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À quoi ressemblera le futur des employés des banques d’investissement ? Demandez à RBS

L'Ouragan Hurricane ne fait pas de détour

L'Ouragan Hurricane ne fait pas de détour

Si vous travaillez en banque d’investissement, l’anxiété est un mal excusable. Ces derniers temps, les experts semblent prendre un malin plaisir à rivaliser d’études prospectives toutes plus déprimantes les unes que les autres.

Lundi, l’analyste Meredith Whitney du cabinet éponyme s’y est encore attelée personnellement : la situation actuelle est la pire jamais connue, a-t-elle proclamé – Les banques sont trop à la traîne en matière de suppressions d’emplois. Il faut qu’elles accélèrent le rythme des plans sociaux.

La table ronde organisée en début de semaine par Royal Bank of Scotland pour ses investisseurs, à laquelle participaient John Hourican et Peter Nielson, respectivement directeur de l’entité Markets and International Banking et directeur de RBS Markets, s’est révélée riche d’enseignements.

La banque d’investissement de RBS a déjà supprimé 29% de ses effectifs depuis fin 2010. Sur la seule année 2012, pas moins de 3.000 personnes sont partis. Avec 300 coupes claires encore à venir, la banque ne peut être accusée de tergiverser sur la question des plans sociaux.

John Hourican et Peter Nielson ont évoqué en long et en large le futur des effectifs du secteur de la banque d’investissement et leurs plans pour RBS.

1 – « Le challenge » est dans l’ADN des banques d’investissement

Jusqu’à ce qu’elle puisse prouver qu’elle peut générer un juste rendement des capitaux propres (Return On Equity), la division RBS Markets restera « par nature challengée », expliquent les deux directeurs.

2 – Oubliez le mot croissance et l’idée qu’il faille recruter pour générer de la croissance. Tout repose sur la précision stratégique et la consolidation des forces

Les coûts salariaux d’RBS Markets suit « une nette trajectoire à la baisse », ont indiqué John Hourican et Peter Nielson.

Dans ce nouveau contexte, John Hourican  a rappelé que RBS n’avait absolument pas l’intention de « se développer sur de nouvelles activités ». Au contraire, ils travailleront à « sécuriser » celles sur lesquelles ils ont déjà une forte expertise.

« Cette période est intéressante, ajoute-t-il. Nous réinventons notre business mais avec des coûts plus faibles. RBS se concentrera sur ses avantages compétitifs et s’appuiera sur ses forces […]. Il y aura très peu de nouvelles personnes. »

3 – Oubliez le « tourisme stratégique » des banques et les bonus garantis qui vont avec

Dans le passé, les banques ont connu ce que John Hourican appelle le « tourisme stratégique. »

Cette période est révolue et bien que ce dernier s’en défende, cela a bien des conséquences pour les hommes et les femmes qui font carrière dans ce secteur.

Si les banques se replient sur elles-mêmes et refuse de développer de nouvelles activités, les professionnels performants, appartenant à des équipes reconnues, auront de moins en moins de chance de lancer de nouveaux business au sein de petites entités innovantes chez leurs rivaux.

Dans le passé, ces nouvelles équipes bénéficiaient d’importants bonus garantis et de généreux avantages en matière de rémunération dans la mesure où ces « banques touristes » cherchaient à se doter des meilleurs talents pour construire leur nouveau business. Ce changement signifie que ces professionnels expérimentés devront soit rester chez leurs employeurs, soit se faire embaucher par un autre acteur établi mais désormais leurs salaires d’embauche ne seront plus aussi attractifs que par le passé.

4 – Nous traversons un pic de recrutement dans les métiers du risque et de la compliance, qui va retomber dans deux ans

Faisant écho à l’interview de Klaus Woeste, responsable de la division en charge d’analyser les mutations RH de l’industrie des services financiers chez KPMG, John Hourican confirme que nous sommes actuellement dans une période de croissance inflationniste des emplois du risque et de la compliance et que celle-ci aura une fin.

Les activités liées à la compliance ont « absorbé » les économies de coûts réalisées dans les établissements, explique John Hourican.

En 2011, RBS a investi énormément dans les data-centers, les nouveaux modèles IT pour accompagner la réorganisation du business. Désormais, les coûts sont davantage alloués aux problématiques réglementaires. Les coûts salariaux liés à ces besoins seront élevés dans les deux prochaines années, mais ils baisseront par la suite. Dans le même temps, le ratio des effectifs de back-office en comparaison aux effectifs du front-office restera stable à 2 pour 1.

Aussi, la conclusion de Klaus Woeste se retrouve validée : si vous souhaitez vous orienter vers les métiers du risque ou de la compliance, n’attendez pas trop longtemps.

5 – Les véritables économies en matière de réduction des effectifs et de baisse des rémunérations ne seront pas visibles avant un moment

Les bonus différés rendent plus opaques les économies réalisées par les banques, avancent John Hourican. C’est seulement lorsque les différés des bonus des dernières années auront disparu des comptes que l’on pourra véritablement prendre la mesure de la baisse des rémunérations.

6 – Le contexte de taux d’intérêt bas impacte de manière négatif les revenus des banques liés aux activités de couverture des risques

Un analyste a demandé à John Hourican et Peter Nielson si la demande des clients pour les couvertures des risqus avait baissé du fait des taux d’intérêts bas. Ils ont confirmé que c’était bien le cas.

« La couverture des risques n’occupe plus une place si importante dans le business comparé à ce que cela avait pu être par le passé », a indiqué Peter Nielson. Les clients qui avaient recours à ces services fréquemment mettent désormais leurs besoins en attente d’un relèvement des taux.

7 – RBS souhaite « reconstruire » l’organisation de ses effectifs

Sur le slide 12 de sa présentation, RBS évoque une « reconstruction » de son organisation (dite « plateform people ») de sa division Global Markets.

Slide 26 : elle illustre son propos en indiquant une « transformation des programmes de management et de leadership » pour le middle management ; un « renouvellement et un système de valorisation » des fonctions juniors et des postes occupées par les jeunes diplômés ; une réduction du millefeuille hiérarchique, et une simplification des lignes de reporting.

8 – Les activités prioritaires

Au sein des activités de marchés, les principaux business sur lesquels la banque souhaite mettre l’accent sont : le marché des changes, les activités de Debt Capital Market et les asset backed products.

Comme d’autres banques, RBS cherche à développer une plateforme de trading électronique pour les activités de taux, ce que l’on appelle du trading “low touch”, soit avec une intervention humaine aussi limitée que possible.

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