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La supervision, le nouvel eldorado du marché de l’emploi financier en Europe

homme sur flèche à la hausse

Le durcissement de la réglementation du secteur financier en Europe fait dresser les cheveux de la tête à la plupart des financiers. Ces derniers ne devraient pourtant pas négliger les opportunités d’emplois que cette inflation réglementaire est en train de générer.

800 embauches attendues à la BCE à Frankfort…

La Banque Centrale Européenne aurait besoin de recruter 800 personnes en l’espace d’un an seulement, selon des informations publiées vendredi dans le Wall Street Journal Europe.

L’accord sur la supervision unique des banques européennes signé en décembre dernier par les 27 Etats de l’UE attribue à la BCE, qui emploie plus 1.500 employés dans la région de Frankfort, un nouveau rôle de superviseur européen unique. Aujourd’hui seule une cinquantaine de professionnels y sont chargés de surveiller la santé du secteur bancaire. Aussi d’ici à mi-2014, la BCE devra aller vite pour constituer son « Conseil de supervision » et mettre en place les équipes chargées de contrôler les 150 à 200 établissements les plus importants de l’UE.

…mais aussi chez les régulateurs nationaux

La surveillance des autres établissements bancaires (6.000 au total en Europe) incombera aux régulateurs nationaux. À titre d’exemple le régulateur français, l’Autorité des marchés financiers (AMF), compte aujourd’hui 430 collaborateurs, « demain 470 avec son plan stratégique », met en avant l’AMF dans ses offres d’emploi. Contactée, l’AMF n’a pas été en mesure d’apporter des précisions dans les délais impartis. En revanche, l’institution précise sur site son intérêt pour les « profils marchés financiers, inspection, auditeurs, comptables, juristes, dotés d’expériences confirmées », sans négliger pour autant les jeunes diplômés et les « profils scientifiques ayant une expérience du monde de la finance pour ses équipes de surveillance et de contrôle ». Les recrues sont issues de secteurs très divers (banques, sociétés de gestion, cabinets d’audit, cabinets d’expertise comptable, cabinets d’avocats, fonctions publiques…).

Dans son rapport sur l’évaluation de la stabilité du système financier de l’UE publié fin de semaine dernière, le FMI rappelle en outre la nécessité de « renforcer davantage » le conseil européen du risque systémique (CERS) établi fin 2010 et ses trois agences trois autorités supranationales supervisant la banque (EBA, établie à Londres), l’assurance (EIOPA, basée à Francfort) et les marchés (ESMA, installée à Paris).

Encore 60 embauches prévues cette année à l’ESMA à Paris

À Paris, l’ESMA, la principale de ces trois agences européennes, n’a cessé de recruter depuis sa création en janvier 2011. Elle compte aujourd’hui 100 collaborateurs, deux fois plus qu’un an plus tôt. L’agence compte recruter encore 60 professionnels d’ici à la fin de l’année.

« Nous nous intéressons à un large spectre de compétences provenant de l’industrie financière, des régulateurs nationaux, des institutions européennes comme la Commission européenne », nous confie un porte-parole de l’ESMA. Parmi ses prérogatives, l’agence basée à Paris qui a déjà sous sa coupe la surveillance du trading des produits dérivés et des agences de notation en Europe pourrait se voir également confier la surveillance des panels de taux interbancaires comme l’Euribor, selon le Financial News. Des compétences sur le fonctionnement de ces marchés seront alors inévitablement valorisées par l’ESMA. Une nouvelle qui devrait intéresser tous les banquiers évincés de Barclays, RBS ou UBS dans la foulée du scandale du Libor, et en quête d’un nouveau job.

De manière générale, l’Esma semble s’intéresser tout particulièrement à des profils seniors. Sur l’espace Carrières de son site, la plupart des offres concernent des profils d’experts seniors (risque de crédit, contrôle interne, produits d’investissements…).

« Le rôle de l’ESMA en matière de régulation des marchés financiers européens va devenir de plus en plus important dans les prochaines années » a indiqué vendredi Gérard Rameix, président de l’AMF, à l’annonce de son élection en tant que membre du Management Board de l’ESMA.

À Paris, l’Autorité de contrôle prudentiel (ACP) renforce également ses équipes

Paris devrait par ailleurs se démarquer sur ce nouveau marché de l’emploi de la régulation financière avec un renforcement des équipes de son Autorité de contrôle prudentielle (ACP) dans la foulée de la première loi de séparation bancaire en Europe. Etudié en deuxième lecture au Sénat cette semaine en France, le projet de loi attribue à l’ACP, autorité indépendante adossée à la Banque de France, des pouvoirs élargis. Elle pourra ainsi obtenir des modifications de la structure financière des banques, nommer un administrateur provisoire, imposer des cessions d’actifs ou une filialisation d’activités jugées risquées….

Conjugués à des départs massifs à la retraite d’ici à 2020, les nouveaux besoins de recrutements engendreront 2.500 embauches sur cette période, soit plusieurs centaines par an dont une majorité de cadres orientés principalement vers l’ACP et les autres domaines opérationnels de la Banque de France, qui affichent des besoins importants en diplômés d’écoles d’ingénieurs ou de commerce.

À nouveau, « la palette des postes offerts est très large et les compétences attendues de plus en plus pointues : contrôleur bancaire et d’assurance, actuaire, statisticien, économiste, opérateur de marché, chef de projet informatique, juriste… », nous explique Anne Zappa, chef du service du recrutement à la Banque de France. Et la promesse pour ces recrues d’une évolution de leur carrière ensuite à l’international comme à la BCE par exemple.

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