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D’un ex-Lehman : Je suis le parfait candidat pour un “plan de sauvetage”

J’ai passé toute la semaine dernière à travailler sur ma demande de plan de sauvetage (ou de renflouement ). Je ne parle pas de me transformer en holding, accusant tout le monde (sauf moi) d’être à l’origine de mes problèmes, en réclamant, de surcroît, ma part d’un gâteau estimé à un trillion de dollars. Non, ma demande à moi est bien plus simple : elle vise la banque qui m’a accordé mon prêt étudiant. Objectif visé ? Reporter l’échéancier de remboursement de six mois. Ne me demandez pas ce qui m’a donné la certitude que les choses iraient mieux dans six mois ! Dans la situation actuelle, déplacer le problème, c’est déjà le résoudre.

Cela dit, je suis bien le parfait candidat pour un tel plan. J’ai de quoi accuser à peu près tout le monde :

– Lehman (pour avoir fait faillite).

– Le gouvernement américain (pour avoir échoué à sauver Lehman).

– Sans oublier les banques, que j’accuse ni plus ni moins d’être responsables de mon endettement immaîtrisable. Avec empressement, elles ont accepté que je m’endette à des conditions attrayantes pour financer mes frais de scolarité et ce sans garantie. Elles m’ont également encouragé à indexer mon prêt contre l’Euribor, qui continuait d’augmenter tandis que tout autour de moi (PNB, S&P, taux d’intérêt…) était en train de s’effondrer.

Il est rassurant de savoir que les meilleures écoles de commerce à travers le monde ont (ou, devrais-je dire, avaient) des programmes de prêts garantis. Destinés à attirer les meilleurs talents internationaux, ces prêts ne requièrent pas de cautions ni d’hypothèques. Non sécurisés, ils sont uniquement conditionnés à votre admission.

Dans mon école, la banque qui accordait les prêts a insisté auprès de tous les étudiants internationaux pour qu’ils souscrivent à une police d’assurance qui puisse les couvrir en cas d’évènements exceptionnels . Le coût exorbitant de l’assurance (environ 10 % des frais de scolarité) était expressément ajouté au montant principal. Étant donné que j’avais fait le tour des possibilités de financement dans mon pays, mon choix était restreint. Le seul moyen que j’avais d’entrer à l’école était d’accepter le prêt étudiant et les conditions de la police d’assurance qui allaient avec.


Une assurance illusoire

Cette police et la nature non sécurisée du prêt me donnaient la fausse certitude que je serais relativement protégé même si des vents contraires venaient à souffler. Comme j’étais naïf !

Après m’être fait virer de chez Lehman, j’ai écrit à la compagnie d’assurance en leur demandant de couvrir mes remboursements d’emprunt le temps que je retrouve un travail. À ma grande surprise, ils mentionnèrent une clause insérée dans la police qui indiquait que pour bénéficier de l’assurance, je devais toucher des allocations chômage dans mon pays de travail. Cependant, au Royaume-Uni, les allocations chômage sont réservées aux personnes qui ont travaillé depuis plus de deux années de suite sur le sol britannique. J’ai eu soudainement l’impression que le ciel me tombait sur la tête.

Après avoir négocié avec la banque pendant plus de deux mois, nous sommes finalement tombés d’accord : je peux décaler de six mois le remboursement du capital. Pour l’instant, mon job d’appoint m’aide à payer les échéances. Mais si les choses empiraient, moi et mes amis de FIG (Financial Institutions Group) pourrions acheter une banque américaine en déroute (une idée lumineuse d’Aegon) et rejoindre les rangs des nombreux candidats au plan de sauvetage.

commentaires (7)

Comments
  1. Il faut s’attendre à combien d’articles encore d’un ex-lehman???

    bon courage à toi quand même!

  2. Un ex-lehman ? suis-je un ex BNP pour avoir passé 1 mois en stage d’été dans cette société ?

    Je comprends que ce jeune homme passe une phase difficile… mais hônnetement ses articles n’apportent pas grand chose… Combien de temps va t il falloir lire ses pleurnicheries nombrilistes ?

    Que ce jeune homme se prenne en main et qu’il réalise que sa vie n’est pas dramatique !!! Tout est encore devant lui !!!

  3. Arrete de lire ces articles alors…
    ce sont ces commentaires qui sont pénibles !!

  4. Je remarquerais simplement que l’Euribor s’effondre depuis la faillite de Lehman.. L’un dans l’autre.. Quand tu avais un poste ils étaient haut effectivement, ils chutent drastiquement depuis.

    (on est passé de 5.4% debut octobre à 3.4% actuellement)

  5. Il n’y a pas de “free lunch” dans la vie comme sur les marchés. Je veux dire par là que quand on décide de prendre des risques, il faut s’attendre un jour ou l’autre à ce qu’ils réalisent.

  6. Salut c’est WarrantMarrant !

    Moi je suis étudiant en finance et le problème c’est que mon diplôme est périmé car les banquiers ont cassé le jouet avec lequel je devais m’amuser alors je suis déçu!

    Imaginez :
    On m’a appris à faire des LBO, il n’y a plus de crédit !
    On m’a appris les normes IFRS, certains disent aujourd’hui qu’elles ont démultiplié la crise !

    Du coup je me suis mis aux Turbo warrants !

    Et je me marre bien quand je vois la Société générale galérer alors qu’il y a encore 6 mois je me suis fait recaler d’un entretien parce que le gérant du hedge fund de la SG n’avait “pas confiance en mes capacités à réaliser les opérations de middle!”

    WarrantMarrant
    Trader-blogueur
    warrantmarrant.blog.capital.fr

  7. Lehman… moi je suis un ex-nomura… un ex-lehman fait desormais mon travail. J’aime pas les ex-lehman.

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