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INTERVIEW : « En tant que recruteurs, nous sensibilisons nos clients au fait qu’il faille limiter le nombre d’entretiens pour un candidat »

Alain Mlanao

Nous avons rencontré Alain Mlanao, directeur général de Walters People, afin de faire le point avec lui sur l’état du recrutement des jeunes diplômés en finance… 

eFC : Quels conseils donneriez-vous aux jeunes diplômes en finance actuellement à la recherche d’un emploi ?

Alain Mlanao. Il ne faut pas se voiler la face : la situation de l’emploi est difficile. Les jeunes diplômés doivent redoubler d’efforts pour trouver un emploi. Dans ce sens, la proactivité est indispensable : tenez-vous au courant des évolutions qui touchent votre domaine d’activité, restez ouverts aux nouvelles technologies, affinez votre maîtrise des langues (anglais, chinois, arabe), faites un séjour à l’étranger, intégrez des tissus associatifs… Les recruteurs recherchent des candidats motivés et autonomes. Si vous avez dirigé une association étudiante ou monté une start-up virtuelle, faites-le savoir au recruteur. Cela mettra en exergue votre capacité à gérer les vraies difficultés ce qui, dans la conjoncture actuelle, est un vrai atout.

Autre atout que vous pouvez mettre en avant : si vous n’êtes pas retenu à l’issue du processus de recrutement, vous pouvez aider le recruteur en lui conseillant une personne de votre entourage qui correspondrait mieux au poste convoité. La cooptation est très appréciée.

En tant que recruteurs, nous sensibilisons nos clients au fait qu’il faille limiter le nombre d’entretiens pour un candidat. Nous leur demandons simplement de jauger par eux-mêmes la pertinence de faire passer quinze entretiens d’affilée pour décrocher un poste junior…

Que faire lorsque la recherche d’emploi s’éternise ? 

Faire le choix de l’intérim, qui permet de découvrir la vie active, de se former sur le tas, de se familiariser aux nouvelles technologies, d’apprendre à être polyvalent et, enfin, de renforcer sa compétitivité, est la solution la plus adaptée de nos jours. Aujourd’hui, l’intérim est un vrai tremplin professionnel, d’autant plus qu’en arrivant sur le marché de l’emploi, les jeunes diplômés prennent conscience de la difficulté d’obtenir un contrat à durée indéterminée.

La tendance est au développement de l’intérim bancaire sous la forme de missions longue durée pouvant aller jusqu’à deux ans. Il y encore quelques années, l’intérim bancaire ne représentait que 30 % des demandes de recrutement, ce chiffre est désormais passé à 45 %.

À la sortie de l’école, les jeunes diplômés ne sont-ils pas trop déconnectés de la réalité ?

Les candidatures étant abondantes et les budgets serrés, les jeunes diplômés en finance doivent faire davantage preuve de souplesse dans leurs attentes salariales. En d’autres termes, ils doivent accepter de revoir à la baisse la rémunération qu’on leur a fait miroiter à la sortie de leurs études, du moins dans un premier temps. Il faut qu’ils gardent en tête que cette première expérience leur permettra de mieux jauger ce qu’ils valent et veulent vraiment.

Selon vous, qu’est-ce qui distingue les jeunes diplômés de la génération Y de leurs prédécesseurs ?

C’est une génération qui, parce qu’elle n’a connu que la crise, se montre beaucoup plus combative que la précédente qui, au bout de plusieurs années d’expérience, se sent souvent essoufflée professionnellement.

Contrairement à ses prédécesseurs, la génération Y s’attache peu à son employeur. Elle a du mal à envisager une carrière au sein d’une seule et même entreprise, non pas par manque d’ambition mais par impatience. Ce n’est pas un hasard si cette génération convoite tant l’étranger. Son eldorado : partir dans les pays émergents (Brésil, Chine) pour saisir des opportunités professionnelles souvent attractives.

À quand le bout du tunnel pour les jeunes diplômés en finance ? 

Difficile d’avoir une réponse nette à ce sujet mais, d’après l’évolution de la conjoncture, la reprise pourrait intervenir à partir du second semestre 2013 et le marché pourrait redevenir dynamique en 2014. En effet, des projets se mettent actuellement en place dans la finance, les départs en retraite génèrent des remplacements dans la banque de réseau et l’assurance et le dynamisme de certains pays notamment asiatiques pourraient accélérer une reprise économique mondiale.

Enfin et surtout, on s’achemine vers la fin du « flou artistique » en matière de réglementation puisque dans les prochaines années, les normes Bâle III et Solvency II seront effectives. En attendant, les métiers liés aux risques, à l’audit et au contrôle de gestion continuent toujours de recruter, notamment des jeunes diplômés…

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