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La bataille entre traders et sales aura-t-elle lieu ?

Chaque année, les patrons des salles de marché se retrouvent face au même dilemme : comment répartir le bonus pool dans leur équipe sans froisser les susceptibilités des uns et des autres ? Avec une équation plus complexe encore cette année que le passé, en particulier pour les managers des divisions Fixed Income, pour qui 2009 a été une année record en termes de revenus. La tentation de récompenser dûment leurs troupes étant sapée par la pression gouvernementale, qui plaide pour la retenue.

Dans cette configuration, deux populations de front-office se font face pour avoir la main sur les bonus : les sales, qui suscitent la demande des investisseurs, et les traders qui génèrent les profits (ou des pertes) par leurs prises de position. Une confrontation qui peut tourner au vinaigre, si l’on en croit le Financial News, qui fait référence aux guerres civiles chez Lehman Brothers au début des années 80 et à la révolution de velours chez Goldmans Sachs courant de la dernière décennie.

Le trading semble bien placé pour l’emporter cette année, pronostique un professionnel du Fixed Income basé à Londres, interrogé par l’hebdomadaire. N’importe qui aurait pu vendre des obligations l’an passé et il y a eu aussi peu de business sur les produits structurés, sur lequel les sales apportent une vraie plus-value. Beaucoup de traders ne voient donc pas pourquoi les sales devraient être récompensés. Autre argument qui va dans ce sens : les suppressions d’emplois ont laissé de nombreux sales. Avec du monde au portillon, les managers ne sont pas sous pression pour payer de larges bonus.

A Paris, la donne est différente. Selon Marc Lamy, PDG et managing director du cabinet de chasse Boyden France, les bonus des traders sont traditionnellement supérieurs de 20 à 30 % à ceux des sales. Mais cette année, plusieurs éléments jouent en faveur de ces derniers :

1- Les sales sont moins interchangeables à Paris

Les banques françaises veulent conserver leurs bons vendeurs (talents toujours recherchés en France) et, contrairement au marché anglais, peu d’équipes de vente lors de ces deux dernières années à Paris ont été restructurées , avance Domitille Lamouroux, associée du cabinet de conseil en ressources humaines spécialisé Alchimie Conseil.

2 – Les traders ne sont pas en odeur de sainteté

Exit la Porsche et la Rolex, les golden boys ont fait long feu. Montrés du doigt jusque dans leur famille ou par leurs amis, les traders ont aujourd’hui la tête dans les épaules. ls ne se prennent plus pour des stars et réapprennent l’humilité lorsqu’ils l’avaient oublié. Surtout il y a pléthore de traders sur le marché et de moins en moins de jobs , explique Marc Lamy.

3 – Le système de bonus-malus pénalise uniquement les traders

L’instauration de ce nouveau mécanisme ne concerne que les traders. Le malus est designé pour réévaluer régulièrement le montant du bonus alloué aux traders en fonction des gains et des pertes enregistrés pendant souvent un laps de temps de 3 ans. Car seule l’activité de ces derniers implique une prise de risque. Les sales, eux, n’ont pas raison d’être pénalisés, leur activité étant purement commerciale.

4 – Pas de bagarre, le “bonus pool” devrait être en baisse quoi qu’il arrive !

Les niveaux de bonus sont en recul global de 16 % par rapport à ce qu’elles avaient payé en 2008 (au titre des résultats 2007) , avait précisé la ministre Christine Lagarde début janvier sur la base des estimations fournies par les banques. Les attentes sont très contrastées d’une ligne métier à l’autre. Certains sont plus fatalistes qu’à l’accoutumé alors que d’autres ont des attentes très fortes comme dans les dérivés actions , témoigne Domitille Lamouroux.

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