☰ Menu eFinancialCareers

Bilan 2008 : les secteurs en berne

On le sait, il est cruel d’enfoncer le clou. Mais, nous avons fait des efforts, en limitant notre sélection à cinq éléments. Une liste, non exhaustive donc, des métiers et secteurs où, décidément, il n’a pas fait bon être professionnel en 2008. À lire une fois pour toutes, avant de tourner la page de cette douloureuse année.

Introductions en Bourse

2008 restera certainement dans les mémoires des professionnels de la Bourse comme une année dramatique. En particulier le mois d’octobre qui voit la chute des Bourses s’accélérer après l’épisode Lehman Brothers. À Paris, le Cac 40 enchaîne les séances historiques : – 9,04 % le 6 octobre, – 6,31 % le 8, – 7,73 % le 10. Puis la crainte d’une récession fait passer le Cac 40 sous la barre des 3 000 points le 20 novembre. Depuis le début de l’année, la chute de l’indice parisien est toutefois impressionnante : – 42 % à la mi-décembre (Boursorama.com).
Impossible dans ces circonstances exceptionnelles d’envisager la moindre introduction en Bourse (Initial Public Offering, IPO, en anglais). Les projets d’opérations sont gelés, affectant sociétés de Bourse, banquiers d’affaires, commissaires aux comptes et autres avocats d’affaires. Conséquence : le nombre d’introductions en Bourse dans le monde a diminué de plus de la moitié au cours des onze premiers mois de l’année, selon une étude publiée par Ernst&Young (Le Figaro). Et ce notamment en raison de la baisse des levées de fonds dans les pays émergents. Au total, 745 entreprises ont été introduites, contre 1 790 l’an passé sur la même période.

Financements structurés

La chute du volume des opérations est d’autant plus spectaculaire que les deux années précédentes avaient connu un véritable boom dans ce secteur, qui a été pendant une dizaine d’années le faire-valoir des banques françaises. La titrisation, considérée il y a peu comme LE mode de financement le mieux adapté aux demandes des émetteurs et du marché, est désormais délaissée. De même que le leveraged finance, faute de liquidité sur les marchés. Toutes les activités de financements structurés ont souffert à l’exception des financements de projets d’infrastructure – partenariat public privé (transport) et d’énergie. En effet, les recrutements ont été très rares , témoigne Jérôme Hacquard, associé du cabinet de chasse Singer & Hamilton. En raison des pertes soudaines sur les produits structurés, qui ont eu un impact direct sur la stabilité financière des établissements bancaires, ces derniers ont décidé de limiter autant que possible le recours à ces méthodes sophistiquées.

Gestion d’actifs

Les professionnels de la gestion d’actifs ont traversé un véritable parcours du combattant cette année. En France, ce sont plus de 540 sociétés de gestion de portefeuille (soit 13 000 emplois) qui ont subi revers sur revers. Extrême volatilité des marchés, baisse spectaculaire des actifs, faillite de fonds, recherche effrénée de la liquidité et de sécurité, et l’apothéose de l’affaire Madoff… Décidément, rien ne leur a été épargné. Si les licenciements dans le secteur sont sans commune mesure avec ceux observés dans la banque d’investissement, certains acteurs n’ont toutefois pas hésité à faire ce choix, et cela assez tôt dans l’année, à l’instar de Fidelity, Aberdeen Asset Management, Credit Suisse ou encore UBS. D’autres ont préféré céder des filiales, c’est le cas récemment de Société Générale Asset Management, qui a vendu sa filiale londonienne de gestion d’actifs (SGAM UK) à GLG Partners, Inc. Parallèlement, le recrutement a été gelé dans de nombreuses structures. Seules les fonctions support, la gestion sur produits structurés et la gestion des risques ont su tirer leur épingle du jeu. Après cinq années de forte croissance ininterrompue de l’activité des sociétés de gestion, le Boston Consulting Groupe estime dans sa dernière étude que le développement dramatique de la crise ces dernières semaines va très significativement augmenter la pression sur les gestionnaires d’actifs, même sur les produits considérés comme sûrs tels que le marché monétaire .

Hedge funds

Début décembre, la société Hedge Fund Research pariait sur la disparition de 800 hedge funds dans le monde d’ici à la fin de l’année sur un total de 8 000, soit une baisse de 10 % du nombre d’acteurs, une partie d’entre eux ayant été victimes de la faillite de Lehman Brothers. Il est à noter que cette étude a été faite avant la découverte de la fraude Madoff, qui risque de provoquer la fermeture supplémentaire de fonds. L’industrie française des hedge funds a été inégalement touchée. Certains fonds ont été frappés de plein fouet par la crise à l’instar d’ADI, filiale de gestion alternative de la Matmut, qui a récemment dû fermer 5 fonds sur les 47 qu’elle gérait, alors que d’autres résistent voire continuent de recruter, c’est le cas de HDF et Capital Fund Management (CFM). En Suisse, le pays des hedge funds, la prudence a été également de mise. Pendant que MAN Group, leader de sa branche, a pu créer de nombreux emplois malgré la fonte des actifs sous gestion, GAM, la filiale de Julius Baer, et Jabre Capital Partners durent procéder à des licenciements. Quoi qu’il en soit, les prochains mois s’annoncent difficiles pour les professionnels du secteur. Selon une récente étude de Citigroup, les fonds gérés dans le monde devraient passer de 2 000 milliards à 1 000 milliards d’ici à la mi-2009.

Bonus en banque d’investissement

Difficile pour les banques et autres établissements financiers de ne pas traduire la chute des résultats de cette année dans les bonus des professionnels. D’après les différentes études menées sur le sujet, les bonus attribués début 2009 au titre de l’année 2008 risquent d’atteindre des abysses. Selon la dernière étude eFinancialCareers.fr, 40 % des financiers interrogés s’attendaient à une baisse de leur bonus. Ils étaient 19 % à la Société Générale et 20 % à la BNP à anticiper zéro bonus. Et pour cause, BNP Paribas pourrait réduire jusqu’à 70 % l’enveloppe de ses bonus, selon Bloomberg qui s’est procuré une note interne. Même les meilleurs éléments pourraient être affectés , était-il précisé dans la note signée par Jacques d’Estais, patron de la BFI. À Londres, une étude du cabinet de recrutement Armstrong indiquait que les trois quarts des banquiers allaient devoir subir une baisse de 50 à 70 % de leur bonus. Depuis mi-novembre, les banques se sont succédé pour annoncer un gel ou une réduction drastique des bonus. C’est UBS qui a été le plus loin en la matière en annonçant l’introduction d’un système de bonus-malus. Quant à Goldman Sachs, qui a enregistré en fin d’année les premières pertes de son histoire, elle réduirait ses bonus de 80 %, une proportion comparable à celle de Morgan Stanley, qui va les réduire de 75 %. Enfin, la partie versée en liquide de ces primes serait plafonnée à 400 000 dollars, le reste étant payé en actions du groupe et en options.

commentaires (0)

Comments

Votre commentaire est en attente de modération. Il apparaîtra sur le site une fois validé

Réagissez

Pseudo

Adresse e-mail

Consultez notre règlement concernant notre communauté ici