse en mettant la charrue bien avant les bœufs.

Peter Laughter est catégorique : « Ne parlez jamais de la rémunération AVANT qu’une offre ne vous ait été faite ». Les candidats doivent être capables de se faire une idée en faisant quelques recherches sur le web, à travers leur école ou leur réseau, ajoute la source chez Deutsche Bank.

2 – Interrogez vos interlocuteurs sur le bilan de la société. « Ne posez pas de questions sur les revenus, les marges bénéficiaires ou de tout autre métrique. Tout d’abord, cela ne vous apportera pas un meilleur aperçu que ce que vous avez pu déjà lire dans la presse économique et financière », commente Adam Zoia. Pire cela pourrait donner l’impression que vous douter de la santé de l’entreprise, un sérieux faux-pas à éviter dans un entretien, selon cet expert.

3 – Aborder la question de l’équilibre travail – vie privée, assure le banquier de DB. « Car il n’y en a pas ! », assure-t-il. Surtout, cela risque d’immiscer le doute dans l’esprit de l’intervieweur quant à votre résistance face à une importante charge de travail.

4 – Interrogez les intervieweurs sur les possibilités de développement de carrière, surtout à un niveau junior. Les banques d’affaires recrutent des personnes pour s’assurer qu’un travail est fait. Ils ne se soucient pas de savoir où vous vous projetez dans 5 ans, surtout si c’est à leur place.

5 – Poser des questions banales. Si vous connaissez déjà la réponse, ne posez pas la question, conseille le banquier d’investissement de DB. Les chargés de recrutements en banque d’investissement détestent perdre leur temps.

« À quoi ressemble la journée classique d’un analyste ? » est la pire question que vous pouvez poser, d’après Chris Mitra-Hall.

commentaires (2)

Comments
  1. En complément de ces recommandations, j’invite les candidats et les recruteurs à poser une question apparemment simple dans sa formulation mais en réalité très puissante car riche en informations sur les deux parties en présence.

    Cette question est la suivante : “Qu’est ce qui est important pour vous?”

    Posée par le candidat, elle vise à mieux comprendre ce qui, dans le processus de recrutement, est réellement important pour l’interlocuteur, ce qui compte tout particulièrement à ses yeux pour ce poste – et qui fera donc la différence entre les candidats “short listés”.
    Posée par le recruteur, elle a pour objectif de passer du registre des compétences et de l’expérience du candidat à celui de ses motivations, c’est à dire à ce qui l’anime, ce à quoi il accorde de la valeur dans sa vie professionnelle en général et plus particulièrement dans la perspective d’une collaboration avec l’entreprise qu’il rencontre.

    Il est courant qu’en réponse à cette question, les personnes citent 3, 4 ou 5 choses importantes à leurs yeux. En réalité, il s’agit de resserrer encore cette “liste” en faisant préciser à son interlocuteur ce qui est le plus important parmi ces différents aspects.

  2. Il est pour le moins étonnant que vous persévériez à tenir ce genre de discours à destination de la chair fraîche naïve fraie émoulue des écoles de commerce et autres Masters en finance, malgré tout ce qui s’est passé comme scandales, crises, émeutes, suicides et j’en passe et des meilleurs depuis les années 2007/2008. Et encore il ne s’agissait pas du premier précédent, loin de là. L’explosion de la bulle Internet avait déjà donné l’occasion de révéler maintes pratiques frauduleuses de la banque d’investissement. Loin de tirer quelques leçons de ces tragédies à répétition, vous tenez fidèlement votre rôle de “chien de garde” des institutions financières, prenant bien soin de veiller à ce que les postulants adoptent la bonne posture intégralement soumise, je veux dire corps et âmes, aux malfrats qui imposent leur façon de penser et de se comporter, non pas parce qu’elle est juste ou bénéfique, mais parce qu’elle la condition même de leur suprématie économique, dusse les peuples crever sous le poids de l’usure. Vous êtes vraiment des tristes sires, quelles que soient par ailleurs les raisons commerciales qui vous motivent. En fait tout se passe comme sil il ne s’était rien passé, étant donné que la loi du plus fort est toujours la meilleure, même si des centaines de millions de personnes sombrent dans la misère par la faute d’une clique dépourvue de tout sens moral. Qui êtes-vous au juste: des recruteurs ou des pourvoyeurs d’esclaves?

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