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Affaire Calyon : les têtes tombent

Qui a tort ? Qui a raison ? La justice américaine tranchera. Une chose est sûre : cette histoire donne à réfléchir. La perte de 250 millions d’euros chez Calyon dans les bureaux new-yorkais a rapidement débouché sur des sanctions, comme le rapporte le quotidien Les Echos en date du 11 octobre 2007.

Tous les échelons sautent les uns après les autres : Thierry Hasse, 45 ans, patron de l’investissement en compte propre de Calyon à New-York ; François Pages, 50 ans, patron des activités de marchés de Calyon aux Etats-Unis ; Loïc Ferry, 33 ans, le responsable mondial des marchés de crédit de Calyon et Richard Bierbaum, 26 ans, le trader qui serait à l’origine de cette perte.

Un non respect des procédures de contrôle contesté

Pour Calyon, la situation est claire : il s’agit d’un incident isolé, relevant d’agissements d’une personne n’ayant pas respecté les procédures de contrôle des risques. Richard Bierbaum conteste : Mes positions étaient enregistrées chaque jour et rien n’a explosé, a-t-il déclaré à l’agence Bloomberg. Il y a certainement eu quelques pertes, mais dans des proportions qui n’ont rien à voir avec les sommes avancées ; j’étais considéré comme l’enfant prodige (golden child) du trading de produits de crédit à New York.

Aucun commentaire des directions des risques

Cet exemple rappelle que les traders sont amenés à assumer pleinement la responsabilité de leurs choix d’investissement. Tant que la performance est au rendez-vous, pas de souci. Dès qu’une perte importante est enregistrée, c’est la porte.

Un coup dur de plus pour les salles de trading et les contrôleurs de risques, alors que l’affaire éclatait, cet été, en pleine crise des subprimes. Mais la responsabilité est-elle individuelle ou collective? Les procédures de contrôle des risques étaient-elles pertinentes ? Le silence règne chez les professionnels du secteur. Pas un ne souhaite s’exprimer ouvertement sur le sujet. Un silence radio qui en dit long. Preuve que le sujet est brûlant.

commentaires (5)

Comments
  1. Il est absolument impossible que les positions ne soient pas connues à tout moment et par toutes les personnes concernées. Ceci est donc soit d’une grande hypocrisie, soit d’une grande incompétence. Par ailleurs, et surtout quand ça marche, les procédures de contrôle ne sont jamais des procédures de limite de risques (pour paumer 250me, il faut avoir une p***** de position s’il s’agit effectivement d’une unique opération), surtout en compte propre, et ce malgré tous les discours puritains et convenus. Alors évidemment, quand ça ne marche plus… Bierbaum a peut-être fait des erreurs, mais n’a sans doute pas fauté.
    Vu la purge, jugerait-on de la commodité ou de l’incommodité d’une telle opération à l’aune de l’arrivée de la nouvelle équipe dirigeante de Litzler ?

  2. Barings, Northern Rock, Calyon serait le prochain sur la liste ? Les procédures de contrôle et la gestion des risques n’ont toujours pas évolué ? Ca fait peur de voir toutes ses banques se mettre en danger… A quand le crash de Citigroup ou Goldman ? Les banques sont trop gourmandes et oublient que l’argent avec lequel elles font “joujou” reste celui de leur client, ca craint!

  3. Voilà le résultat des embauches faites dans les salles de marché depuis 1990 : ces diplômés qui ne connaissent absolument rien aux régles de contrôle avec des salaires démesurés . La sanction n’est pas trés sévére car derriére il y a des salariés et des actionnaires .
    Sur les positions d’investissement de Bierbaum il ne pouvait ne pas les ignorer , alors pas de larmes pour lui ; il faut savoir rester modéré . “Les compliances “n’ont qu’un rôle politique et pas de pouvoir de sanctions.
    En revoir, petit Scarabé ou jeunesse trop Dorée , surdiplômés ,retour à la case départ , tu es grillé pour le métier : c’est un métier de Pro !

  4. pour info, la phrase “Les banques sont trop gourmandes et oublient que l’argent avec lequel elles font “joujou” reste celui de leur client, ca craint!” cotée par Tony est inexacte.
    Il devrait savoir que calyon est une banque d’investissement et par définition les capitaux traités sur les marchés ne sont rien d’autre que les capitaux propres de la banque. Ce n’est donc pas l’argent de leur client mais de leur actionnaire tout au plus.
    J’aimerais connaitre le track record de ce jeune trader soit disant gloden child…

  5. Ahahah!!! ça me fait bien rire…j’ai bossé un an chez Calyon au contrôle des risques…j’etais chargé des reporting sur une ou deux activités (dérivés actions_trading sur compte propre) et je sais exactement comment ça se passe…c’est rigolo tout ça…
    Pour Melvido : t’as raison, Calyon savait forcément.
    Si le Sophis plante deux ou trois fois, tu t’en fous ; tu fais deux ou trois ajustements, histoire de laisser le temps au trader de se rattraper, et c’est reparti comme en 40…jusqu’à ce qu’on en parle dans les journaux…

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