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Démantèlement de Dexia : et si vous travailliez pour une “bad bank” ?

Rattrapée par la crise trois ans après avoir échappé de peu à la faillite, la banque franco-belge Dexia semble aller tout droit vers un démantèlement, ce qui en ferait le premier établissement bancaire européenne victime de la crise de la dette (Libération). Selon une source syndicale, les 600 emplois de la holding, qui n’aurait plus raison d’exister, seraient directement menacés, soit 350 à 400 en Belgique et 200 à 250 en France (Les Echos)

Les Etats belge et français, en liaison avec les banques centrales, prendront toutes les mesures nécessaires pour assurer la sécurité des déposants et des créanciers, selon un communiqué conjoint des ministres des Finances des deux pays.

Concrètement, Dexia, qui a déjà fauché 1500 emplois depuis 2009, devrait accélérer la vente de ses fleurons et l’isolement de ses actifs toxiques, aujourd’hui regroupés dans une division nommée “Legacy Division” et qui ont provoqué des pertes records de 4 milliards d’euros au deuxième trimestre 2011, pour les transférer vers une “bad bank”.

“Technique destinée à séparer les bonnes créances des créances douteuses ou pires des créances toxiques, les bad banks semblent avoir de beaux jours devant elles !”, reconnaît Pascal Ordonneau, banquier de profession (Les Echos). De quoi peut-être susciter des vocations chez certains financiers : spécialistes de produits structurés, porfolio managers, mais aussi comptables et back-officers.

Une banque “poubelle”, vraiment ?

Difficile néanmoins de se faire à l’idée de travailler dans une banque “poubelle” qui gère des actifs “pourris”. “Il est difficile d’attirer des professionnels quand ils savent que nous sommes dans une situation de run-off. Notre priorité est de maximiser le recouvrement des dettes dans l’intérêt des actionnaires. Nos statuts interdisent de nouveaux investissements “, reconnaît Danny Frans, CEO de Royal Park Investments (RPI), la bad bank de Fortis créée pour recueillir les actifs toxiques de l’ancienne Fortis Banque.

Pourtant, “une bad bank n’est pas une mauvaise banque et ce serait un grave contre-sens de le penser”, poursuit Pascal Ordonneau. Et de rappeler que cette dernière n’est ni plus ni moins qu’une une entité juridique constituée par transferts d’actifs décotés ou pourris dans le but de décharger, dépolluer les bilans des banques et d’en tirer le meilleur parti possible dans les meilleurs délais, sans pour autant opérer dans une précipitation qui n’aurait pour résultat que d’en aggraver les décotes ou le pourrissement.

Bref, une tâche qui exige un long processus d’évaluation de la valeur des actifs en question, et requiert donc des compétences pointues en matière d’analyse financière, de gestion d’actifs, de structuration. Certes, les besoins ne sont pas pléthores (l’équipe de RPI n’est constituée que d’une petite dizaine de professionnels) mais ils demeurent bien réels.

Tremplin professionnel

Une “bad bank” peut être prise en charge par l’Etat, avec plus ou moins de succès. La gestion peut devenir rapidement erratique car elle est liée au pouvoir politique, comme ce fut le cas en France pour le CDR du Crédit Lyonnais. Mais la “bad bank” peut aussi naître au sein même de l’établissement bancaire. Ainsi, la Société Générale a créé une filiale ad hoc qui s’appelle Inter Europe Conseil et dont le siège est situé à la Défense, dans la tour même de la SocGen.

Et les résultats de ces structures de cantonnement sont parfois inattendus. Ainsi, la bad bank de Fortis a réalisé dans sa première année d’activité un bénéfice de 114 millions d’euros nets. Mieux encore : la bad bank de l’Hypo Real Estate est carrément devenue la huitième banque allemande. Dans ce cas, guère étonnant que ceux qui justifient d’une expérience réussie dans de telles structures soient convoités. Pour preuve, l’ancien responsable de la structuration pour la GAPC (Gestion Active des Portefeuilles Cantonnés) de Natixis, Emmanuel Lefort, vient d’être nommé responsable Europe du pôle Global Structured Credit and Solutions de Natixis. De quoi faire tomber bien des clichés…

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