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Les avocats d’affaires sont de plus en plus spécialisés, et rémunérés en conséquence

Si vous travaillez au sein même du département juridique d’une banque d’investissement vous serez chargé de veiller à ce que la banque opère conformément à la loi, que ses contrats soient inattaquables, qu’elle évite autant que possible les contentieux et qu’elle sorte gagnante d’un procès qu’elle devrait éventuellement mener. Si vous travaillez pour un cabinet de droit des affaires, la différence majeure est que vous n’aurez pas pour seuls clients des banques d’investissement mais devrez également traiter avec de grandes sociétés françaises ou internationales, des institutions financières…

La tendance des avocats, qu’ils travaillent en banque, en cabinet ou en entreprise, est à la spécialisation. L’accélération de ce mouvement s’explique en particulier par la nécessité de répondre à une demande de plus en plus pointue des entreprises et institutions financières dans un contexte qui, après 2001, s’est révélé difficile. Le droit des affaires recoupe plusieurs domaines assez différents : les fusions-acquisitions, le droit boursier, la fiscalité, le financement de projet, les marchés financiers et le droit social, pour ne citer que les principales spécialités.

Parler d’activité en droit des affaires exige par conséquent de nuancer le propos en fonction du domaine. Les cabinets avaient connu au lendemain de l’année 2001 une période d’accalmie qui avait affecté, hormis en droit social, leurs embauches de collaborateurs et le nombre d’association au sein des cabinets. La bonne nouvelle est que le recrutement semble aujourd’hui reparti : les fusions-acquisitions se portent mieux même s’il existe encore une marge de progression, comme l’indique Arnaud de Bonneville, Executive Manager de la division juridique de Michael Page, et le financement de projet, la fiscalité et le droit boursier connaissent une amélioration par rapport aux dernières années. Cependant, que ce soit en cabinet, en entreprise ou en banque, la tendance est à un recrutement de plus en plus exigeant.

Si vous voulez travailler en droit des affaires, il vous faudra donc le plus souvent choisir une spécialisation. Les fusions-acquisitions comprennent des activités extrêmement variées, qui passent par la préparation de documents déclarant l’intention d’une société d’acheter une autre société, la participation à des réunions de négociation avec le client et l’autre partie, la réalisation d’un audit juridique en data-room (salle contenant l’ensemble des documents juridiques de la société cible)…

Si vous travaillez dans le domaine des marchés financiers, que ce soit au sein d’une banque ou d’un cabinet, vous participerez en particulier à l’émission de nouveaux produits financiers et devrez par exemple vous assurer que l’information délivrée par une société sur le point d’émettre des titres est correcte.

Si vous devenez avocat en salle des marchés, vous travaillerez sur les documents nécessaires pour acheter et vendre des produits financiers. La documentation relative aux produits simples est assez standard et peut être préparée par des personnes n’ayant reçu aucune formation juridique préalable. Des avocats sont cependant nécessaires pour préparer des transactions plus complexes.

Les premiers pas

Les grands cabinets représentent souvent un passage obligé pour les jeunes avocats qui viennent d’obtenir leur barreau car ils sont considérés comme la meilleure école. Si vous avez un troisième cycle mais que vous n’avez pas encore passé le CAPA (certificat d’aptitude à la profession d’avocat), trouver un poste en cabinet pourrait être très compromis et il faudra plutôt songer à aller en entreprise. Même si vous souhaitez plus tard faire carrière au sein d’une banque d’affaires, la plupart des grands cabinets de droit des affaires travaillent pour les banques d’investissements, ce qui permet aux avocats d’acquérir de l’expérience en fusions-acquisitions ou en droit boursier ainsi que des contacts.

Parmi les grands cabinets de droit des affaires à Paris, on peut citer Darrois Villier Maillot Brochier, Bredin Prat, Veil Jourde La Garanderie, Skadden Arps Slate Meagher & Flom, Cleary Gottlieb Steen & Hamilton, Baker & McKenzie, Jeantet Associés, Allen & Overy, Clifford Chance, Freshfields Bruckhaus Deringer, Linklaters, Slaughter and May, Jones Day, Gide Loyrette Nouel, De Pardieu Brocas Maffei …

Quel que ce soit le cabinet, la banque ou l’entreprise que vous choisirez, la pression sera forte et les journées souvent très longues. Cela est d’autant plus vrai dans les cabinets anglo-saxons qui ont des réputations de gros bosseurs . Les jeunes collaborateurs sont souvent confrontés dès leur arrivée à d’importantes responsabilités et mis à rude épreuve.

C’est sans doute pour cette raison que les cabinets font preuve d’une exigence accrue au moment du recrutement et demandent de plus en plus aux candidats d’avoir une double, voire une triple formation : droit et/ou école de commerce (de type HEC, ESSEC, ESCP, Science Po…) et/ou LL.M (Master de droit d’une université anglaise ou américaine). Un cabinet comme Gibson, Dunn & Crutcher exige même de ses candidats qu’ils fassent partie des 5 % les meilleurs de leur promotion selon Arnaud de Bonneville. La maîtrise de l’anglais est également indispensable. Philippe Melot, directeur général de Solic Carrières affirme en effet que seul un poste sur dix ne fait pas de l’anglais une condition obligatoire .

Salaires

Les avocats d’affaires gagnent généralement plus que les avocats travaillant dans d’autres spécialités, ce qui s’explique par la grande disponibilité requise par les cabinets, souligne Philippe Melot. Les rémunérations varient selon qu’un candidat travaille en banque, en cabinet français ou en cabinet anglo-saxon. En première année, un jeune avocat peut espérer une rémunération annuelle comprise entre 35 et 54.000 euros en cabinet français et entre 45 et 70.000 euros en cabinet anglais ou américain, sous la forme de rétrocession d’honoraires (ces chiffres n’incluent pas les bonus). Si vous travaillez dans un cabinet qui salarie ses avocats, les montants devraient être un peu moins élevés. En banque, les salaires dépendent de l’activité : de 30 à 41.000 euros à l’entrée en fusions-acquisitions, droit boursier, marchés financiers, un peu moins pour les spécialistes d’OPCVM et de droit social.

En cinquième année, les rémunérations peuvent atteindre 60 à 100.000 euros en cabinet français, et 75 à 120.000 euros en cabinets anglo-saxons. En banque, un juriste ayant cinq années d’expérience peut espérer des rémunérations allant de 50 à 80.000 euros selon la spécialité.

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