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Ce que les candidats à la présidence du MEDEF promettent à l’industrie financière

MEDEF

C’est le 3 juillet prochain que les 560 membres votants du MEDEF (Mouvement des entreprises de France) éliront leur président qui succèdera à Laurence Parisot. Les deux principaux favoris sont le très médiatique patron de Virgin Mobile Geoffroy Roux de Bézieux et le plus discret Pierre Gattaz, président du GFI (Groupe des Fédérations Industrielles). Les représentants des professions financières semblent déjà avoir tranché en faveur de Pierre Gattaz. Après la puissante Fédération française des sociétés d’assurances (FFSA), la Fédération bancaire française (FBF) lui a apporté également son soutien. « Ce n’est pas une surprise : le vote des banques va toujours de pair avec celui des assureurs », minimise l’un des adversaires de la candidature de Pierre Gattaz.

« A la suite des auditions des différents candidats par le conseil exécutif du Medef, la Fédération bancaire Française annonce qu’elle soutiendra la candidature de Pierre Gattaz », s’est contentée d’indiquer la FBF dans un communiqué laconique, tout comme celui de la FFSA. Nous avons interrogé les fédérations qui n’ont pas souhaité faire de commentaires supplémentaire. Alors que ces fédérations professionnelles avaient fait partie des plus fervents soutiens de Laurence Parisot, le fait qu’elles encouragent désormais le candidat de la métallurgie marque une nouveauté en soi.

La finance, terrain d’accord ?

Pourtant, à la lecture des propositions des deux candidats disponibles sur leurs sites Internet de campagne (car la bataille entre les deux prétendants se livre aussi sur le web), il semble pourtant difficile de les départager tant leurs programmes se ressemblent. L’industrie financière n’apparaît pas vraiment comme un secteur prioritaire. Dans son programme intitulé Libérons l’entreprise, Pierre Gattaz propose de « booster les investissements en travaillant sur la mise en place de fonds d’infrastructures long terme privés, associant largement le secteur bancaire, assu-rantiel et industriel ». Certes, d’autres propositions comme par exemple l’allègement du coût du travail et de la fiscalité ne manquera pas d’intéresser la sphère financière mais concernent en fait tous les secteurs d’activité.

Dans son programme Entreprenons l’avenir, Geoffroy Roux de Bézieux fait le constat suivant : « les normes prudentielles de plus en plus contraignantes conduisent les établissements financiers à limiter leur exposition au crédit de long terme, à en renchérir le coût et à se délester de leurs portefeuilles d’actions. De leur côté, les assureurs sont forcés par Solvency II à limiter leurs investissements en actions. Il importe que les établissements financiers français, qui ont démontré leur résilience, soient mis en condition de continuer à exercer leur mission de financement de l’économie réelle ». D’après lui, le MEDEF doit devenir le fer de lance dans la modération et l’assouplissement des règles prudentielles mais aussi dans la remise en cause de la prévalence des normes IFRS. Une proposition qui ne devrait pas laisser insensible la communauté financière.

Des soutiens dans les deux camps

L’actuel président du groupe Scor, Denis Kessler, s’est déclaré très tôt pour Pierre Gattaz. L’ancien président de la FFSA et ex-bras droit d’Ernest-Antoine Seillière lorsque celui-ci présidait le Medef, aurait obtenu de fortes contreparties au soutien des assureurs à la candidature de Pierre Gattaz. Ce dernier aurait promis une place en plus, comme personnalité qualifiée au conseil exécutif du Medef, aux assureurs. Et aussi que les questions des retraites et de protection sociale reviendront à la fédération de l’assurance alors qu’elles sont gérées aujourd’hui par la métallurgie, relève Le Figaro. Pierre Gattaz a par ailleurs indiqué qu’il comptait créer un conseil d’orientation stratégique qui serait notamment composé de grands patrons, citant par exemple Michel Pébereau (l’ex-patron de BNP Paribas). Parmi les membres de son comité de soutien figurent des assureurs et des banquiers comme Henri de Castries (PDG du groupe Axa), Philippe Oddo (Président de la Banque Oddo) ou encore Bernard Pouy, (Directeur Général de Groupama France).

De son côté, Geoffroy Roux de Bézieux (GRDB pour les intimes), a reçu dernièrement le soutien du Syntec, le syndicat du conseil, et celui du médiatique Jean-David Chamboredon, un des leaders de la fronde des pigeons, ainsi que le vote indicatif du conseil exécutif du Medef (à une voix près). Sur sa liste de soutiens on retrouve là aussi des banquiers comme Laurent Guize (Directeur Général HSBC) et Laurent Mignon (Directeur général Natixis). Parmi ses aficionado, le patron de Virgin, diplômé de l’ESSEC et titulaire d’un DESS de Finance internationale à l’Université Paris IX-Dauphine, compte aussi parmi ses soutiens des chasseurs de tête spécialisés en finance comme Diane Segalen (Directrice générale Segalen et associés) Bruno Serey (Directeur général Transearch) ou Sophie Wigniolle (Présidente Eric Salmon Parters). Il est d’ailleurs soutenu par Gonzague de Blignières, Président Barclays Private Equity France, sans doute pas insensible au constat de GRDB sur le private equity : « Les sommes investies par les institutionnels en capital investissement ont été divisées par plus de 4 depuis le pic de 2007. De plus, l’absence de fonds de pension et la réglementation Solvency II obligent les assurances à réduire leur exposition actions et au capital-risque ». Le match entre les deux favoris s’annonce en tout cas très serré.

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