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Qui est Gaël de Boissard, le nouveau co-directeur de la banque d’investissement de Credit Suisse, et à la tête de plus de 20.000 employés ?

Gael de Boissard

Une fois n’est pas coutume, un Français est parvenu à se hisser à la tête d’une banque d’investissement européenne. Onze ans après son arrivée chez Credit Suisse, Gaël de Boissard, 45 ans, vient d’être nommé co-responsable de la division banque d’investissement, autrement dit à la tête d’une équipe de 20.600 personnes (42% des effectifs). Dans le cadre de la réorganisation annoncée hier, il sera également seul à la tête de cette division pour la région EMEA. Enfin, signe d’une reconnaissance absolue de ses dirigeants, il est élevé au rang de membre du Directoire de la banque.

Formé chez JP Morgan

Gaël de Boissard a grandi dans les métiers du Fixed Income, qu’il dirigeait jusque-là chez Credit Suisse et qu’il continuera d’ailleurs de diriger, en sus de ses nouvelles fonctions. Ce diplômé de l’Ecole Polytechnique (et accessoirement doté d’un diplôme de Russe de l’Université de Volgograd) a été à bonne école : il a débuté sa carrière chez JP Morgan à Paris en 1990 sur différents postes de trader (sur produits obligataires, exotiques, swaps et sur compte propre).

Son mentor et premier manager, Pierre Lenders, qui dirigeait jusqu’en septembre dernier Rothschild HDF Investment Solutions, a donné à son dauphin – ancien X comme lui – la responsabilité du desk options 5 mois seulement après qu’il ait rejoint la banque américaine.

Gaël de Boissard fait partie de cette génération de traders sur les marchés obligataires qui ont développé leur savoir-faire chez JP Morgan au début et milieu des années 90 avant – pour un bon nombre d’entre eux – de lancer leur propre hedge funds. Gaël de Boissard, lui, reste. Et à 30 ans, en 1997, il prend la tête de la division Fixed Income de JP Morgan pour l’Europe.

Expert FICC, activités qui feront (ou pas) la différence chez Credit Suisse

Après le rapprochement avec Chase en 2000, il supervise l’intégration des équipes de vente des deux établissements en Europe. L’année suivante, il rejoint Credit Suisse First Boston où il prend la tête des activités sur les produits de taux pour l’Europe et l’Asie, avant d’être nommé co-responsable de ce business. Il se retrouve ainsi à diriger des activités FICC, objet de toutes les attentions depuis les nouvelles obligations réglementaires imposées dans le cadre de Bale III.

Aujourd’hui, les activités FICC représentent pour les banques un sujet très délicat. Elles sont à la fois génératrices d’importants revenus (chez Credit Suisse comme dans de nombreuses autres banques d’investissement, FICC est l’activité qui a généré le plus de revenus avec 5 milliards de dollars sur les neuf premiers mois de 2012). Ces activités sont néanmoins grandes consommatrices de fonds propres à l’heure où la réglementation impose des contraintes drastiques en matière de bilan.

Aussi, certaines banques comme UBS font le choix de se retirer de ces activités. Ce n’est manifestement pas le cas de Credit Suisse, qui figure parmi les 6 grandes banques à se partager 60% des parts de marché dans cette activité.

Un lobbyiste avec une vision

Une forte expertise dans un secteur clé pour la banque a certainement aidé Gaël de Boissard à rejoindre hier le Directoire de Credit Suisse. Son implication également en tant que membre de l’association for Financial Markets in Europe, un lobby qui travaille sur la réglementation financière aux côtés des politiques, a probablement joué également en sa faveur.

Cependant, Gaël de Boissard a encore beaucoup à prouver. Les marchés ont taclé hier Credit Suisse, peu convaincus de sa nouvelle organisation. Le Français aura certainement des décisions difficiles à prendre. La banque ne s’est d’ailleurs pas cachée lors de l’annonce de ses derniers résultats trimestriels de la nécessité de nouvelles mesures d’économies. Annonce particulièrement appréciée cette fois par les investisseurs. Ce que ces derniers apprécient avant tout aujourd’hui, c’est une feuille de route claire pour l’avenir.  Si ce n’est un plan détaillé, Gaël de Boissard porte pour le moins une vision.

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