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Dans la boule de cristal des recruteurs français en Finance, l’année 2013 sera…

previsions

2013 sera-t-elle l’année du rebond du marché de l’emploi en finance en France ? Bien que ce soit leur vœu le plus cher, les recruteurs n’ont pas de boule de cristal. Ils ont néanmoins leur petite idée sur la tournure que prendra cette nouvelle année pour les recrutements dans le secteur de l’industrie des services financiers et sur les fonctions financières.

Certes la fin du tunnel n’est peut-être pas pour tout de suite, mais la lumière serait perceptible. C’est déjà ça. Certains secteurs comme l’assurance ou métiers tels la gestion des risques et le contrôle se voient même promis un sort plutôt heureux.

Voici, dans le détail, les prévisions des responsables des grands cabinets de recrutement parisiens pour 2013.

Anne-sophie Luçon, Manager executive senior au sein du cabinet Michael Page, en charge de la division Banque & Assurance

2013 débute sur une teinte plutôt morose, à l’image de 2012. Depuis l’été dernier surtout, le marché de l’emploi dans le secteur bancaire s’est tendu avec une baisse significative des volumes de recrutements, y compris sur les fonctions commerciales notamment en banque de détail jusque-là préservées. Le marché est d’autant plus figé que les candidats se montrent plus frileux. La reprise n’est pas perceptible avant la seconde moitié de 2013 tout au mieux, en particulier pour les BFI.

Cependant, certaines fonctions support seront plus à l’abri cette année, les mutations organisationnelles et réglementaires (Bale III pour la banque et Solvency II pour l’assurance) créant des nouveaux besoins. Ce sera vrai pour les experts en informatique mais surtout pour les métiers du contrôle (contrôle interne, contrôle permanent, conformité) et la filière risque (gestion des risques opérationnelles et de marchés), qui continueront d’être l’objet de recrutements en 2013 dans le secteur de l’assurance et, dans une moindre mesure, de la banque, marché plus mature en la matière. Plus globalement, le niveau de recrutement des cadres dans l’assurance – estimé entre 12.000 et 13.000 en 2012 – devrait rester stable en 2013.

Il n’empêche, la bancassurance bascule progressivement d’un recrutement de masse à un recrutement chirurgical principalement orienté sur les fonctions expertes et les profils confirmés. À Paris, on anticipe un marché de l’emploi plus dynamique au niveau des structures petites ou intermédiaires type sociétés de gestion, établissements bancaires étrangers, sociétés de financement que dans les grands groupes bancaires français.

Valérie Barthès de Ruyter, Associée du cabinet CTPartners, en charge de la Practice Finance

En 2013, nous devrions voir un volume de recrutements externes toujours diminué dans le secteur bancaire par rapport à la dernière embellie de marché qui remonte à 2010/mi-2011. Tous nos clients bancaires vont continuer à privilégier la mobilité interne, sujet sur lequel ils sont de plus en plus proactifs et créatifs.

Dans la BFI, les métiers de marché resteront probablement encore sinistrés, et quand recrutement externe il y aura (car il y en a encore tout de même !), ils relèveront essentiellement de l’upgrading opportuniste ou du pure remplacement. Sans doute faut-il également mentionner que la grande majorité des emplois à pourvoir dans ce secteur au sein des banques françaises le sont plus que jamais à l’étranger. Sur les métiers du financement et du coverage, peu de mouvements sont à prévoir. Cependant, la focalisation actuelle des banques sur les besoins de leurs clients (modèle originate to distribute) entraîne la réorganisation des fonctions commerciales et génère des besoins nouveaux pour compléter leur maillage de clients ou d’expertises. C’est aussi vrai pour les sociétés de gestion d’actifs et les banques privées, pour lesquelles la collecte reste le nerf de la guerre. L’évolution des besoins des clients des banques, grandes entreprises et institutions financières en tête, amènent dans le même temps les établissements bancaires à s’adapter et aussi à innover que ce soit en matière de couverture de change ou de taux pour les uns ou qu’il s’agisse de travailler sur les contraintes nouvelles de gestion de liquidité et de bilan pour les autres. Or l’innovation suscite la création d’emplois à terme.

En attendant, les transformations en cours liées aux nouvelles contraintes réglementaires créent de vrais besoins sur les fonctions transversales liées au contrôle et aux risques, mais aussi sur les fonctions fonctionnelles comme l’informatique, deuxième centre de coûts après les salaires, et domaine sur lequel planchent aujourd’hui les banques, tout comme les asset managers et les assureurs. Enfin, ce contexte favorise également les divisions Financial Services des cabinets d’audit et de conseil, qui resteront en 2013 un débouché possible pour les banquiers.

Laurent Hürstel, Directeur associé de Robert Walters France

Depuis fin 2008, le découragement des cadres s’est progressivement renforcé. Or 2013 n’offre pas a priori de grandes promesses de changements sur le marché de l’emploi en finance. Les signaux donnés par le gouvernent aux employés en matière de pouvoir d’achat tout comme aux entreprises en matière de fiscalité ne sont pas positifs.  La sortie du tunnel est peut-être davantage pour fin 2013 et plus certainement pour 2014. Cependant, un rebond – plutôt qu’un véritable redémarrage – n’est pas exclu pour la seconde moitié de 2013. Car les besoins de recrutements vont forcément finir par se faire sentir dans un contexte de gel des embauches qui commence à peser sur la réserve de candidats en interne, de fuite des cerveaux, en particulier des jeunes beaucoup plus mobiles que leurs ainés, et de pression démographique liée au nombreux départs en retraite. Si bien que certains marchés connaissent déjà une pénurie d’experts comme les consolideurs dans les grands groupes ou les actuaires dans l’assurance.

