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Le “réseautage” peut effrayer mais cela marche

Deux tiers des licenciés du secteur financier utilisent leurs contacts pour retrouver du travail.

Il y a 20 ans, 11 des 13 ministres du gouvernement Koweitien étaient issus de la famille dirigeante Al-Sabah. La proportion a diminué mais est encore suffisamment importante – 5 sur 16 – pour donner lieu à des plaisanteries au sujet d’un ministre qui a démissionné pour passer moins de temps avec sa famille.

Les banques occidentales ne peuvent concurrencer avec un tel népotisme. Cependant le rapport annuel de NM Rothschild pour 2002 montre que 4 des 43 Dirigeants ont le nom de famille Rothschild.

Abigail Johnson, Président de l’activité gestion de fonds de Fidelity Investment, est la fille d’Edward Johnson, en charge de Fidelity et il y aurait beaucoup d’autres exemples.

Lorsqu’on veut réussir sa carrière, les bons contacts ne peuvent pas faire de mal. Si vous n’êtes pas un membre de la famille, vous pouvez être un ami ou au moins l’ami d’un ami.

C’est là que le “réseautage” entre en scène. Beaucoup de gens n’ont pas besoin de conseils pour apprendre à “réseauter”, comme cet étudiant de la London School of Economics qui contacta par téléphone un Responsable senior en produits obligataires après avoir vu son nom dans un article du Financial News. Son appel se transforma en offre de stage.

Cependant, certains peuvent trouver angoissant de décrocher leurs téléphones même pour appeler quelqu’un qu’ils connaissent bien et ne savent pas trop ce qu’ils peuvent dire.

Bien que le “réseautage” est un concept un peu flou, les entreprises d’outplacement et de Conseils en gestion de carrières en prêchent les vertus avec zèle et organisent des formations pour des banquiers récemment licenciés sur comment le pratiquer. DBM, un intervenant important de l’outplacement, indique que 64 % des gens dont il s’occupe pour le secteur financier, retrouvent un emploi grâce à leurs connexions personnelles, alors que ce pourcentage est juste de 5% pour les offres d’emploi diffusées par annonces.

Lors d’un récent séminaire organisé par Stephanie Peckham de DBM à Londres, des chercheurs d’emploi récemment licenciés parlent de “réseautage”. L’un d’eux compare cette méthode à du harcèlement. Un autre dit que c’est impossible sans importuner les personnes contactées. Une autre raconte que dans son emploi précédent, elle a perfectionné une technique qui consiste à lanterner autour des ascenseurs en attendant que quelqu’un d’important apparaisse pour monter avec lui et entamer une conversation. Cela ne l’a pas aidé à conserver son emploi.

Peckham demande à chacun de passer une minute à écrire les noms des personnes qu’ils connaissent. Chaque membre du groupe aligne entre 6 et 18 noms. Un bon moyen de démarrer le “réseautage” est de passer du temps à écrire une longue liste de personnes qu’ils ont connues ou rencontrées lors d’un meeting.

“Si vous avez moins de 100 noms sur votre liste, vous n’avez pas assez cherché. Cela ne veut pas dire que vous allez voir tout le monde mais avec un objectif de 100, vous devez solliciter votre mémoire. Notez qu’un nom souvent en appelle d’autres”.

Vous devez noter absolument tout le monde, souligne-t-elle. Même votre dentiste – il se peut que son frère travaille en banque.

Ensuite viennent des conseils sur la façon d’approcher les contacts. Pour un appel téléphonique à quelqu’un que vous ne connaissez pas, Peckham conseille de préparer une entrée en matière de 30 secondes. Quand vous rencontrez quelqu’un en face en face, elle suggère de la prolonger, le contact visuel permettant d’attirer plus facilement l’attention de son interlocuteur. Ces deux types d’approches doivent être préparés méticuleusement à l’avance.

Le point crucial pour que cela marche est de ne pas demander directement un emploi. Cela peut causer de l’embarras des deux côtés. Dites à la place que vous êtes à la recherche d’informations ou de conseils qui pourraient vous aider à retrouver un emploi.

Cependant Peckham souligne: “Il n’y aucune raison à prétendre que vous n’êtes pas à la recherche d’un emploi. C’est sûrement évident et vous risqueriez de passer pour un fourbe. Ou dans le cas contraire, ils pourraient ne pas comprendre la raison de votre appel.”

Les demandes de rendez-vous ou de conseils sont souvent refusées d’emblée. Peckham a quelques trucs pour éviter cela. “Je n’ai vraiment pas le temps de vous rencontrer; pourquoi ne m’envoyez-vous pas votre CV?” auquel cas vous donnez votre accord immédiatement suivi de “Je vous rappelerai dans quelques jours pour que vous ayez le temps de le lire”.

Si votre contact vous invite plutôt à passer par le département des ressources humaines (souvent un passage douloureux pour toute recherche d’emploi indique Peckham) vous pouvez lui répondre par “Mais je pense que vous êtes la personne la mieux placée pour parler du domaine dans lequel vous travaillez.” La flatterie n’a jamais fait de mal.

Une astuce pour attirer l’attention de quelqu’un de senior est d’écrire une courte lettre qui ne contient pas de CV. Les lettres avec CV sont souvent redirigées vers les ressources humaines par un subalterne bien rodé avant que le senior n’ait pu en prendre connaissance. La lettre doit mentionner que vous appelerez dans quelques jours pour avoir des conseils.

Il est important de vous assurer que vous êtes dans un bon état d’esprit avant de décrocher votre téléphone, conseille Peckham. Même ce que vous portez est important. Elle explique qu’elle a essayé un jour de “réseauter” en passant des appels de chez elle en robe de chambre mais s’est vite rendue compte que c’était plus efficace en tenue de travail.

Certaines personnes seront toujours des “réseauteurs” maladroits, mais le jour où on vous propose de devenir ministre pour le gouvernement du Koweit alors vous comprendrez que vous aussi vous faites enfin partie du réseau.

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