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Ces banquiers qui n’ont pas boudé leur plaisir au Festival de Cannes

La mythique montée des marches du palais du Festival

La mythique montée des marches du palais du Festival

« Projections, soirées, un programme classique pour un homme classique et ennuyeux ». C’est ainsi qu’Adrien, un banquier descendu sur la Croisette, résume son emploi du temps sur le site Cannes Inside qui raconte le festival de l’intérieur. Preuve que derrière les paillettes et les coupes de champagne, certains travaillent consciencieusement. Chaque année, en effet, le Festival de Cannes est l’occasion pour de nombreux banquiers privés d’inviter leur clientèle fortunée et leurs prospects afin de leur en mettre plein la vue en leur faisant côtoyer des stars du show bizz le temps d’une montée des marches, d’une projection, d’un dîner ou d’une soirée VIP.

« Mythique… Incontournable… Le Festival de Cannes est l’événement cinématographique le plus important du monde. Et depuis 2009, Société Générale Private Banking est son partenaire bancaire exclusif. Grâce à cet engagement, nous offrons à nos clients une occasion unique d’entrer dans les coulisses de l’industrie cinématographique internationale », rappelle Jean-François Mazaud, responsable de l’activité de gestion de fortune du groupe Société Générale.

Il faut bien avouer que le festival est une formidable vitrine à l’international pour mieux faire connaître les services proposés par les banques.« Nous offrons des solutions de gestion patrimoniale aux particuliers fortunés disposant de plus d’un million d’avoirs financiers », explique Jean-François Mazaud sur le site des partenaires officiels du festival. D’autres banques sont également présentes, notamment BNP Paribas et Banque Palatine (filiale de BPCE), toutes deux partenaires de la Quinzaine des Réalisateurs, une section  parallèle du Festival de Cannes qui propose une sélection de longs et de courts métrages inédits.

Réseauter sur la Croisette

En passant une soirée ou parfois quelques jours ensemble, banquiers et clients ont tout le loisir de mieux faire connaissance et nouer des liens. Par ailleurs, rien n’empêche les banquiers privés de profiter du festival pour tenter d’approcher de nouveaux prospects. « Le festival de Cannes attire des sponsors et des mécènes autour de l’Art ou de la création cinématographique. Par ailleurs, il séduit et fascine des individus de toutes nationalités et d’horizons variés, constate Didier Muller, consultant au sein du cabinet RH Process basé à Nice et venu en voisin. Participer à des tables rondes ou des vernissages peut amener à rencontrer des chefs d’entreprise ou des interlocuteurs capables de vous mettre en contact avec des décisionnaires ou des responsables RH. Encore faut-il être capable de partager ou afficher ses connaissances et sa culture en adoptant le ton juste ».

Certains professionnels du recrutement se montrent néanmoins réservés quant à l’efficacité d’approcher de nouveaux clients pendant le festival. « Un client potentiel ne va pas subitement ouvrir un compte dans votre banque au simple motif que vous l’avez croisé pendant le Festival. Les banques sont avant tout là pour faire du sponsoring plutôt que du networking. Surtout qu’il est difficile pour les banquiers de lier de nouvelles connaissances et d’approcher les gens fortunés au milieu de tous les pique-assiettes ! », explique Ivor Alex, fondateur et PDG du cabinet de chasse Norman Alex, basé à  Monaco et qui, pour sa part, préfère se tenir éloigné des gros événements type Festival de Cannes ou Grand Prix F1 de Monaco.

A défaut de prospecter de nouveaux clients, les banquiers pourront toujours se rencontrer « entre eux » dans une région qu’il connaissent bien et où ils possèdent parfois une résidence secondaire, la Cote d’Azur étant leur destination préférée pour les vacances d’été. D’autant que ce ne sont pas les événements mondains qui manquent : le club éphémère d’Albane Cleret, reine des nuits cannoises et à la tête de l’une des principales agences de relations publiques parisiennes, accueille ainsi 400 privilégiés parmi lesquels des professionnels du cinéma mais aussi… des banquiers.

Les banques familières du 7ème art

Certains banquiers spécialisés dans le financement du septième art font le déplacement sur la Croisette pour faire des affaires avec l’industrie du cinéma. « Nous avons participé l’an dernier au financement de plus d’une centaine de films d’origine française, soit la moitié de la production annuelle hexagonale », rappelle ainsi Antoine Sire, directeur Marque, Communication et Qualité de BNP Paribas. Depuis plus de 20 ans, la banque de la rue d’Antin soutient le financement de tournages via son Agence Audiovisuelle constituée d’experts exclusivement dédiés aux activités cinématographiques et audiovisuelles.

Les équipes de la filière Cinéma et audiovisuel de la Banque Palatine, qui en 2012 ont financé 41 œuvres cinématographiques et audiovisuelles, entendent bien elles aussi profiter du festival pour renforcer les liens avec les professionnels du cinéma et de positionner la banque pour des opérations à venir importantes : crédit production, croissance externe, acquisition de droits au fameux Marché du Film où se croisent justement producteurs et financiers.

Idem pour la Banque Neuflize OBC (groupe ABN Amro) premier partenaire financier du cinéma français depuis près de 30 ans, grâce notamment à son département cinéma et audiovisuel qui, sous la houlette de sa directrice Anne Flamand, regroupe une quarantaine de banquiers privés et corporate chargés d’accompagner plus de 710 groupes clients corporate et plus de 80% des sociétés françaises de production, de distribution ou de postproduction. La banque vient par ailleurs de lancer le premier fonds d’investissement dédié au financement du cinéma en France (Neuflize OBC Cinéma).

Le business est une fête ! Enfin presque…

Néanmoins, l’édition 2013 qui se termine dimanche se sera déroulée sur fond de pluie et de crise économique. « Il y a plus de personnes qui sont à la recherche de financements que de personnes qui cherchent à investir », relève Ivor Alex. Et les conditions météorologiques n’ont rien arrangé pour les banquiers qui pensaient profiter de leur présence à Cannes pour enchaîner les rencontres professionnelles ou amicales. « Le temps est beaucoup plus gênant que ce que l’on pourrait penser, car cela change tous les rapports entre les personnes (…) De plus, sur les petits trottoirs, la Croisette était embouteillée de parapluies. Cela a rendu les choses un peu plus stressantes et fatigantes », constate l’acteur et réalisateur Arnaud Viard interviewé par le quotidien régional Le Bien Public.

A cette météo capricieuse est venu s’ajouter un climat d’insécurité général avec la multiplication d’actes de délinquance en tous genres : vol de bijoux, cambriolages de producteurscoups de feu sur le plateau du «Grand Journal » et agression du banquier privé américain Charles Heaphy, managing director à la First Republic Bank, qui a failli se faire poignarder, rapporte The Hollywood Reporter. Ce à quoi s’ajoute une polémique sur la prostitution de luxe omniprésente sur la Croisette. Gageons que la prochaine édition soit un peu moins mouvementée pour les banquiers venus pour le business mais aussi pour passer du bon temps…

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