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3 QUESTIONS à… Patrice Daudier de Cassini

Président du Club des Déontologues, Patrice Daudier de Cassini revient sur la perte colossale subie par SG et le rôle du contrôle interne.

L’affaire de la Société Générale ne traduit-elle pas la faillite des contrôles internes mis en place par les banques ?

Le problème ne se situe pas tant dans les procédures de contrôle que dans les programmes d’automatisation des contrôles destinés à vérifier quantité d’informations. Le trader Jérôme Kerviel a réussi à pénétrer dans ces programmes notamment en créant des contreparties fictives. La faute incombe probablement aux contrôleurs des systèmes informatiques, non pas dans la conception de ces programmes mais dans leur protection.
La perte subie par la SG est colossale car elle a été aggravée par la décision de déboucler les positions au plus mauvais moment. Mais ce qui me surprend dans cette affaire, c’est la durée longue qui est évoquée. Sur une durée courte, tout peut arriver. Mais lorsque l’on dit que cette position se serait construite sur plus d’un an et qu’au 31 décembre les positions prises en 2007 permettaient virtuellement de dégager 1,4 milliard d’euros, je ne m’explique pas pourquoi, si c’était vrai, elles n’ont pas été débouclées à ce moment-là.

Les autres banques sont-elles menacées ?

Aucun établissement bancaire n’est à l’abri, d’autant plus que la révision de la liste des contreparties n’a souvent lieu qu’une fois par an. Ce sont surtout les grandes banques qui sont les plus concernées car aucun intermédiaire n’accepterait un tel montant pour une structure de petite taille.

Cette affaire va-t-elle jeter un discrédit sur les métiers du contrôle et de la conformité ?

C’est certain. On pourrait être tenté de renforcer la législation mais, dans ce cas précis, cela ne servirait à rien. C’est plutôt sur les procédures qu’il faudrait agir. Actuellement, les banques réalisent leurs contrôles en interne avec des équipes performantes mais peut-être trop confiantes dans les systèmes installés. Si la Société Générale avait fait appel à un contrôleur externe, elle aurait augmenté ses chances de détecter cette position. En tout cas, les contrôles n’ont pas cherché là où se trouvait la faille.

commentaires (2)

Comments
  1. … Pourriez vous expliquer pourquoi un de vos principaux annonceurs (la Société Générale en l’occurence) ne voulait pas embaucher de responsable back-office expérimenté cet été pour apurer leurs suspens sur les OTC mmmhh ?
    J’aimerais bien comprendre maintenant …

  2. Plutôt que licencier les traders et/ou négociateurs qui ont dépassé l’âge canonique de quarante ans. Il serait peut être plus rentable d’utiliser leurs compétences dans les fonctions de controle quitte à augmenter la masse salariale dans les Back et Middle Office sans aller jusqu’a 5 Milliard d’euros bien sur!!!
    Quoique….
    Ex Market Maker 48 ans. En recherche d’emploi.

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