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CV, Mensonges et Entretiens : les limites à ne pas franchir (2)

©istockphoto/alexandrenunes

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Grande est la tentation pour les banquiers de mentir au travail. Comme le montre le premier volet de notre série consacrée au mensonge, les salles de marché et les activités où la pression managériale est forte sont des lieux propices aux mensonges. Les petits et gros arrangements avec la vérité commencent cependant bien en amont dès le processus de recrutement. Et plus qu’on ne l’imagine. Un tiers des candidats s’attribuent « souvent » ou « toujours » un faux diplôme, a récemment révèle l’étude réalisée par le cabinet de recrutement Florian Mantione Institut auprès de 352 entreprises et DRH.

Les recruteurs en finance confirment que les mensonges les plus courants concernent les diplômes, dont le niveau ou la mention sont parfois trafiqués. Ils sont, plus rarement, totalement inventés. Certains sites Internet permettant d’acheter de faux diplômes se sont néanmoins multipliés ces dernières années.

Les candidats ont aussi la fâcheuse tendance à transformer leurs expériences professionnelles en rallongeant leur durée ou en gonflant leurs responsabilités. Des candidats s’inventent un meilleur niveau de langue, des compétences informatiques, mentent sur leur âge… Ainsi, près d’un Français sur deux “gonflerait” son CV d’après une étude réalisée par le cabinet de recrutement Robert Half auprès de 2.000 DRH, financiers et dirigeants dans 9 pays européens, tous secteurs confondus. Les Français sont loin d’être les plus tricheurs en Europe, la palme revenant à la République Tchèque, l’Autriche puis l’Italie.

Surtout, il convient de faire la distinction entre les mensonges par omission ou visant à embellir la vérité (ex : ne pas mentionner le terme intérim, faire un CV thématique pour cacher une expérience disparate…) qui ont ceci d’avantageux qu’ils ne donnent pas “mauvaise conscience” à ceux qui les pratiquent, et d’autre part les tricheries délibérées. « II y a une très grosse différence entre ce qui est tolérable : valoriser son expérience dans son CV et ce qui ne l’est pas : tricher. La frontière peut être infime… Candidats, prenez garde à ne pas franchir la ligne jaune », prévient Olivier Gélis, directeur général de Robert Half International France.

« C’est une chose que de chercher à vous vendre et rendre attractives toutes les fonctions que vous avez exercé, et une autre que de mentir à propos de vos diplômes et de vos expériences qui sont indispensables pour effectuer le travail demandé, estime Vanessa Robinson, directrice de la recherche du Chartered Institute of Personnel and Development. Combien de candidats ont légèrement survalorisé certaines expériences pour passer les premiers barrages de sélection ? Et, au final, obtenu le poste puis donné entière satisfaction ».

Mentir, un petit jeu risqué

Mentir sur son CV est risqué, les départements RH procédant toujours à des vérifications. C’est d’ailleurs l’une de leurs missions essentielles. En mentant, vous prenez le risque de briser la confiance qui doit exister entre employeur et employé, ainsi que d’offenser votre chasseur de têtes. « Si je me rends compte qu’un candidat m’a menti sur un point, je mets forcément en doute tout ce qu’il m’a dit », confirme Jean-Marie Cousty, consultant senior finance chez Hudson à Paris.

Les candidats ont d’autant moins intérêt à avoir recours au mensonge que les recruteurs en finance se montrent particulièrement vigilants sur l’embauche de personnes avec de fausses qualifications, de graves lacunes en finance ou pire encore, des condamnations pénales incompatibles avec le métier de banquier. Certains n’hésitent pas à recourir à des sociétés de vérification comme Verif diploma – qui parmi ses clients compte Allianz, Ernst & Young, Natixis –   voire même parfois à des détectives !

Enfin, si pour un banquier cela peut valoir la peine d’embellir quelque peu la réalité pour décrocher le job de ses rêves, « la banque reste un monde où la confiance est importante, notamment vis à vis des relations avec les clients sur le long terme. Ce qui, avec le renforcement des politiques de contrôle des risques, n’incite guère au mensonge », conclut le psychologue clinicien et journaliste britannique Oliver James, auteur de Office Politics: How to Thrive in a World of Lying, Backstabbing and Dirty Tricks.

À lire aussi Français, Mensonges et Banque d’investissement : le trio infernal (1)

commentaires (1)

Comments
  1. Quid des fausses annonces publiées par les recruteurs pour mettre à jour leurs bases de données?
    Quid des données personnelles collectées qui sont revendues à des sociétés marketing?

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