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La BPI a sa tête mais pas encore de corps

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Alors qu’Anne Lauvergeon, l’ex-patronne d’Areva, semblait favorite ces derniers jours pour prendre la direction générale de la Banque publique d’investissement (BPI), c’est finalement le numéro deux du groupe français Capgemini Nicolas Dufourcq qui vient d’être nommé à la tête de la nouvelle structure en charge de financer les petites et moyennes entreprises et sociétés de taille intermédiaire prometteuses.

Le binôme Nicolas Dufourcq et Jean-Pierre Jouyet

Cette nomination devra cependant être entérinée qu’après la création officielle de la BPI et l’avis de commissions parlementaires. En attendant, Nicolas Dufourcq est sollicité pour « préparer la préfiguration de cette direction générale », a expliqué le Premier ministre Jean-Marc Ayrault.

Comme prévu, le directeur général de la Caisse des dépôts Jean-Pierre Jouyet présidera le nouvel ensemble, doté d’une force de frappe de plus de 40 milliards d’euros au total. Elle pourra également se refinancer sur les marchés.

La BPI regroupera les activités d’Oséo, actuelle banque publique de financement des PME et de l’innovation, du Fonds stratégique d’investissement (FSI) qui prend des participations dans des entreprises françaises stratégiques, de CDC Entreprises, filiale de la Caisse des dépôts, ainsi que du réseau Ubifrance (soutien à l’exportation dans les régions). La BPI serait détenue à parts égales par l’Etat et la Caisse des dépôts.

Et c’est à peu près tout ce que l’on sait de la nouvelle structure à ce jour. Quid de l’emploi ?

Les salariés des différentes entités citées plus haut – au total un peu moins de 2.000 personnes – devront apprendre à travailler ensemble, chapeautés par la même direction. Il faudra certainement attendre les résultats d’une mission d’audit et la définition de la stratégie pour y voir plus clair.

Des doublons et des recrutements ciblés anticipés

Pour l’heure, « il y a forcément des inquiétudes liées au nouveau schéma décisionnel. La construction de ce projet ne s’est pas faite dans la transparence et chez Oséo, nous n’avons pas été beaucoup consultés », explique Jean-Marc Lucchese, élu au comité d’entreprise d’Oséo et président de la section SNB-CGE au sein de l’entreprise.

En outre, pour les syndicats, il faut s’attendre à des doublons, notamment sur les postes administratifs et de direction. Cependant, il est probable que, dans le même temps, la BPI ait besoin de recruter sur « des compétences spécifiques, notamment sur l’économie sociale et solidaire », qui semble être un métier appelé à se développer au sein de la nouvelle entité, anticipe Jean-Marc Lucchese.

En attendant, FSI et Oséo semblent toujours recruter

Le FSI n’a pas attendu la création de la BPI pour se renforcer. Le fonds stratégique d’investissement, qui comptait 62 salariés fin 2011 dont 13 directeurs d’investissements, aurait depuis juin embauché six nouveaux directeurs d’investissements et quatre coordinateurs, selon Les Echos.

De son côté, Oséo comptait près de 1.700 emplois équivalents temps plein (ETP) fin 2011. Elle a recruté une centaine de personnes en CDI l’an passé. Sur son site, 5 annonces d’emplois ont été postés depuis le 20 septembre, notamment des postes  d’analyste et de responsable capital économique.

Enfin, CDC Entreprises compte un peu plus d’une centaine d’employés, un chiffre stable sur un an.

Les précisions quant à l’organisation de la BPI, ses missions et les emplois nécessaires pour y répondre, seront apportées lors du premier conseil d’administration prévu pour janvier prochain. Le projet de loi devrait, lui, être adopté par le Parlement d’ici à la fin de l’année.

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