☰ Menu eFinancialCareers

Echecs de recrutement : les relations entre banques et cabinets s’enveniment

Les chasseurs de tête facturent en moyenne 25% à 30% du salaire de l’année d’embauche pour trouver le candidat, ce qui signifie qu’un employeur peut se retrouver à devoir des centaines de milliers d’euros au cabinet qu’il aura choisi. Il existe des cas où les employeurs rechignent pourtant à s’acquitter de ces frais.

La dernière affaire en date concernant un problème de paiement d’honoraires concerne le hedge fund RAB Capital et le petit cabinet de chasseurs de tête basé à Londres Durham Consultants. Durham a assigné RAB car ce dernier n’aurait pas payé des honoraires s’élevant à près de 200 000 livres suite au placement d’un gestionnaire de fonds.

David Durham, managing director du chasseur de tête, explique que le refus de paiement du hedge fund a été une surprise: nous n’avons jamais eu à en arriver là par le passé.

Un porte-parole de chez RAB Capital a expliqué: cette affaire se règle au tribunal. Nous contestons les arguments faits rapportés par Durham Consultants. Il n’est pas approprié pour nous de commenter cette affaire.

Problèmes ex post

Selon les recruteurs, les affaires concernant le non-paiement d’honoraires ne sont pas courantes. En général, les employeurs invoquent le départ anticipé du candidat ou affirment que le recruteur n’était pas à l’origine du recrutement. Hugh Andree, directeur chez WoodHamill Executive Search, chasseur de tête spécialisé dans les services financiers, explique que les contrats entre les banques et les recruteurs spécifient souvent que les montants versés aux recruteurs doivent être remboursés ou une nouvelle embauche proposée à titre gratuit dans le cas où l’employé embauché quitterait la société dans un délai trois mois.

Selon Hugh Andree, WoodHamill a récemment offert une nouvelle recherche à la suite d’un cas où le candidat placé par le cabinet a perdu son calme et agressé un trader et un gestionnaire de ressources humaines.

Il explique que des problèmes peuvent également naître dans le cas où un candidat quitte la banque du fait de celle-ci : Un candidat peut se voir offrir un poste qui n’existe pas ou avoir rejoint une société dans le seul but de travailler avec un manager qui a décidé de partir et se retrouver à travailler avec quelqu’un dont il ne partage pas les points de vue, explique Hugh Andree

Si un tel cas se présentait, WoodHamill ne baisserait pas les bras selon Hugh Andree. Notre réponse serait la suivante : nous avons réalisé notre recherche, nous avons parlé à près de 50 candidats et avons persuadé cette personne de rejoindre la société .

Notre contrat couvre ce type de situation et nous sommes généralement couverts, explique-t-il.

Rapport de force

Pour lui, la puissance de certaines grandes banques d’investissement rend cependant plus difficile l’application de ce type de conditions.

D’autres recruteurs ont confirmé ce point de vue. Une grande banque américaine exige que tous les recruteurs présents sur sa liste de fournisseurs privilégiés signent un contrat aux termes duquel les honoraires sont remboursés selon une échelle mobile. Si un employé quitte la banque dans les 30 jours, les honoraires doivent être entièrement remboursés. Ce chiffre tombe à 60% si l’employé part 60 jours plus tard et 30% s’il part après 90 jours.

Le départ couvre tout sauf les licenciements. Le cabinet de recrutement perdrait sa rémunération même dans le cas où la banque ne remplirait pas son contrat : si elle impose à l’employé nouvellement embauché un poste différent par exemple.

L’autre principale source de discorde concerne les responsabilités de présentation du candidat. Selon Shaun Springer, directeur exécutif du cabinet de recherche Napier Scott, des affaires ont éclaté lorsqu’un cabinet de recrutement a soumis un CV déjà présenté par un concurrent. Pour certains, la société qui a envoyé le CV en premier doit obtenir la rémunération. D’autres affirment qu’un recruteur n’a droit à sa rémunération que si le candidat a été embauché dans une période de 6 mois à compter de la réception du CV, et s’il a été embauché au poste pour lequel le CV a été présenté.

Valse des CV

Pour Hugh Andree, ce type de clause pourrait être utilisé par les banques afin de leur permettre de constituer leur propre base de CV. Certaines banques vous demandent de leur envoyer des CV de candidats tout en sachant que si le candidat n’est pas embauché dans les 6 mois, vous ne recevrez aucune rémunération et le CV de la personne leur appartiendra. Autant leur donner accès à notre propre base de données .

Certaines banques accusent au contraire les recruteurs de pratiques peu orthodoxes afin de leur soutirer des honoraires qui ne leur sont pas dus. Le directeur du recrutement d’une grande banque américaine à Londres explique que certains cabinets de recrutement pratiquent la méthode de l’arrosage de CV. Ils envoient des CV dans l’espoir d’obtenir rémunération si un employeur utilise l’un d’entre eux, même si l’embauche d’un candidat résulte de la recherche effectuée par un concurrent. C’est ennuyeux car nous sommes tout le temps submergés de CV.
C’est pour éviter ce type de problème que les banques centralisent le recrutement et fixent leurs propres conditions.

Si elles le font de manière trop agressive, le risque est cependant de détériorer les relations avec les recruteurs. Jonathan Baines, directeur chez Whitehead Mann, explique, qu’en 18 ans de carrière, il n’a jamais connu d’affaires concernant un défaut de paiement: les banques sont de bons payeurs et c’est un plaisir de travailler avec elles.

commentaires (0)

Comments

Votre commentaire est en attente de modération. Il apparaîtra sur le site une fois validé

Réagissez

Pseudo

Adresse e-mail

Consultez notre règlement concernant notre communauté ici