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Quid de la nouvelle réorganisation chez Société Générale ?

SocGen HQ

Avec une perte de 476 millions d’euros sur le quatrième trimestre 2012 et un bénéfice annuel divisé par trois sur un an, à 774 millions d’euros, Société Générale affiche toujours une santé fragile (communiqué). Le nettoyage de son bilan se poursuit puisque les résultats intègrent pour -2,6 milliards d’éléments non économiques (opérations de cessions d’actifs et de réduction du portefeuille, restructuration de la dette…).

Sous pression, la banque annonce également ce matin la deuxième étape de son plan de transformation engagé il y a deux ans. Elle prévoie une simplification de sa réorganisation en trois piliers contre six actuellement, soit :

–           Premier pilier avec la banque de détail en France (avec Société Générale, Crédit du Nord, Boursorama).

–           Deuxième pilier avec la banque de détail et les services financiers à l’international (rapprochement des pôles Réseaux Internationaux et Services Financiers Spécialisés et Assurances)

–           Et dernier pilier regroupant la BFI, la Banque Privée et la Gestion d’actifs & Services aux investisseurs (SG CIB, Newedge et SGSS).

Aucun chiffre, aucun objectif de réduction de coûts n’y est détaillé. Le directeur des activités de banque de détail en France Jean-François Sammarcelli a néanmoins déjà annoncé ce matin lors de la conférence de presse que le groupe prévoyait de fermer «quelques dizaines» d’agences bancaires en France.

Le titre Société Générale perdait près de 4% à la mi-journée.

Une refonte du modèle qui peine à convaincre

« Cette réorganisation n’entraîne pas de synergies évidentes : comment un trader et un banquier privée peuvent-ils travailler ensemble ? Et que dire du deuxième pilier où l’on rapproche les activités d’assurance, très orientées sur le marché français, et les réseaux internationaux ? », questionne un analyste parisien qui préfère garder l’anonymat.

Les vraies synergies pourront néanmoins s’opérer dans les back-offices, en particulier dans la conservation de titres, selon lui. Rappelons que la banque prévoirait une externalisation de 400 postes de back-office dans le cadre du projet Mikado. Ce chiffre évoqué dans la presse fin 2012 n’ont cependant pas été depuis confirmés par la banque.

Pour autant cet analyste ne croit pas à un nouveau plan social massif dans la BFI. SGCIB a déjà supprimé 1.600 postes dans le monde (dont 880 en France), soit environ 13% des effectifs. L’effort réalisé est important. Prenons comme point de comparaison Barclays qui a annoncé hier un plan drastique de 1.800 suppressions d’emplois dans ses activités CIB, un chiffre qui représente moins de 8% de ses effectifs. 

SG toujours ambitieuse dans les activités CIB

En outre, SGCIB a vu son résultat net part du groupe bondir de 635 millions d’euros en 2011 à plus d’1 milliard en 2012 tandis que la division affichait les efforts les plus importants au sein de groupe en matière de baisse de ses frais de gestion, soit -8,7% sur un an. Ce qui est fait n’est donc plus à faire. Et SocGen n’est pas dans la situation critique d’une banque comme UBS, qui a annoncé fin octobre 10.000 suppressions de postes d’ici 2015, ainsi que son retrait des activités de fixed income.

SGCIB ne semble pas quant à elle vouloir renoncer à ce business, sur lequel elle a investit récemment. Lors des derniers résultats, Frédéric Oudéa avait confirmé que SocGen était « déterminée » à rester active dans TOUS ses métiers de banque de BFI. Le dirigeant de la banque rouge et noir persiste et signe aujourd’hui, en indiquant que « CIB devrait gagner en 2013 des parts de marché ». (Reuters).

Gourmande en fonds propres, cette activité – si l’on veut réussir – représente une course difficile dans laquelle des acteurs de second plan peuvent s’essoufler face aux gros mastodontes comme Deutsche Bank par exemple et in fine y perdre des plumes. « C’est sans compter l’égo et la vanité des Français, qui n’imaginent pas un repli  à ce stade ! », relève l’analyste interrogé.

Syndicats inquiets

Quoi qu’il en soit, l’inquiétude grandit chez les salariés. Les syndicats sont persuadés que de nouvelles suppressions d’emplois sont à venir. « Nous avons signé fin janvier un accord avec la direction sur la gestion prévisionnelle des emplois et des compétences, mais une fois n’est pas coutume celle-ci intègre aussi toutes les mesures sociales d’accompagnement en cas de plan de départs comme si la direction anticipait de nouveaux plans et avait voulu gagner du temps », explique Alain Treviglio, délégué syndical national CFDT. Le syndicaliste ne s’attend pas nécessairement à un large plan social comme celui qui vient de s’achever dans la BFI mais des « ajustements par petites touches ». L’externalisation des fonctions dans les services centraux à Paris et les back-offices concentre les principales craintes.

La banque nous a précisé que les implications de cette réorganisation dépendraient de l’issue des consultations que chacun des dirigeants de pôle engagera dans les semaines à venir avec les partenaires sociaux.  “Nous sommes très en amont dans le processus, dans une phase de réflexion“, nous a expliqué une porte-parole de la banque.

commentaires (1)

Comments
  1. La SG paye sa mauvaise gestion. On dirait un mauvais boursicoteur qui achète au plus haut et vend au plus bas. Au lieu de couper des branches , je pense entre autres à Mikado, il s’agirait peut être de prendre les bonnes décisions avant de se retrouver au pied du mur.

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