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De la nécessité de faire des économies, sans nouveau plan social : le défi de CACIB (et du secteur bancaire français en général)

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La rumeur courait depuis mi-décembre. C’est chose quasiment confirmée. La banque verte prévoit bien entre 150 et 200 millions d’économies supplémentaires d’ici 2015, tout en excluant cependant un nouveau plan social, selon L’Agefi.

C’est le seul moyen pour la direction de remplir son objectif d’un retour sur fonds propres de 10% à 12% à moyen terme. Syndicats et analystes ne s’étonnent guère de cette nouvelle mesure, qui intervient à l’issue du bouclage d’un plan qui a vu 1750 suppressions de postes dans le monde en 2012 (dont 500 environ en France) et une baisse de la voilure dans de nombreuses activités de la BFI.

Des suppressions de postes ne seraient pas exclues

« L’information et les chiffres sont conformes et  cohérents avec ce qui a été annoncé en interne », nous confie un syndicaliste de la CFE-CGC, qui attend des précisions lors du comité d’entreprise prévu ce mercredi 23 janvier. Ce dernier confirme cependant qu’il n’y a « pas de plan social d’ensemble prévu » mais plutôt une recherche d’économies à travers le non renouvellement des départs. Ce qui n’empêchera pas la direction d’opter pour des « suppressions d’emplois à la marge en cas de cession d’activité mais toujours sur la base du volontariat », selon lui.

Les plus gros efforts sont attendus ailleurs : réorganisation des processus informatiques et annulation ou report des développements IT, mutualisation des moyens dans le cadre du déménagement des équipes sur le site Evergreen à Montrouge, et enveloppe des bonus en berne.

Un certain nombre de réajustements apparaissent en effet inévitables. On constate par exemple sur les neuf premiers mois de l’année une baisse des revenus des activités pérennes de 7% par rapport à la même période en 2011 alors que les coûts, eux, n’ont pas décliné. Les charges d’exploitation ont même continué à légèrement augmenter (environ +1%).

« Pour CACIB comme pour les autres grandes banques françaises, il n’est pas question aujourd’hui de lancer de nouveaux grands plans sociaux à la manière d’un UBS mais d’améliorer leur niveau de rentabilité en abaissant les charges IT, immobilières, ou les coûts liés aux rémunérations variables par exemple », confirme un analyste d’une grande banque d’affaires américaine, qui n’exclut pas que CACIB s’intéresse de près au projet de la SocGen de créer une plateforme commune pour mutualiser les coûts liés aux fonctions de back-office avec Accenture.

La banque pourrait également aller plus loin dans son retrait de certaines activités. A la même péiode l’an passé, la banque avait annoncé un arrêt complet des activités Global Equity & Commodity Derivatives.

Jusqu’où ira-t-elle dans le recentrage de ses activités ? Certains craignent le pire pour le futur de CACIB. « Mon sentiment est que le groupe CASA ne veut plus véritablement de sa BFI, en particulier à l’international où tout développement est stoppé. Pour preuve, la réduction des coûts concerne ainsi désormais les métiers de la banque de gros traditionnels comme les financements structurés, activité pour laquelle on ne recherche plus de nouvelles affaires », analyse Guy Ouaknine, délégué syndical national CGT.

Après Natixis, CACIB… SGCIB, le prochain sur la liste ?

CACIB est la seconde banque française à se préparer à de nouvelles mesures d’économies après Natixis. La banque de gros de BPCE avait annoncé en novembre dernier 300 millions de réductions de coûts (baisse du recours aux prestataires, des dépenses de « train de vie », optimisation des systèmes…). Là aussi, sans nouveau plan de suppressions d’emplois d’envergure. La mobilité interne et les départs volontaires devaient rester la règle. Les syndicats dénoncent, de leur côté, des « départs contraints sans garanties ».

SocGen pourrait être la prochaine sur la liste. La banque en rouge et noir, qui a annoncé la semaine passé l’annonce des provisions qui amputeront de près de 900 millions d’euros ses derniers résultats pour 2012, a promis un nouveau plan stratégique au deuxième semestre. Cependant les salariés craignent que de nouvelles mesures d’économies soient annoncées prochainement.

Les représentants du personnel sont actuellement en négociation avec la direction sur  un plan de gestion prévisionnelle de l’emploi et des compétences, qui doit être finalisé à la fin du mois. « Frédéric Oudéa nous avait demandé début novembre de boucler ce plan pour fin 2012. Nous avons réussi à gagner un peu de temps. Pourquoi cette précipitation ? », s’interroge Maryse Gauzet déléguée nationale FO, qui participait à la grève organisée par les syndicats de la SG pour la défense de l’emploi et des salaires le 8 janvier dernier. « Sans connaître la stratégie de la banque, on nous demande de négocier un accord extrêmement large qui inclut le contrat de génération, les questions de mobilité, les conditions d’un accompagnement financier en cas de départ… bref, pour ainsi dire les termes d’un plan social. On a vraiment l’impression de signer un chèque en blanc à la direction », s’inquiète cette syndicaliste.

L’exception BNP Paribas

Toutes les banques françaises ne sont pas logées à la même enseigne. « BNP est le seul établissement bancaire français à investir à nouveau dans son développement, en particulier à l’international », relève l’analyste bancaire interrogé. Elle serait d’ailleurs prête à communiquer bientôt sur un plan d’investissement d’1 milliard d’euros d’ici 2015 pour simplifier son organisation, selon L’Agefi. Baptisé “Simple & Efficient 2015”, ce plan, dont on ne connaît pas l’impact qu’il aura précisément sur l’emploi, doit être détaillé mi-février à l’occasion des résultats du dernier trimestre 2012.

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