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Quand les diplômés en finance s’expatrient au pays des kangourous !

Hiring activity in Australia gathering momentum

Hiring activity in Australia gathering momentum

Plus d’un quart des jeunes diplômés en quête d’un emploi (27%) pensent que leur avenir professionnel se situe à l’étranger plutôt qu’en France, contre 13% en 2012. Tel est le constat du deuxième baromètre de l’Humeur des jeunes diplômés réalisé par Deloitte-Ifop auprès d’un échantillon de 1005 jeunes ayant achevé leurs études, titulaires d’un diplôme de niveau Bac à Bac+5 depuis moins de 3 ans, en poste ou en recherche d’emploi dans le secteur privé. Un résultat pas si surprenant que cela quand on apprend que 45% de l’échantillon pense que les chances de trouver un emploi en France dans les six prochains mois sont peu élevées voire inexistantes pour 6% d’entre eux.

Australie

Source : Deloitte (chiffres 2012)

Si parmi les pays d’expatriation souhaités arrivent en tête l’Amérique du Nord et l’Europe, 20% des diplômés envisagent leur avenir dans un pays de l’Océanie plutôt que dans un pays asiatique (15%). « Nous constatons un tropisme vers un certain nombre de pays ‘exotiques’ comme le Canada ou l’Australie. Ce ne sont pas des destinations classiques mais il y a de vrais besoins qui ne sont pas comblés par leur propre système académique, nous explique Jean-Marc Mickeler associé responsable de la marque employeur chez Deloitte. Le fait qu’en Australie la langue soit l’anglais peut aussi expliquer que ce pays soit davantage plébiscité que par exemple l’Allemagne ».

Conséquence : près de 20.000 Français viennent s’installer chaque année dans un pays d’Océanie, Australie en tête. Le nombre de résidents français y a été multiplié par trois en cinq ans. Cette destination est devenue une véritable terre d’accueil pour les jeunes de l’Hexagone au chômage après plusieurs années d’études qui n’ont débouché sur rien. En Australie, ils peuvent trouver un job rapidement et multiplier parfois leur salaire par trois !

La vague française

Gilles Pinhède, conseiller au Centre d’information et de documentation jeunesse (CIDJ), spécialisé en questions de mobilité, souligne qu’un pays comme l’Australie « fait tout pour attirer les étudiants étrangers afin de donner un rayonnement international à ses universités ».  Les écoles de commerce ne sont pas en reste : 89% de la dernière promotion des diplômés de l’Australian Graduate School of Management (AGSM) ont trouvé un emploi trois mois seulement après l’obtention de leur MBA, principalement dans le conseil en management  (62%) et dans une moindre mesure la banque et la finance (8%). Les diplômés déjà en poste ont touché l’an dernier un salaire moyen de 131.410 $, soit un montant bien supérieur à celui auquel peuvent prétendre les diplômés de Harvard (121.785 $).

Ce sont des profils de grandes écoles ou universitaires de haut niveau qui sont essentiellement recherchés. « Dans ce pays où la main d’œuvre est déjà très qualifiée, les entreprises recherchent des poids lourds, qui font la différence pour faire le lien avec la maison mère, comme des ingénieurs expérimentés », explique Oliver Sheppard, chargé de mission, au sein de l’agence Emploi International de Pôle emploi, à l’occasion du salon S’expatrier, Mode d’emploi organisé ce mercredi à Paris.

Signe des temps : après avoir travaillé pendant 6 ans en tant que consultant dans un  Big Four en France et en Australie, le français Léo Denes a créé le site Internet Australiance à destination des diplômés qui veulent s’expatrier en Australie. Dans un reportage télévisé diffusé sur France 2, il explique qu’outre des salaires d’embauche attrayants, « le pays offre aux jeunes diplômés la possibilité d’accéder rapidement à un niveau élevé de responsabilités ». Ainsi, quelques semaines à peine suffisent pour se créer un réseau d’amis, de collègues et d’employeurs potentiels. Certains avouent décrocher plus d’entretiens là-bas en deux semaines qu’en France en un an.

Des expatriés parfois non grata

Des opportunités sont à saisir dans des secteurs comme l’IT Finance (IT architecture, project management, data mining), la compliance, les risques ou encore l’analyse crédits. Mais si les success stories sont parfois au rendez-vous, à l’image de cet analyse actions qui a quitté Paris pour s’expatrier à Londres puis Sydney avant de prendre sa retraite à 40 ans, le marché australien demeure particulièrement difficile à pénétrer pour les non-Australiens.

Car crise oblige, cet eldorado s’avère être de moins en moins accueillant. Il faut dire que le pays délivre au compte-goutte les visas de travail de longue durée. « Avez-vous votre titre de travail ? est la question incontournable qui vous sera posée lorsque vous postulerez à un emploi. A peine 10% des étudiants internationaux trouvent une entreprise qui leur délivre un visa de travail au sortir de leur études », témoigne un internaute sur notre site australien.

Résultat : les jeunes diplômés arrivés le plus souvent avec un visa de tourisme sont contraints de travailler dans l’illégalité, ce qui ne manque pas de susciter l’ire de certains autochtones. Les Français sont d’ailleurs tellement nombreux dans le pays que commence à poindre une certaine exaspération  qui peut parfois virer au racisme comme l’atteste cette vidéo amateur tournée à Melbourne et qui a fait le buzz l’an dernier sur Internet, où l’on voit une jeune française prise à partie pour avoir chanté dans la langue de Molière dans un bus. De quoi faire réfléchir certains candidats au départ…

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