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Bonus français : la montagne a accouché d’une souris

Evidemment les bonus sont en nette hausse par rapport à l’année dernière. Comment aurait-il pu en être autrement, après une année aussi désastreuse que 2008 ! Et puis, 2009 a été une année record sur les marchés de capitaux après tout. La BFI de BNP Paribas a généré 12,2 milliards d’euros de revenus en 2009, un chiffre qui a triplé en un an, quand SGCIB a multiplié ses revenus par 4,5 en atteignant les 6,9 milliards d’euros.

Bonus moyen versus bonus median

Les enquêtes d’eFinancialCareers* montrent pourtant que les financiers français ne sont pas franchement bien lotis en matière de bonus. Seulement 46% d’entre vous ont constaté une hausse par rapport à l’an passé contre une proportion de 57% chez les professionnels de la City.

Pour ces derniers, le montant de leur bonus a, en moyenne, doublé en un an, alors que seul un tiers des professionnels français a pu bénéficier d’une telle augmentation. Pour ceux-là, le bonus moyen s’est établit à 93,5K euros. Le bonus médian est une toute autre histoire puisqu’il atteint seulement 22,5K euros, prouvant, s’il en était nécessaire, que la distribution des bonus dans l’industrie financière est particulièrement discrétionnaire.

Autoflagellation

Même le plus gros bonus de BNP Paribas (10 millions d’euros) et de SocGen (6,5 millions d’euros) fait pâle figure à côté d’une Goldman Sachs, chez qui, non pas un mais 78 employés ont touché un bonus supérieur à 5 millions de dollars et 21 personnes ont décroché plus de 8 millions de dollars.

Les banques françaises se montrent tout aussi raisonnables côté salaires. Si dans l’enquête, 59% des répondants basés en France ont bien bénéficié d’une augmentation, celle-ci s’élève seulement à 12 % en moyenne. Au Royaume-Uni, près des deux tiers des sondés ont indiqué avoir profité d’une hausse de salaire, celle-ci étant de 26% en moyenne.

Paribas a ramené son ratio de compensation (bonus et fixes compris) à 27,7 % alors que ce dernier s’établissait aux alentours de 40 % ces dernières années. Il se situe parmi les plus bas du secteur au plan mondial , s’était félicité BNP Paribas. Cette tendance à l’autoflagellation ne manque pas de surprendre les observateurs anglo-saxons, pour qui le monde de la banque d’investissement se résume à ce simple dicton : It’s a simple case of who pays wins !

Partiront, partiront pas… ?

Autre enseignement intéressant de l’étude française : les professionnels de la finance sont divisés quant à l’impact de la taxe sur les bonus instaurée cette année : 28% pensent qu’elle n’a eu aucune conséquence sur le montant des bonus distribués, tandis qu’un quart est convaincu que les banques ont utilisé cette taxe comme prétexte pour verser des bonus moins élevés que prévu.

Plus étonnant, un peu plus de la moitié des professionnels interrogés pensent que cette taxe ne sera pas exceptionnelle et sera reconduite à l’avenir. Si c’était le cas, 58% des répondants se disent prêts à partir travailler à l’étranger. Londres, Genève et New-York constituent le top 3 des places financières les plus attrayantes aux yeux des professionnels français.

*L’enquête d’eFinancialCareers.fr a été réalisée en ligne entre le 28 janvier et le 9 mars 2010 auprès de 387 professionnels de la finance (banques, boutiques corporate finance, sociétés de gestion, brokers, sociétés de services financiers…) basés en France. Parmi les professionnels interrogés, 70% occupent un poste en front office, 17% en middle office et 13% en back office.

commentaires (1)

Comments
  1. n’oublions pas que Londres taxe aussi … alors l ‘interet d’aller a Londres …

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