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OPINION : « Panorama du recrutement des métiers en banque d’investissement : un retour aux sources »

amaury-la-claviere

Confrontées à un contexte économique mondial chahuté ainsi qu’à une perte de confiance vis-à-vis des institutions financières, les banques d’investissement ont du prendre des mesures fortes (plans de sauvegarde de l’emploi, recentrage sur leur core business). Cette conjoncture, marquée notamment par des marchés sanctionnant la moindre annonce, a eu pour effet de geler ou de temporiser les décisions liées aux recrutements.

Les recrutements au sein des banques d’investissement ont ainsi été caractérisés ces derniers mois par des reclassements massifs en interne sur les lignes de métiers front et par des postes laissés vacants ou supprimés (Société Générale, Crédit Agricole, …).

Les lignes de métiers support/transverses (risques de marché et risques de crédits) ont, quant à elles, tiré leur épingle du jeu en consolidant leurs équipes, tout comme les métiers du corporate banking. En parallèle, les fonds d’investissement et les « boutiques » ont manifesté leur volonté d’intégrer des profils techniques et autonomes. Sans oublier le secteur de l’Asset Management qui a vu quelques mouvements s’effectuer.

Le développement du « corporate banking »

Amorcée à la fin de l’année 2011 et confirmée au premier semestre 2012, une tendance s’est nettement détachée au sein de l’activité de la Banque d’investissement : le déploiement des banques de la zone Asie Pacifique sur le territoire européen et notamment en France. Le retour de ces puissantes institutions financières se traduit par la volonté de recruter des experts en coporate banking avec l’ouverture ou la consolidation de succursales. Les besoins se concentrent sur les managing directors et les seniors bankers, mais aussi sur des analystes confirmés ayant développé une forte technicité.

Ces institutions financières proposent des projets attractifs. Les collaborateurs sont associés au déploiement d’une marque dans un environnement à taille humaine, tout en bénéficiant de la solidité financière de groupes dont l’envergure internationale est un gage de pérennité. Enfin, ces institutions ont tendance à être sur le haut du marché concernant les rémunérations proposées.

Fonds d’investissement et « boutiques » : des recrutements opportunistes

Dans un environnement voué à se consolider et à connaître des projets de réformes fiscales, les fonds d’investissement restent actifs. Si un certain nombre d’acteurs traversent une période difficile, d’autres travaillent sur des projets de levée de nouveaux fonds. Ces structures sont en veille de candidats calibrés, techniques et autonomes, souvent formés au sein de structures étrangères, ou ayant fait un passage au sein de corporate, tels que des chargés d’affaires et des directeurs d’investissement capables de s’inscrire parfaitement dans leur stratégie.

L’activité des « boutiques » est, de son côté, portée par le segment dynamique du « mid cap », bien que concurrencée par certains acteurs du « large cap » s’intéressant à des tailles de transactions délaissés avant la crise. Malgré la conjoncture, le flux d’opérations n’en est pas moins conséquent, nécessitant des équipes réactives et fiables sur les process d’origination. Les transactions prennent toutefois du temps pour aboutir. Marquées par un turnover de leurs équipes, ces structures indépendantes doivent régulièrement rechercher de nouveaux candidats sur des postes d’associés et de vice-présidents.

Asset management : un secteur en mutation

Depuis la fin de l’année 2011, le secteur de l’Asset Management a été confronté à une période délicate (forte baisse de la collecte, manque de visibilité). Les asset managers ont péniblement maintenu leurs performances. Or, les banques n’hésitent plus à licencier si la performance individuelle est jugée insuffisante.

Le secteur va devoir s’adapter à un contexte réglementaire exigeant plus de transparence et de communication. Ces fortes incertitudes n’empêchent cependant pas les gérants de changer de maisons. Le premier semestre 2012 a ainsi vu quelques transferts s’effectuer, notamment au sein de boutiques.

En conclusion, malgré une conjoncture qui pousse à l’attentisme, les volumes de recrutement se sont maintenus à un niveau honorable dans l’activité de la Banque d’Investissement. Le premier semestre ayant apporté son lot d’incertitudes, Robert Walters attend un maintien du niveau de recrutement voire une légère accélération au cours des prochains mois, tant sur le haut de bilan que sur les fonctions transverses.

Amaury La Clavière est Manager de la Division Banque d’Investissement du cabinet Robert Walters.

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