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L’Australie cherche des banquiers pour travailler au soleil

L’été arrive à Wall Street et dans la City de Londres mais cela ne changera pas la vie des banquiers d’affaires confinés dans des bureaux climatisés et loin de toute plage. A l’inverse, les banquiers australiens habitant Sidney commencent déjà à se remémorer leurs moments passés à surfer et à se balader sur l’une des 37 plages de la ville.

C’est une différence non négligeable. Sydney n’est pas qu’une ville très agréable à vivre (avec ses étendues de sable fin et des sites de surf à moins de 30 minutes du quartier financier), elle est également une place financière offrant une variété de plus en plus large de postes aux professionnels de la finance.

Le marché bancaire est très, très soutenu en ce moment, explique Michael Markiewicz, managing director du cabinet de recrutement Carmichael Fisher basé à Sydney et Melbourne. Les banques veulent embaucher. Les deals de l’Asie du Pacifique sont de plus en plus importants en Australie.

Ce sentiment est partagé par d’autres recruteurs spécialistes du domaine bancaire à Sydney : les entraves à l’embauche dans les banques américaines sont en train de disparaître note Jon Michel du cabinet de recrutement Jon Michel. James Nicholson, directeur chez Robert Walters, explique que les embauches sont en hausse dans tous les domaines de la banque, depuis le front office tels que le corporate finance, aux domaines du middle et back office tels que le risk management, la comptabilité et la compliance .

Nom de code Telstra

Un mot explique ce phénomène d’accélération des embauches dans le domaine bancaire australien : Telstra. Evaluée à près de 26 milliards de dollars (soit 20 milliards d’euros), la vente par le gouvernement australien de 51,8% de parts dans la société nationale de téléphonie représentera, si elle a lieu comme prévu fin 2006, la vente d’actions la plus importante du monde. Les banques souhaitent bien entendu toucher une part du gâteau que représentent les 221 millions de dollars australiens d’honoraires.

Mais l’Australie a d’autres cordes à son arc. En avril, le groupe Foster a annoncé qu’il rachèterait la société viticole Southcorp pour 2,5 milliards de dollars. Certains chiffres de Thomson Financial montrent que la valeur des opérations de fusions et acquisitions en partie australiennes a augmenté de 60% entre 2003 et 2004 atteignant 107,3 milliards de dollars, le marché de fusions et acquisitions représentant ainsi près de deux fois l’Allemagne.

Dealogic, autre fournisseur de données, montre que les émissions de dette australienne ont augmenté de près de 60% atteignant ainsi 111 milliards de dollars l’année dernière ; les émissions de titres ont augmenté de près de 20% atteignant ainsi 24,5 milliards de dollars.

Cette croissance n’est pas passée inaperçue dans les institutions financières qui s’affirment et augmentent leurs effectifs. Par exemple, Tudor Investment Corporation, hedge fund de 10 milliards de dollars, ouvre son premier bureau australien cette année. Morgan Stanley Serco Solutions, branche de Morgan Stanley, a ouvert un bureau à Sydney en octobre dernier. Le nombre d’employés chez Morgan Stanley en Australie est passé de 48 à 250 au cours des 5 dernières années.

Retour au pays

Selon Michael Markiewicz, Goldman Sachs, JBWere, Credit Suisse First Boston et UBS sont parmi les plus gros employeurs en Australie à l’heure actuelle. D’autres comme JP Morgan sont en pleine restructuration : la banque a en effet embauché en 2003 Andrew Pridham qui travaillait chez UBS pour diriger ses activités de banque d’investissement en Australie et Nouvelle-Zélande.

Les banques australiennes sont également en quête de nouveaux talents. En février, National Australia Bank a par exemple embauché un nouveau directeur des options afin de se préparer à relancer son trading d’options de devises étrangères.

Cette nécessité d’embaucher conduit certains recruteurs à convaincre des australiens partis à l’étranger de rentrer au pays. Robert Walters est actuellement à la recherche de talents australiens à Londres. Michael Markiewicz s’est également rendu dans la City pour proposer à des Australiens de rentrer au pays.

De nombreux australiens à l’étranger ne sont pas pour autant près à quitter leur pays d’adoption. Tom Hogan, trader de produits dérivés chez CSFB, affirme qu’il n’est pas pressé de rentrer : A Londres, vous êtes au cceur de tout et les perspectives de carrière sont bien meilleures. Les produits sont ici probablement plus complexes qu’à Sydney. Les traders y travaillent sur des produits avancés mais pas au même niveau.

Riches ET bronzés

Les embauches ont eu pour effet une augmentation des salaires. Pour Jon Michel, la rémunération totale moyenne d’un banquier australien a augmenté de 20% au cours des dernières années. Nicholson de chez Robert Walters explique que les salaires ont surtout augmenté dans les domaines où la demande est forte comme en compliance et en risque.

Selon Michael Markiewicz, les associates en fusions et acquisitions à Sydney touchent aujourd’hui des rémunérations comprises entre 120 000 et 150 000 dollars australiens avec un bonus qui peut atteindre 100 000 dollars. Les seniors peuvent quant à eux espérer des salaires compris entre 150 000 et 200 000 dollars avec un bonus qui peut attendre 100 %. Les directeurs associés sont sur une base de 210 000 à 250 000 dollars avec un bonus de 100 à 200% selon les performances et le nombre de deals réalisés.

Selon Robert Walters, un risk manager ayant entre six et dix ans d’expérience touche une rémunération entre 120 000 et 200 000 dollars australiens à Sydney plus bonus. Un comptable financier au même niveau d’expérience peut espérer toucher entre 90 000 et 130 000 dollars plus bonus.

La mauvaise nouvelle…

La mauvaise nouvelle est que si les salaires sont en hausse en Australie, les rémunérations totales sont toujours moins élevées qu’à Wall Street ou dans la City de Londres. Michael Markiewicz admet qu’elles peuvent être inférieures de 30% ou plus. Les deals à Londres et New York sont plus importants et donc les rémunérations suivent. Si vous gagnez beaucoup d’argent à New York ou à Londres, il est peu probable que vous veniez travailler ici pour la rémunération seulement, explique-t-il. Les taux d’imposition les plus élevés sont aussi supérieurs en Australie : 48%.

En outre, les banques australiennes ne se battront pas pour vous embaucher si vous êtes un banquier senior mais si vous n’avez pas entretenu de relation avec des australiens seniors. Ce critère barre la route à la plupart des financiers en corporate et en vente qui ont travaillé à l’extérieur du pays trop longtemps selon Markiewicz. Pour lui, les profils les plus à même de trouver un emploi en Australie en ce moment sont les analystes, les associates et VP juniors : les banques souhaitent vivement embaucher des employés plus jeunes.

En théorie, il devrait être plus facile d’émigrer à Sydney si vous travaillez en back office où les relations professionnelles sont moins déterminantes. Vos possibilités sont de toutes façons plus larges si vous êtes junior. Un managing director d’une banque américaine est rentré en Europe car il déplorait un manque de postes à responsabilité : le problème est qu’il y a très peu de postes très senior en Australie .

En supposant que vous trouviez le poste adéquat, le temps que vous passerez en Australie pourrait être un tremplin pour votre carrière. Deutsche Bank a par exemple promu en juin dernier le banquier australien Tony Burger au poste de co-directeur de son activité de fusions et acquisitions. Pas mal pour quelqu’un qui a commencé sa carrière à quelques pas de Bondi Beach.

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