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Combien vaut un banquier privé avec cinq ans d’expérience ?

Dans les années 70, le premier ministre britannique Harold Wilson les avait appelés les “gnomes de Zurich”. Les britanniques des classes moyennes leur confiaient alors leurs économies durement (ou malhonnêtement) gagnées pour échapper aux taux d’imposition prohibitifs décidés par le gouvernement travailliste.

30 ans plus tard, le monde des banques privées a bien changé : bien que la Suisse compte encore plus de 450 banques dont le seul métier est la gestion privée – Bâle et Zurich restant des places incontournables pour l’évasion fiscale avec le Liechtenstein et l’Andorre – le gros de l’activité s’est déplacé.

Les grands établissements britanniques et américains, les établissements spécialisés comme Pictet ou Julius Baer et de petits établissements sont en concurrence pour gérer l’argent des particuliers les plus riches.

Pour Harry Pilkington d’Armstrong International “Le secteur a radicalement changé ces dernières années. Autrefois les banques veillaient sur l’argent, la sécurité était alors leur première préoccupation; aujourd’hui elles cherchent à maximiser les performances, les clients sont de plus en plus exigeants avec leurs banquiers. Le marché est très compétitif et évolue très vite”.

La remontée des indices boursiers, au plus bas il y a encore un an, ne fait que renforcer le mouvement, en favorisant l’emploi dans le secteur et en améliorant les perspectives de profits. Si l’on en croit Christopher Sulger-Buel de Sulger-Buel & Co, les banquiers privés dignes de ce nom se portent très bien, merci.

D’après Pilkington le marché est de plus en plus segmenté entre ceux qui se focalisent sur la relation clientèle et ceux qui se concentrent sur les produits – et cherchent à investir l’argent de leurs clients dans des produits innovants tels que les hedge funds et les dérivés, pour leur offrir de meilleurs rendements que la concurrence.

“Mais ces équipes sont toutes aussi importantes les unes que les autres. Le fait est qu’aujourd’hui il est impossible de tout faire et de tout savoir compte tenu de la variété des demandes et de la variété des produits disponibles”, explique-t-il. En dépit des apparences qui laissent à penser que rien n’a changé, on constate l’impact de ces évolutions jusqu’en Suisse, où même les petites banques traditionnelles familiales connaissent leurs limites.

“Un banquier privé c’est comme un médecin de famille; il sait où trouver les meilleurs spécialistes et sait comment les mettre à profit ” dit-il.

Et comment cela se traduit-il en terme de rémunération ? Il est impossible de généraliser tant l’éventail des salaires et des bonus est grand dans les banques privés explique Pilkington. Un junior peut gagner aux alentours de 75 000 € de salaire annuel dans un établissement suisse tandis qu’un gestionnaire ayant au moins cinq ans d’expérience qui travaille pour une entreprise comme Merrill Lynch peut gagner en tout 2 à 3 millions d’euros par an.

Ceux qui gagnent le plus sont ceux qui maîtrisent le mieux les produits et qui comprennent le mieux les besoins de leurs clients d’après Sulger-Buel. “Un très bon banquier c’est quelqu’un qui a bien jaugé l’aversion au risque de son client et qui est capable d’adapter en conséquence ses besoins aux produits disponibles sur le marché” dit il.

Un banquier ayant entre 5 et 7 ans d’expérience peut gagner de 125 à 180K€ en salaire et de 25% à 35% en bonus. Les banques d’investissement américaines ont tendance à offrir des bonus plus importants tandis que les établissements basés à Londres, où les conditions de travail sont plus stables, sont plutôt plus modestes.

Il souligne toutefois que les plus petits établissements ne sous-paient pas. Cela dit le banquier reçoit une partie de sa rémunération sous forme de parts dans la société ou selon un schéma comparable.

Et quelles sont les perspectives? Pour Sulger-Buel le maintien de la confiance est déterminant : tant que les marchés financiers se portent bien, les perspectives pour les banquiers privés restent excellentes.


Chiffres et commentaires de Sulger Buel & Co et d’Armstrong International

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