☰ Menu eFinancialCareers

Pourquoi banque d’investissement et France ne font pas bon ménage

En dépit du discours officiel selon lequel les banques françaises travaillent à une place parisienne forte, la City apparaît plus que jamais comme le centre de gravité des banques d’investissement françaises en Europe.

Exane BNP Paribas l’a démontré la semaine passée en indiquant que la plupart des 200 recrutements planifiés sur les marchés actions (analystes, sales, traders, banquiers d’affaires) seraient réalisés sur Londres. Des rumeurs insistantes indiquaient également des mouvements d’équipes de Paris vers Londres.

La taille du réservoir de talents et le business hub londonien sont incontestablement de bons arguments. Mais ce ne serait pas les seuls. La culture française serait aussi incompatible avec celle de la banque d’investissement.

Passons rapidement sur le fait qu’aujourd’hui, la France est surtout antinomique avec le travail tout court, même pour les plus valeureux (à l’exception peut-être des vendeurs de sandwichs et de mojitos près de la Bastille qui peuvent se faire 2.000 euros dans la journée). A contrario, les anglais attendent, sans sourciller, le sort que leur gouvernement leur réserve demain lors de l’annonce du plan d’austérité le plus sévère que le pays ait jamais connu.

Au-delà de ces évènements contrariants, la journaliste britannique Lucy Wadham, qui a été mariée pendant 20 ans avec un investment banker français, explique dans son récent ouvrage The Secret Life of France, que la culture française vénère la réussite du statut, via la noblesse des idées et l’acquisition d’une certaine grandeur d’esprit, tandis que dans la culture anglaise, l’acquisition d’un certain statut va de pair avec l’enrichissement personnel et la propriété.

Il ne faut pas être devin pour voir quel système de croyances concorde le plus avec le développement d’un centre mondial de services financiers.

Dans le même temps, Lucy Wadham affirme que les maths sont l’épicentre du système éducatif français. Ils sont vus comme “l’arbitre final de l’intelligence… Par-dessus-tout, nous sommes tous égaux devant les maths. Vous n’avez pas besoin d’appartenir à une classe privilégiée pour avoir une affinité pour les maths.”

Pas étonnant que les matheux français, qu’ils maîtrisent ou pas la Culture avec un grand “C”, continuent de traverser la Manche en nombre, séduits par le chant bien plus terre-à-terre des financiers de la City.

La réforme annoncée de la fiscalité et la possible suppression du bouclier fiscal ne devrait pas les convaincre de rester en France.

commentaires (3)

Comments
  1. La remarque de Lucy Wadham est à double tranchant. Il faudrait voir l’intégralité du texte, car si on est tous egaux face aux maths, nous n’avons surement pas les mêmes chances de devenir Investment Banker. La grande différence entre Paris et Londres est effectivement culturelle, dans l’une on privilegiera les sentiers battus dans l’autre on favorisera l’initiative. Dans l’une la singularité des profils est un atout professionnel, dans l’autre c’est un critère rédibitoire.

  2. La suppression du bouclier fiscal ??? Je ris !! Le Gouvernement ne le fera jamais.
    Comme dit la chanson “laissons parler les gens”

  3. Les types qui travaillent dans la finance à Paris, je les admire presque. Parce que je ne vois vraiment pas ce qu’ils peuvent y trouver en travaillant à Paris…

Votre commentaire est en attente de modération. Il apparaîtra sur le site une fois validé

Réagissez

Pseudo

Adresse e-mail

Consultez notre règlement concernant notre communauté ici