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Le patron d’Exane s’installe à Londres. D’autres pourraient suivre

Eurostar

Après la rumeur de la fin de l’été au sujet de transferts d’équipes de traders de la Société Générale de Paris vers la City, l’appel de Londres semble plus que jamais faire écho dans la communauté financière française. Ce n’est pas la proposition insistante de la ministre de l’Intérieur britannique, Theresa May, de restreindre l’immigration des ressortissants de l’UE, qui changera pour l’heure la donne.

Selon Le Monde, Nicolas Chanut, l’un des fondateurs et patron d’Exane, a officialisé son déménagement dans la capitale britannique (même s’il continue à “passer exactement la moitié de son temps à Paris“). Celui de Vincent Rouvière, son directeur en charge de l’activité intermédiation actions.

« Le vivier de talents n’est pas à Paris »

Officiellement, la pression fiscale grandissante en France y serait pour rien. Les motivations sont liées aux besoins du business et à une stratégie de recrutements opportunistes. Ainsi, Exane a embauché à la City une quinzaine d’analystes cette année.

« Le vivier de talents n’est pas à Paris. La place française connaît une attrition progressive. La crise de 2008 a accéléré le mouvement, mais celui-ci avait commencé avant », a déclaré Nicolas Chanut au quotidien. Ce dernier exclut cependant de transférer l’entreprise à Londres, où le bureau compte 17% des 855 employés du groupe.

BNP Paribas se poserait la question pour son équipe produits structurés actions

Si ce n’est pour Exane, la réforme fiscale prévue par le gouvernement Ayrault fera-t-elle sauter des verrous psychologiques chez d’autres ?

Chasseurs de têtes et fiscalistes sont d’accord pour dire que des réflexions sont bien en cours dans le secteur français pour délocaliser à Londres ou en Asie une partie des équipes. Selon un recruteur parisien, il y aurait des « discussions internes chez BNP Paribas concernant un éventuel transfert sur Londres de son équipe de trading sur les produits structurés actions ».

Des banques pas prêtes à contrarier le Trésor ?

« Les dirigeants des banques françaises, issus pour beaucoup de la haute administration et des cabinets ministériels, vont y regarder à deux fois avant de mécontenter le Trésor. Les éventuels départs seront étudiés au cas par cas, et se feront au fil de l’eau », nuance Charles Lai, président du cabinet de chasse Alexander Hughes France

Le monde du capital investissement, des hedge funds et plus largement des entrepreneurs dans l’industrie financière seront peut-être moins sensibles à ces contingences morales. Le projet de nouvelles tranches marginales d’imposition à 45% et 75% et surtout la taxation des plus-values sont « une invitation à changer de métier ou de pays », selon l’Afic, l’association des fonds. Difficile d’être plus clair.

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