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Compliance : avez-vous le profil de l’emploi ?

La compliance, métier apparu à la fin des années 80 en France, connaît un boom spectaculaire depuis trois ans avec les grands scandales financiers d’Enron, Parmalat ou autre Worldcom, mais aussi en raison de l’émergence de nouveaux risques difficilement contrôlables comme le blanchiment ou le financement des activités terroristes.

En quelques années, les banques françaises ont vu apparaître une cascade de réglementations nouvelles : normes IAS, Bâle 2, loi de sécurité financière, nouvelle réglementation CRBF, renforcement des normes AMF etc… Pour s’y adapter, il a fallu démultiplier et renforcer tout le dispositif de contrôle dans chaque établissement financier , se souvient Chantal Deschamps, consultante du cabinet de recrutement Vendôme Associés et spécialiste de la compliance.

Désormais, les grands établissements bancaires comme la Société Générale, le Crédit Agricole, BNP-Paribas ou encore les Caisses d’Epargne, comptent chacune environ 200 personnes se consacrant partiellement ou totalement à la fonction de compliance. Un chiffre qui culmine à 300 personnes à la Société Générale*. Les équipes compliance sont d’environ 50 personnes dans les établissements de taille moyenne (CCF, CIC…) et se réduisent à 1 ou 3 personnes dans les petites structures de crédit.

Au total, le secteur bancaire français compterait grosso-modo quelques 20.000 personnes oeuvrant à différents niveaux dans la fonction de compliance. Un chiffre considérable si l’on considère que ce métier n’existait pas il y a une quinzaine d’années.

Les grandes banques sont en général dotées d’une véritable direction de la conformité avec un responsable compliance entouré d’une équipe légère (20 à 30 personnes) et des relais dans chaque département sensibles : salles de marché, banque privée, gestion pour compte de tiers ou encore activités corporate.

Le poste de responsable compliance au niveau du groupe a beaucoup évolué. Au départ, il s’agissait du responsables de l’inspection générale, du contrôle interne ou du département juridique, que l’on dotait d’une double casquette. Aujourd’hui, de plus en plus de patrons de la compliance pratiquent cette activité à 100% , précise Jean-Pierre Rougier, managing consultant pour le cabinet de recrutement Korn-Ferry Futurestep.

Rattaché directement à la direction générale, le responsable compliance doit avoir une expérience du management et suffisamment d’autorité pour s’imposer auprès des grands patrons des différents services. Une expérience de 8 a 10 ans et un âge moyen de 35-40 ans sont en général exigés.

Une approche des différents métiers de la banque est appréciée à ce poste. En général, le responsable compliance a occupé plusieurs métiers de la banque dans laquelle il travaille, possède des expertises complémentaires, une approche globale , selon André Tarrat, directeur de la sécurité pour Deloitte. C’est un pragmatique qui doit avoir un regard pertinent sur l’ensemble des activités, à l’inverse de l’expert qui ne peut analyser qu’un seul domaine.

Le responsable compliance est rarement recruté à l’extérieur de l’établissement. Ainsi, au Crédit Agricole, le déontologue maison est l’ancien directeur de la salle de marché. La raison ? Il lui faut connaître tous les rouages, toutes les ficelles du métier, mais aussi les personnes importantes de la maison, maîtriser la culture d’entreprise et l’histoire de l’établissement. On ne peut pas mettre une personne de Merrill Lynch au Crédit Agricole, vu les différences de cultures souligne Jean-Pierre Rougier.

Une bonne dose de diplomatie est également nécessaire, selon André Tarrat, car lorsqu’il y a un problème de non respect des règles, c’est bien souvent par méconnaissance des textes plutôt que par malveillance . Tout peut parfois se dénouer à l’amiable autour d’un déjeuner avec le responsable de la division visée. Enfin, savoir interpréter les textes juridiques est bien entendu un atout nécessaire.

Le recrutement des collaborateurs directs du patron de la compliance peut quant à lui se faire à l’extérieur de l’établissement. Ils ont entre 30 et 40 ans, ont exercé entre 5 et 10 ans dans des cabinets d’audit ou des services compliance d’une autre banque , observe Jean-Pierre Rougier. Mais les banques sont tout à fait prêtes à embaucher à ces postes des gens n’ayant jamais exercé dans la déontologie , précise-t-il.

Quant aux responsables compliance des différentes branches opérationnelles, ils doivent être parfaitement rôdés au métier dont ils ont la surveillance, souligne Chantal Deschamps : Dans le domaine des conflits d’intérêts (murailles de Chine)
entre banque d’affaire et analyse financière, il semble plus logique de
confier la fonction de contrôle à d’anciens analystes financiers. Eux seuls
ont le professionnalisme et donc le background suffisant pour vérifier tous
les documents internes, les publications destinées aux clients etc… .

Avec l’émergence de nouveaux risques comme le blanchiment ou le financement du terrorisme, de nouveaux profils sont recherchés, ajoute Jean-Pierre Rougier, en particulier des techniciens plus pointus susceptibles de démonter les mécanismes complexes .

L’engouement pour ces métiers à la mode se fait de plus en plus sentir, d’autant plus que le compliance officer est en train de perdre son ancienne image de père fouettard . En outre, la fonction de compliance rémunère de mieux en mieux. Le déontologue en chef au niveau du groupe touchera un salaire moyen fixe de 80 K€ (jusqu’à 130 à 160 K€ pour des personnalités reconnues) et son bonus peut aller jusqu’à six mois de salaire. Quant aux responsables compliance à l’échelle des différentes divisions, leur salaire est en général indexé sur celui du chef de la division concernée.

*lire aussi l’article La fonction de compliance se développe à la Société Générale du 14/09/2004

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