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Une nouvelle illustration de l’arrogance des banquiers français ?

French managerial style leaves something to be desired

French managerial style leaves something to be desired

Encore une histoire qui ne va pas redorer l’image des banquiers français à l’étranger. La semaine passée, nous vous avions glissé dans une de nos nouvelles revues de presse quotidiennes le lien d’un article du Times, qui relayait l’histoire d’Olivier DesBarres, à la tête de l’activité FX strategy chez Barclays en Asie, pris en flagrant délit par des video caméras près de chez lui en train de s’en prendre méchamment à des ouvriers du bâtiment. Le banquier a été gentiment remercié par son employeur après que la vidéo ait fait le tour des réseaux sociaux. Même en France, Rue 89 s’en ait fait récemment l’écho.

Ce malheureux incident vient allonger la liste de cette « Banking French connection » sans tact dont l’arrogance a coûté le poste voire la carrière. Rappelez-vous de Fabrice Tourre alias « Fabuleux Fab », cet ex-Goldman Sachs poursuivi en 2010 par le gendarme des marchés américain, la SEC, sur la base de quelques emails dégoulinant de vanité. Ou encore, plus près de nous, Romain Camus qui avait perdu son emploi chez Deutsche Bank à Londres après avoir agité un billet de 10 livres sterling devant des infermières et médecins du NHS en grève.

Bref, les histoires de banquiers français qui dérapent – le plus souvent lorsqu’ils n’exercent pas en France  – sont devenues un marronnier. Cette réputation d’arrogance est-elle pour autant justifiée ?

Le milieu financier est arrogant, pas les Français ?

« Ce sont des cas isolés mais compte tenu de notre réputation, on se plait à médiatiser ces histoires, en France parce que l’on aime dénigrer la réussite et les banquiers, en Angleterre car nos voisins adorent nous charrier », commente Bruno Sahok, administrateur du club des Jeunes Financiers. Pour ce consultant MOA / Gestion de projet en banque d’investissement, l’arrogance est une caractéristique presque constitutive des salles de marchés, et les anglo-saxons n’y font pas exception. « Pourtant, on va taxer les Français d’arrogants alors que l’on qualifie, pour le même type de comportements, des Américains de fonceurs ! », s’étonne-t-il.

La plupart des chasseurs parisiens interrogés parlent d’un « épiphénomène » et assurent que les Français sont appréciés et reconnus par leurs pairs à l’étranger. Ils ne sont pas, en outre, à court d’anecdotes sur les Anglo-saxons en général et les Britanniques en particulier, jugés « très chaleureux au pub et froids comme des poissons au bureau »…

Pourtant même François Hollande a rappelé en mars dernier dans une interview au magazine allemand Der Spiegel que « nous [devions] faire attention à ne pas être trop arrogants, ce qui est une tendance que les Français peuvent parfois avoir ».

« Dans la finance, c’est une évidence », avait enfoncé le clou une majorité des financiers interrogés sur notre site à ce sujet.

Un avis que partage également Odile Couvert fondatrice et managing partner du cabinet de chasse spécialisé Amadeo Executive Search à Paris. Elle assure rencontrer régulièrement « l’arrogance à la française » depuis 20 ans qu’elle pratique son métier.  Une image qui n’est pas forcément péjorative de la part des Anglo-Saxons, assure-t-elle car cela traduit aussi une « grande confiance en soi, de fortes convictions et une capacité à dire non ».

Pour ces raisons, et « en plus d’être considérés comme de bons techniciens grâce à leur solide formation, les Français ont la réputation d’être d’excellents vendeurs, tout comme les Italiens caricaturés en tchatcheurs. Cependant dans un contexte international, les financiers français peinent parfois à convaincre pour des postes de management du fait de ce petit complexe de supériorité, qui dénote en réalité un empressement à faire reconnaître ses compétences », nuance-t-elle.

L’explication est peut-être à rechercher dans notre système éducatif élitiste ultra-compétitif dans lequel les concours aux grandes écoles de commerce et d’ingénieurs mettent souvent à mal le travail collégial, si prégnant tout au long de l’éducation des anglo-saxons.

La préparation au concours ou comment réussir en écrasant l’autre. Ce moule déteint-il ensuite sur nos comportements au travail ? Rassurez-vous, cela n’a  rien de pathologique, le banquier ne figure pas parmi les 10 métiers où l’on recense le plus de psychopathes (le vendeur, si !) (Newsring).

Quoique…L’arrogance du banquier (poussée à son extrême) a inspiré le réalisateur Costa-Gavras, sur les grands écrans cet après-midi. Le Capital, tiré du roman éponyme de Stéphane Osmont, montre un Gad Elmaleh (alias Marc Tourneuil), cadre sans scrupules propulsé à la tête d’une banque d’affaires suite à un cancer des testicules du PDG qu’il servait jusque là.

Costa Gavras a beaucoup consulté des banquiers pendant la préparation du film.   Ces « témoins » auraient d’ailleurs tenu à assurer la figuration dans la scène de clôture du film, selon La Nouvelle République. Leur mission ? Applaudir à la conclusion du discours de Marc Tourneuil, sur le thème : « Nous sommes des Robins des Bois ! Nous allons prendre aux pauvres pour donner aux riches ! ». Après tout, l’arrogance ne tue pas.

[youtube=https://www.youtube.com/watch?v=mJuyusrcMhk]

 

commentaires (1)

Comments
  1. Il en reste encore des financiers français dans le monde?…

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