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Suite et fin de la polémique sur les rémunérations des actuaires

Les études de rémunération ne sont pas des documents consensuels. Une nouvelle preuve en a été apportée le mois dernier avec la publication d’un article sur les jobs en or vus par le cabinet Robert Half. Parmi eux, l’actuaire dont les rémunérations données par le cabinet de recrutement ont fait bondir quelques lecteurs, ces derniers les jugeant largement surestimées.

Petit rappel des données en questions :

· 3 à 5 ans = 50.000 – 90.000 €

· 7 à 15 ans = 90.000 – 150.000 € (+ variable = 11.000 – 35.000 €)

Robert Half, que nous avons recontacté entre-temps, insiste sur le fait que ces rémunérations représentent une fourchette des salaires fixes des candidats reçus en entretien et, pour certains d’entre eux, placés chez leurs clients.

Inflation sur le haut de la fourchette

Surtout, retenons que les évolutions liées aux exigences de Solvency II placent les actuaires et la modélisation au cceur du pilotage des compagnies d’assurance. Par conséquent, nous constatons une poussée inflationniste des salaires en haut de la fourchette d’une poignée de professionnels, à savoir des managers impliqués dans des projets stratégiques, qui ont aussi régulièrement changé d’employeur ces dernières années, et sont dotés de compétences en ALM (gestion actif-passif), précise Sidonie Couture, senior manager de la division Banque & Assurance de Robert Half International France.

Dans le premier numéro de L’actuariel, mi-juin, cité par l’Institut des actuaires, Christine Lagarde, alors ministre de l’Economie, des Finances et de l’Industrie déclarait ceci : En plaçant la gestion des risques au cceur de la conduite des affaires, la directive Solvabilité II positionne les actuaires au centre du jeu.

Sur cette tendance, tout le monde s’entend. Denis Marcadet, président fondateur du cabinet de chasse Vendôme Associés, témoigne également d’une revalorisation des rémunérations des actuaires depuis 3 ans. Cependant, il juge les rémunérations fixes données par Robert Half plutôt élevées.

La moyenne n’est pas la médiane

Voilà les amendements qu’il suggère : pour la tranche 3 à 5 ans d’expérience, il place la rémunération maximum à 80k€ et non 90k€. Quant aux professionnels dotés de 7 à 15 ans d’expérience, les deux extrémités de la fourchette sont correctes, mais précisons que la médiane se situe autour de 110/120 k€, selon s’ils ont connu plusieurs employeurs ou pas.

Un autre consultant, lui aussi plutôt sur la même longueur d’ondes que Robert Half, suggère, sous couvert d’anonymat, que les actuaires ne sont pas les candidats les plus mobiles qu’ils soient. Aussi il est logique que ceux en poste dans la même entreprise depuis des années aient des salaires en total décalage avec le haut de la fourchette.

Aussi il ajoute ceci : Les actuaires sont certes des personnes douées pour les mathématiques mais ce sont des jobs où l’on n’est pas constamment sous pression, on dort la nuit et les heures sup’ le week-end sont rares, commente-t-il.

125k euros de fixe, un maximum

Jean-Paul Brette, General Manager Banque, Finance & Assurance du cabinet Hudson confirme que les responsabilités des actuaires n’englobent que très rarement la stratégie, le management et l’atteinte d’objectifs quantitatifs. Concrètement, pour lui, la première tranche (3-5ans) se situe entre 50 et 65k€ et la seconde (7-15 ans) entre 70 et 125k€. Le haut de cette fourchette ne concerne d’ailleurs pas le secteur de l’assurance mais les actuaires employés par des grands cabinets de conseil type Big 4, par les BFI et les asset managers.

Si l’on prend en compte uniquement les acteurs directs de l’assurance, la médiane des salaires fixes (hors bonus individuel comme collectif) des actuaires avec 8-9 ans d’expérience se situe à 75k€. Celle des professionnels avec 14-15 ans d’expérience atteint les 85k€, explique ce consultant.

À cela, il faut ajouter une part variable individuelle. Selon ses observations du marché, pour plus de la moitié des actuaires, elle est comprise entre 0 et 10% du fixe, pour un quart d’entre eux, elle représente entre 10 et 25% du fixe, et seulement pour 15% environ des actuaires elle dépasse 25% du fixe.

commentaires (2)

Comments
  1. Merci pour ces éclaircissements car effectivement les “maximum communs” et les fourchettes très larges peuvent prêter à confusion…

  2. Ces chiffres me semblent assez bidon, tous les actuaires ne font pas du solva, alors je veux bien croire qu’une petite poignée émarge à des niveaux élevés

    pour ma part je dirai que le gros des 3-5ans sont dans une fouchette 45-75k et les 7-15ans dans une fourchette 50-125k

    quoi qu’il en soit, la rémunération des actuaires est trop élevé par rapport à leur niveau réel de compétences, si on compare au salaire de l’ingénieur lambda dans d’autres domaines plus techniques

    il s’agit d’une loi de l’offre et de la demande. Le numerus clausus défendu par l’institut des actuaires permet de maintenir une pression élevée sur les salaires, et il y a également un phénomène d’entre-soi.

    Personnellement je ne comprends pas cette propension des employeurs à préférer des mauvais actuaires à de bons universitaires. Certes il y a sans doute également de bons actuaires, mais le différentiel de niveau avec des formations universitaires équivalente est sans rapport avec le différentiel de salaires.

    Les types qui sortent de la fac sont en général plus bosseurs et motivés, et ont également un meilleur niveau en informatique. Beaucoup d’actuaires sont des gros débutants en bureautique de base… Bref vous devinez de quel côté je me situe.

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