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Le sort incertain des employés des banques d’investissement françaises

Alors que les annonces de suppressions d’emplois s’enchaînaient dans le secteur bancaire au début de l’été, les employés des établissements français pouvaient se considérer alors comme chanceux . Pas question de ça chez nous, avaient assuré les leaders français.

La roue a tourné. Depuis le 1er juillet, l’inquiétude grandissante sur les marchés face à la perspective d’une faillite des pays européens en difficulté a provoqué une dégringolade des cours de bourse des banques européennes qui détiennent des titres de leur dette, françaises en tête (-53% pour BNP Paribas ; -58% pour Credit Agricole et -61% pour Société Générale).

Le scénario d’une recapitalisation des banques françaises semble satisfaire les marchés…pour l’instant

Paradoxalement, les rumeurs d’une possible recapitalisation des banques françaises depuis vendredi semblent avoir profité aux valeurs bancaires en bourse ce matin.

Les rumeurs du week-end peuvent aussi jouer un certain rôle, prouvant que l’Etat est prêt à agir en cas de dérapage de la situation , a estimé un analyste parisien sous couvert d’anonymat, cité par l’AFP.

Selon le JDD, une recapitalisation de 10 à 15 milliards d’euros aurait été proposée par Bercy aux banques françaises mi-septembre. Un plan de sauvetage, un peu à la manière de 2008, que les intéressés auraient décliné.

15 milliards d’euros ? Il en faudrait 60 milliards, selon un analyste

L’existence même d’un tel plan a d’ailleurs provoqué de nombreux démentis. Or c’est précisément ce que les banques avaient fait en 2008, en opposant leur déni de toute aide à peine une semaine avant que le gouvernement n’annonce un plan de sauvetage de 10,5 milliards d’euros, fait noter sceptique Jon Pearce, analyste chez Nomura (FT Alaphaville).

Cette fois-ci, les banques françaises auraient besoin, selon lui, non pas de 15 milliards mais de 60 milliards d’euros pour faire taire les craintes liées au risque de défaut des pays européens les plus fragiles.

Que ce soit concernant les besoins en capitaux comme sur le front de la liquidité, les deux grandes banques BNP et SocGen ont essayé d’apporter à plusieurs reprises des gages aux marchés. Des messages en partie validés par les analystes de Morgan Stanley, mais manifestement pas toujours entendus par les marchés.

Au moins 1 200 postes au total visés dans les BFI de SocGen et BNP

L’impact sur l’emploi dès lors n’est plus complètement tabou. Chez Société Générale, où l’on planifie une réduction de 5% de la base de coûts en BFI, il serait question de supprimer entre 600 et 800 postes, dont 300 maximum à Paris, selon une dépêche de Bloomberg, citant un représentant de la CGT. Un chiffre qui étonnait cependant des représentants de la CDFT, qui assuraient justement qu’à ce stade aucun chiffre n’avait été communiqué ou discuté. C’est dire le flou qui règne encore sur le sort des salariés des grandes BFI françaises.

À l’issue du Comité Central d’Entreprise exceptionnel chez BNP Paribas mercredi dernier, la CDFT prévenait que l’intégralité de l’activité financière liée au dollar sera franchement réduite . Pour le syndicat, les places financières les plus concernées se situeraient en Amérique Latine, dans les pays du Golfe, en Suisse et sur les desks de Hong Kong, Tokyo ainsi que Paris.
Ces places emploient actuellement plus de 1000 personnes. Les métiers les plus sensibles concernent environ 600 salariés , dit le communiqué publié vendredi dernier.

Et d’ajouter : Les activités de financement du secteur aéronautique et du shipping (filière navale) seront prioritairement étudiées. Certaines activités seront recentrées sur l’Europe notamment à Paris et Bruxelles et des mesures seront prises pour reclasser les salariés .

Baudouin Prot évoquait la veille sur l’antenne de BFM que les suppressions d’emplois seraient significatives dans les activités de BFI. À suivre…

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