Le secteur bancaire sera probablement un peu moins mal orienté cette année qu’en 2013. Les BFI auront encore peu de marge de manœuvre mais les réseaux, eux, continueront de recruter en raison du turnover important des jeunes embauchés ces dernières années, et ce malgré des amorces de fermetures d’agences.

Ailleurs dans l’industrie financière (private equity, gestion de fortune, banque d’affaires…), ce sont probablement les petites et moyennes structures qui tireront leur épingle du jeu cette année. On constate, par exemple, un regain des recrutements des acteurs du conseil avec 30 à 200 employés, qui gagnent des projets importants mais qui ne bénéficient pas du levier de la mobilité interne comme les grands cabinets.

Bruno Fadda, Directeur associé de Robert Half France en charge notamment de la division Finance & Comptabilité

Les fonctions financières, incontournables pour les entreprises, sont globalement moins impactées que les secteurs banque & assurance. Aussi, nous sommes même parvenus à enregistrer une croissance de nos affaires en 2012 dans notre division Finance & Comptabilité. Nous nous attendons à un marché relativement stable pour 2013, malgré un attentisme croissant de nos clients enregistré depuis septembre dernier.

La frilosité des grands groupes, qui se traduit par un gel des recrutements, peut être au moins en partie compensée par les recrutements des PME, qui ne peuvent pas avoir recours à la mobilité interne après des départs.

Les métiers phares de 2013 resteront le contrôle de gestion, la comptabilité, et le contrôle financier. Dans les PME, les responsables administratifs et financier (DAF de PME) seront toujours sollicités. Du côté des grands groupes, les consolideurs devraient tirer leur épingle du jeu. Si l’activité et les volumes de recrutements devraient être au rendez-vous, nous n’anticipons pas toutefois une évolution des salaires. Certains professionnels demeureront néanmoins en position favorable pour les négociations salariales à l’embauche. Il s’agit des responsables comptables maîtrisant l’anglais et un ERP comme SAP, et dotés de bonnes compétences managériales et de communication ou encore des contrôleurs de gestion avec des capacités de pilotage de la performance de l’activité et aussi à même d’identifier des actions de réductions de coûts et de les mettre en œuvre.

Béatrice Arras, Associée du cabinet Lincoln Associates, en charge du pôle Finance, Banque & Assurance

Les perspectives pour l’emploi en finance en 2013, telles que nous les percevons en ce début d’année, sont moyennes pour ne pas dire faibles. Nous sommes globalement plus optimistes pour le second semestre. Les BFI sont encore sous le coup de plans sociaux, et de nouvelles suppressions de postes sont à prévoir dans certains établissements français au premier trimestre. La banque de détail est plus préservée, nous anticipons en particulier un renforcement des fonctions marketing, où de vrais nouveaux besoins se dessinent notamment sur le marketing digital. La banque privée va connaître de grands changements cette année en raison de nouvelles orientations stratégiques et une internationalisation renforcée du business. Ces changements se traduiront par des restructurations, des délocalisations mais aussi des recrutements pour accompagner les mutations. Des besoins sur les systèmes d’information sont ainsi à prévoir. Sur la fonction de banquier privé, nous remarquons des recrutements croissants au Luxembourg et à Genève, notamment parmi les banques françaises.

Sur l’activité du conseil, une forte demande est à observer dans les structures ayant une spécialisation dans l’assurance pour répondre à la demande de leurs clients sur les problématiques liées aux contraintes réglementaires. Les métiers de l’actuariat, du risk management et du contrôle sont toujours recherchés.

Enfin, concernant la finance d’entreprise, nous nous attendons à une année très contrastée entre les PME qui exercent sur le marché français, affectée par la faible croissance nationale, et les groupes internationaux exposés aux marchés en croissance, pour lesquels l’investissement et les recrutements repartent progressivement, y compris dans les directions financières.

Fabien Stut, Directeur du cabinet Hays Paris

L’industrie financière sera toujours confrontée à un environnement difficile en 2013. Dans ce contexte, le secteur de l’assurance devrait continuer à résister de façon remarquable. L’émergence de nouveaux produits en termes de responsabilité ou d’assurance de biens créée de nouvelles opportunités d’emplois. Les profils les plus recherchés restent les postes à dominante commerciale. Ces recrutements devraient logiquement entraîner une relance des recrutements de gestionnaires et de techniciens, et à terme des postes d’encadrement.

Toujours affectés par la crise de la zone Euro, les emplois en banque de détail seront caractérisés par des recrutements recentrés sur les métiers commerciaux. Dans ce contexte, les rémunérations, si elles ne sont  pas  totalement gelées, devraient peu augmenter. Dans ces deux secteurs, le recours à l’intérim et aux CDD et une gestion interne des recrutements (gérés par mobilité interne ou directement par les RRH) seront favorisés.

Les embauches en Finance & Comptabilité devraient rester dynamiques en 2013, car les directions générales et financières continueront d’investir dans de la création de postes. Les métiers de la finance restent des fonctions à “enjeux” et représentent un investissement important pour maîtriser et développer l’économie de l’entreprise. Les métiers les plus porteurs concernent le contrôle de gestion mais aussi les métiers qui permettent de sécuriser les process et le cash: trésorerie, audit interne. On note une pénurie de profils sur les fonctions d’expertise (trésorerie, credit management, contrôle de gestion industriel…).

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