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Jusqu’à quel point banques et assureurs ont revu à la baisse leurs embauches pour 2013 ?

champagne

En ces temps troubles, où le spectre des plans sociaux dans le secteur financier refait surface, y compris dans des établissements jusque-là préservés à l’instar de Morgan Stanley, les professionnels de la finance apprécieront de se raccrocher à des chiffres rassurants en matière de recrutement. Des chiffres rassurants en apparence seulement.

Selon le dernier baromètre du magazine Challenges des entreprises qui recrutent en 2013, les 10 principaux acteurs représentés des secteurs banque et assurance prévoient plus de 13.000 embauches cette année, comme l’indique le tableau ci-dessous.

Recrutement-2013-en-Finance

Source: Challenges.

Le plus gros recruteur du secteur – le groupe Credit Agricole avec 4.000 nouveaux CDI planifiés – arrive au 10e rang des plus importants recruteurs du pays, suivis du groupe BPCE (3.000) et de Société Générale (1.500). Le groupe BNP Paribas arrive plus loin derrière avec 850 embauches en CDI prévues cette année.

Credit Agricole, seule banque fidèle à ses prévisions de septembre dernier

Il est cependant intéressant de comparer ces chiffres avec les prévisions communiquées cinq mois plus tôt par ces mêmes employeurs, publiées dans le Palmarès du Figaro management et emplois.

On remarque en effet une nette évolution à la baisse par rapport aux intentions d’embauches affichées en septembre dernier. Depuis cette période, le groupe BPCE a ainsi réduit largement ses ambitions avec 1.000 recrutements en moins prévus pour 2013. BNP Paribas divise quasiment par deux ses chiffres (de 1.500 à 850 recrutements). Société Générale qui s’était gardée en septembre de donner des estimations livre néanmoins un chiffre largement en-deçà des 2.500 recrutements en CDI qu’elle prévoyait de réaliser pour 2012. Seul Credit Agricole se montre constant en la matière.

Nombreux sont les recruteurs en finance à avoir ressenti un tournant après l’été dernier, évoquant un marché de l’emploi qui s’est alors “tendu avec une baisse significative des recrutements” ou encore d’un “attentisme croissant” de leurs clients.  La banque de détail, qui concentre le gros des volumes des recrutements, n’est pas exempt de difficultés. Menacée par les fermetures d’agences, les besoins restent cependant importants du fait des nombreux départs en retraite et du turn-over élevé des équipes. Pas surprenant de voir ainsi le métier de chargé d’affaires en banque classé cette semaine parmi les 10 emplois que les Français aiment le moins !

L’assurance gagnée aussi par le doute ?

Les révisions à la baisse en matière de recrutement semblent également affecter l’assurance, qui recrute traditionnellement deux fois moins que le secteur bancaire avec ses 30.000 embauches par an, selon les derniers chiffres de la Fédération Bancaire Française.

Dans le classement du magazine Challenges, AXA France et Allianz sont au coude à coude avec 850 recrutements en CDI chacun prévus pour 2013. Allianz annonçait des prévisions de 1.200 embauches en CDI en septembre dernier. AXA France annonçait alors 2.500 embauches (tous types de contrats confondus) à comparer aux 1.350 embauches en CDI et CDD affichées dans le palmarès de Challenges.

Dans une interview aux Echos lundi, Bernard Spitz, président de la Fédération française des sociétés d’assurance s’est voulu cependant rassurant. “Nous créons entre 11.000 et 14.000 emplois par an, et je veux croire que ce sera encore le cas cette année”, a-t-il indiqué au quotidien.

Les candidats veulent tout autant y croire. Leur réalité du terrain peut néanmoins apparaître en décallage croissant avec les discours apaisants des représentants de ces deux secteurs traditionnellement parmi les plus importants pourvoyeurs d’emplois en France.

commentaires (1)

Comments
  1. La création d’emplois dans la banque comme dans l’assurance est problématique, dans la mesure où il s’agit souvent d’emplois dont la création de valeur répond plus à des critères administratifs que de production réelle. Le services financiers sont champions dans l’art de générer des emplois sans consistance réelle, dont le contenu consiste à remplir des tableaux de chiffres ou à mettre en place des processus pour produire des “reporting” innombrables destinés à occuper artificiellement des employés fonctionnalisés à défaut d’être fonctionnarisés. Comment en serait-il autrement, si l’industrie financière crée de la fausse valeur financière à partir de la vraie valeur productive convertie en instruments de financement via les moyens monétaires mis à disposition de l’économie réelle? La loi de la la concentration du capital productif soumis aux critères de gestion du capital financier, conduit à une réduction constante du collatéral productif indispensable à l’émission de moyens de financement par la banque assurance qui d’ailleurs fonctionne de plus en plus en circuits fermé via ses canaux de financement entre places financières mondiales. L’emploi bancaire est donc condamnée à subir lui aussi la dure loi de la précarisation au nom de la sacro-sainte loi de la création de valeur optimisée en fonction des intérêts des actionnaires et non des salariés dont la durée de vie active n’a de cesse que d’être rognée par tous les bouts: à l’entrée comme à la sortie et sur les côtés avec la multiplication des congés, RTT qui cachent mal le manque de consistance dans des jobs qui servent plus de prétexte au maintien des banques comme agents de financement indispensables à l’économie – il faut bien une contrepartie sociale même illusoire – que de supports durables au développement d’une carrière professionnelle digne de ce nom. D’ailleurs outre le fait que les emplois financiers voit leur durée de vie sans cesse raccourcie, ils sont gagnés progressivement par la globalisation des services financiers. Le salarié doit donc gérer plusieurs carrières à trajectoire aléatoire s’il veut éviter de finir sur une voie de garage, mais également se reconfigurer en fonction du lieu d’habitation qu’il faut souhaiter aussi mobile que le capital financier. Une transformation holographique serait sans doute souhaitable afin de permettre la bilocation de père de famille écartelé entre des exigences grégaires de nature familiales et des impératifs nomades du fait des obligations professionnelles, à moins que l’électronisation biologique de ses salariés ne soit la perspective d’avenir envisagée par la bancassurance qui n’a de cesse que de s’affranchir des contraintes naturelles.

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