☰ Menu eFinancialCareers

Bonus 2013 à Paris : cru mitigé et apparition des « zéro bonus »

L’heure des premiers bilans a sonné alors que l’annonce des bonus aux collaborateurs s’achève sur la place financière parisienne. Un cru 2013 mitigé, si l’on juge les premiers retours que nous ont fait les chasseurs de têtes et les experts du secteur. « Le cru 2013 a été globalement en ligne avec celui de 2012. Les bonus n’ont pas véritablement progressé malgré la forte baisse enregistrée l’an passé », constate Philippe Perriot, consultant senior chez Towers Watson, à Paris.

Pas de bonnes surprises même pour les « meilleurs éléments »

Parmi les sept chasseurs de têtes interrogés par ailleurs, trois présentent une vision moins optimiste, estimant que le montant des bonus est globalement en baisse, entre 10% et 30% selon les interlocuteurs. Eric Singer, directeur associé du cabinet de chasse de têtes Singer & Hamilton et associés, fait partie de ceux-là : « côté opérationnel, les niveaux sont en baisse même pour les professionnels qui ont bien performé l’an passé ».

Beaucoup constatent sur la place parisienne au mieux une légère progression au global pour des banques comme BNP Paribas et SocGen qui ont profité l’an passé d’un rebond des activités de marché. Pour Natixis, le statu quo aurait primé tandis qu’une baisse du bonus pool aurait été clairement constatée chez Credit Agricole CIB en raison des mauvais résultats.

Les fixes, comme nouvelle marge de manœuvre

« Les professionnels les mieux rémunérés n’ont pas vu de grands changements au niveau de leur bonus car les banques d’investissement, en particulier celle dotées d’enveloppes légèrement en hausse, ont préféré anticiper la future réglementation relative au plafonnement des bonus en ajustant à la hausse plutôt les salaires fixes », observe de son côté Jean-François Monteil, managing partner de Transearch International, en charge de la practice Financial Services.

« Les banques d’investissement qui ont pu augmenter l’enveloppe des rémunérations cette année ont plutôt choisi d’augmenter les fixes », confirme Odile Couvert co-fondatrice du cabinet Amadeo Search à Paris.

L’insatisfaction cependant est générale alors que les bonus ont globalement fondu jusqu’à 60-70% par rapport aux niveaux d’avant crise, selon les évaluations données par ces chasseurs. « On ne reverra plus les montants distribués en 2008 », estime en outre Odile Couvert.

« Un réalisme teinté pour certains d’une forme de déception prédomine, y compris pour les très bons éléments dont le bonus est resté stable, voire en retrait, par rapport à l’an passé », relève Denis Marcadet, président et fondateur du cabinet Vendôme Associés.

« Même les bonus des patrons de desk sont désormais plafonnés au profit de fixes revalorisés », ajoute Jean Turcat, associé, responsable de l’activité marchés au sein du cabinet Smith&Partners.

Individualisation / différenciation croissante

Autre point sur lequel tous ces observateurs s’accordent : la très forte différenciation des bonus au sein des équipes. Cela se traduit notamment par « beaucoup de bonus zéro ou des bonus très faibles dans les banques françaises, qui avaient l’habitude jusque-là de faire du saupoudrage », relève Jean-François Monteil. Le bonus zéro est une pratique développée ces dernières années avec la crise par les établissements anglo-saxons, et que les françaises ne craignent donc plus d’adopter. « Ce phénomène est particulièrement probant sur les métiers actions qui ont enregistré une mauvaise année 2012, notamment chez les vendeurs », précise ce chasseur.

Pour Denis Marcadet, même constat : « Le bonus zéro sur les activités de marchés dans les banques françaises, est devenu monnaie courante, notamment pour les managers qui n’ont pas été au rendez-vous en matière de performances ». En revanche, cela affecte moins les profils « en construction », les plus juniors, que les banques veulent encourager et nombre de fonctions support, selon lui. 

Structure inchangée : la règle des différés sur 3 ans prime

Concernant la structure des bonus, les différés sur trois ans, payés par tiers, sont devenus la règle dans les établissements français. Ils peuvent néanmoins « s’étendre jusqu’à 4 ans dans certaines banques anglo-saxonnes comme Citigroup où les actions acquises au bout de 2 ans ne peuvent être vendues qu’au bout de 4 ans après leur attribution », nous confie un chasseur parisien, qui a souhaité gardé l’anonymat.

Les montants à partir desquels se déclenchent les différés sont en revanche très variables d’une banque à une autre et selon les équipes. Pour Philippe Perriot de Towers Watson, la barre se situe quelque part entre 70 et 120k euros dans les établissements français. Les différés représentent la plupart du temps entre 40 et 50% du bonus.

En la matière, les pratiques peuvent être très variables sur la place parisienne. Les  bonus « cette année chez Morgan Stanley, à partir du grade de VP, ont comporté énormément de différés avec seulement 15% à 20% du bonus payé immédiatement, ce qui n’a pas manqué de provoquer beaucoup de remous en interne », nous confie un chasseur. Chez Lazard ou au sein des autres banques anglo-saxonnes comme Goldman Sachs, la part de différé en actions varie souvent entre 10 et 20% des bonus alloués. Les banquiers les plus heureux seraient les employés de Rothschild – société non cotée – qui offre 100% du bonus en cash.

commentaires (0)

Comments

Votre commentaire est en attente de modération. Il apparaîtra sur le site une fois validé

Réagissez

Pseudo

Adresse e-mail

Consultez notre règlement concernant notre communauté ici