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Quand les grandes écoles s’attaquent aux dérives des étudiants en finance

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Bizutage, drogue, alcool, prostitution : les campus des grandes écoles ne sont pas à l’abri des turpitudes ! Les acteurs de léducation en sont bien conscients : ce mois-ci, le Bureau national des élèves ingénieurs (BNEI), la Conférence des Directeurs des écoles françaises d’ingénieurs (CDEFI), la Conférence des grandes écoles (CGE) et le Bureau national des élèves en écoles de commerce (BNEC) ont présenté une nouvelle démarche prévention dédiée aux écoles d’ingénieurs, de commerce et de management. Les quatre signataires réaffirment ainsi à travers une charte commune leur volonté d’agir de façon concertée en faveur d’une lutte efficace contre les usages et comportements à risques liés aux activités festives et aux conduites addictives. Ils plaident en faveur d’une meilleure hygiène de vie des étudiants et de l’interdiction du bizutage au profit de l’organisation responsable d’événements étudiants.

Ce dernier point concerne tout particulièrement les étudiants en finance, les grandes écoles étant les établissements les plus touchés par le bizutage, selon le Comité national contre le bizutage (CNCB). Ceux-ci exercent encore la tradition des week-ends d’intégration dans lesquels alcool, drogue et même strip-tease intégral sont les maîtres mots. « Il y a énormément d’établissements d’enseignement supérieur qui ont pris leurs responsabilités […] mais même si le phénomène régresse, il reste encore bien présent dans certains établissements », constate Marie-France Henry, présidente du CNCB (Le Figaro.fr). Ainsi, en novembre 2011, trois étudiants ont été exclus de l’université Paris Dauphine pour des faits de bizutage qui leur avaient déjà valu une mise en examen. Le Code pénal français punit en effet les actes de bizutage de six mois de prison et 7 500 euros d’amende.

Niveau alcool, le constat n’est guère plus reluisant. « Après avoir passé plusieurs années en école de commerce, j’ai vu des étudiants boire seuls chez eux, boire le matin “pour le fun” et j’ai vu des étudiants méconnaissables entre leur première et leur troisième année. Pendant mes années d’école, j’ai rencontré des étudiants qui sont arrivés la tête pleine de projets, avec l’intention de créer une association, de lancer leur autoentreprise, etc. Au final leur année s’est résumée à ça : “Je bois quand je fais la fête”, “Je fais la fête 4-5 fois par semaine” et enfin “Je bois chaque jour” », témoigne Pierre-Gaël (ecoles2commerce). Selon lui, il ne s’agit pas d’arrêter de faire la fête ou de boire. Juste de ne pas faire n’importe quoi. Vous avez passé plusieurs années à préparer vos concours pour intégrer une école et vous assurer un futur confortable, ne gâchez pas tout en arrivant en école.

Des travers propres aux business schools ?

« Je suis diplômé d’école de commerce (peu importe, elles sont pareilles). Je suis adjoint sales en commodities à SGCIB et je gagne 60 k€ + la même chose en bonus. Voilà j’ai payé mon école, j’y ai rien appris et c’était cuite et partouze quotidiennement »reconnaît un ancien étudiant. « Selon moi, le monde des écoles de commerce est un milieu où le mimétisme est encore plus puissant qu’ailleurs », ajoute un autre. Mais tout le monde ne partage pas le même avis : « Il ne faut pas aussi perdre de vue que le phénomène n’est pas exclusif aux écoles de commerce. Si les écoles savent utiliser les médias pour faire parler d’elles, les médias ont également décidé d’en faire leurs boucs émissaires. Au lieu de regarder le fond du problème, on se contente donc de taper sur les écoles de commerce… », déplore l’un d’entre eux.

Quoi qu’il en soit, il n’est pas toujours facile pour les étudiants en finance de jouer la carte de la sobriété sachant que les professionnels du secteur eux-mêmes ne donnent pas toujours l’exemple. Et cela dépasse largement les frontières de l’Hexagone. Dans son livre Pourquoi j’ai quitté Goldman, Greg Smith ne mâche pas ses mots : « L’alcool occupait une place de choix dans la culture de l’entreprise, comme à Wall Street en général […] J’ai vu de très hauts dirigeants de la banque se ridiculiser, ivres au point de pourvoir à peine articuler une phrase et le lendemain au bureau, faire comme si de rien n’était ».

Enfin, au vu des frais de scolarité élevés que pratiquent certaines business schools, on peut se demander si certains étudiant(e)s ne seraient pas tenté(e)s de tarifer leurs charmes. Le phénomène est cependant difficilement mesurable, la majorité des annonces se faisant par Internet. Et beaucoup d’étudiantes qui y ont recours ne se déclarent pas comme prostituées mais plutôt comme hôtesses ou escort girls. Cependant, Jean-Sébastien Mallet, expert européen sur les questions de prostitution, affirme que « le nombre des jeunes de 18 à 25 ans se prostituant serait de l’ordre de 7 000 à 10 000, sur une base de 5 millions de jeunes appartenant à cette tranche d’âge ». De bien chères études…

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