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Les aspirations des jeunes diplômés et les offres des banques ne se rencontrent pas toujours, ce qui peut créer de la frustration des deux côtés !

C’est à l’occasion d’un colloque sur les métiers cadres de la banque organisé cette semaine par l’Observatoire des métiers de la banque que Nadège Vezinat, sociologue au Centre d’études de l’emploi, a présenté les premiers résultats d’une étude collective et issue d’un partenariat avec l’APEC sur les parcours scolaires et professionnels d’étudiants en Master 2 Gestion de Patrimoine et Gestion de portefeuille réalisés en alternance. « Les étudiants en Master 2 Banque ne mettent pas en œuvre les mêmes stratégies pour s’insérer dans le monde professionnel », explique t-elle.

A partir d’analyses des dossiers de recrutement (qui postule, qui est embauché), l’étude constate qu’à l’issue de leur alternance, les étudiants en Master Gestion de patrimoine se voient le plus souvent proposer des CDI, mais ces derniers peuvent parfois être déqualifiés : les jeunes diplômés se voient ainsi par exemple proposer des postes de conseiller bonne gamme plutôt que de conseiller en gestion de patrimoine (CGP). Les étudiants en Master Gestion de portefeuille n’ont quant à eux peu que très peu de chances de décrocher un CDI à l’issue de leur formation du fait des nombreuses restructurations et licenciements qui affectent actuellement le secteur.

Repousser l’entrée dans la vie active

Dans ces conditions, guère étonnant que les étudiants en Master 2 Banque fassent le choix de repousser leur entrée dans la vie active. Certains choisissent de se spécialiser sur une niche de métier, d’autres de partir à l’étranger via un stage ou un VIE. D’autres encore préfèrent poursuivre leurs études et décrocher un autre diplôme (en expertise comptable par exemple). « Multiplier les formations, les diplômes, les stages, l’expérience, le réseau, le carnet d’adresses : cela rassure ! », explique Nadège Vezinat.

Mais si multiplier les diplômes permet de ne pas s’engager trop tôt dans la vie active, cela ne constitue en rien une assurance de trouver un meilleur job. « Les aspirations des jeunes diplômés et les offres des banques ne se rencontrent pas toujours, ce qui peut créer de la frustration des deux côtés », poursuit Nadège Vezinat. C’est encore plus vrai en ce qui concerne les salaires du fait que les étudiants ne peuvent s’empêcher de se comparer avec les autres élèves de leur promotion et raisonnent ainsi de plus en plus en kilo euros. Les salaires qui leur ont été annoncé dans les classements écoles ne correspondant pas toujours à la réalité, nombreux sont les étudiants qui préfèrent refuser le job proposé plutôt que d’avoir l’impression d’être sous-payé et subir une sensation de dévalorisation.

Ce qui, de l’avis de bon nombre de recruteurs en finance, est plutôt une erreur. « Les candidatures étant abondantes et les budgets serrés, les jeunes diplômés en finance doivent faire davantage preuve de souplesse dans leurs attentes salariales, rappelle Alain Mlanao, directeur général de Walters People. En d’autres termes, ils doivent accepter de revoir à la baisse la rémunération qu’on leur a fait miroiter à la sortie de leurs études, du moins dans un premier temps. Il faut qu’ils gardent en tête que cette première expérience leur permettra de mieux jauger ce qu’ils valent et veulent vraiment ».

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