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Investissement dans le private equity : les Assureurs face à leurs engagements

Directeur d’investissement chez AGF Private Equity, Pierre-Antoine de Selancy souligne la dualité qui existe chez les investisseurs institutionnels : En marge des grands Assureurs qui disposent d’une filiale dédiée au private equity, chargée d’investir pour le compte de leur maison-mère, on trouve de plus petits investisseurs qui se contentent d’avoir un spécialiste en gestion alternative .


Vers une logique d’externalisation

Ainsi, dans une logique de diversification des risques au sein de cette classe d’actifs réputée difficile car répondant à une logique d’investissement très différente de celle qui prévaut sur les actifs cotés (plus long terme et bien moins liquide), l’immense majorité des zinzins qui ne disposent pas de ce type de bras armé recourent à des fonds de fonds de private equity ou, alternative encore peu répandue en France, s’offrent les services de gate keepers ou conseils. C’est précisément la seconde vocation d’AGF Private Equity que d’ouvrir leurs fonds de fonds aux tiers – pour preuve, une bonne partie de son dernier fonds de fonds est souscrit par des investisseurs autres qu’AGF.

Si l’effet d’annonce des assureurs est suivi de faits, il est possible d’estimer les besoins humains liés à ce volume à investir. 6 milliards sur 3 ans, c’est 2 milliards par an. Grosso modo, on peut justifier un recrutement pour un volume d’investissement annuel de 40 à 50 millions, correspondant à 6 ou 7 opérations d’investissements par an , indique Pierre-Antoine de Selancy. Suivant cette logique, l’engagement des Assureurs aurait créé un besoin d’une quarantaine de spécialistes, sans compter le renforcement des équipes de back-office chargées du suivi et du reporting des participations.


Valider le process d’investissement

En quoi consiste au juste le métier de directeur des investissements dans des fonds ? A comprendre la logique de création de valeur des nombreux fonds visités au cours de l’année afin de ne retenir que les meilleurs. Le cceur de notre métier consiste à comprendre comment les fonds ont gagné de l’argent dans le passé et surtout, à estimer leur capacité à répliquer le même type de performances, mais également à mesurer les intensités concurrentielles dans lesquelles évoluent ces acteurs. Autrement dit, nous essayons de déterminer en quoi les performances passées relèvent d’un concours de circonstances ou d’un process d’investissement bien maîtrisé .

L’univers des équipes de gestion étant très éclaté en Europe, entre 1 100 et 1 200 structures, il y a un important travail de visite des fonds ? Lorsque les spécialistes ont repéré des fonds susceptibles d’être incorporés au fonds de fonds, ils visitent les entreprises dans lesquelles sont investis ces fonds, non pas pour juger de la qualité du business-model de l’entreprise mais pour jauger la relation entre actionnaires (les fonds) et les dirigeants. Pierre-Antoine de Selancy témoigne : chez AGF PE, notre équipe de 7 personnes couvre 180 à 200 fonds par an. Soit environ un fonds toute les deux semaines par personne et un nombre de déplacements en Europe variant entre un et trois . Les décisions d’investissement dans chacun des fonds sont prises de façon collégiale, et la personne en charge du suivi du fonds peut être amenée à participer au comité d’investissement du fonds.

Par ricochet, les fonds eux aussi vont être amenés à recruter pour canaliser ces afflux de fonds. En raison de la diversité géographique des fonds logés dans les fonds de fonds, l’industrie française des fonds devrait toutefois se montrer moins offreuse que l’industrie directement concernée que sont les compagnies d’Assurance, et dans une moindre mesure les mutuelles dont l’engagement se monte à 150 millions d’euros.

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