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Focus sur les déontologues: une profession en pleine mutation

Le métier de déontologue, devenu depuis une dizaine d’années indispensable au sein des institutions financières, est en pleine mutation : les candidats sont recherchés et la réglementation est en pleine évolution.

La peur de la sanction justifie à elle seule l’existence de cette fonction , précise un compliance officer travaillant pour une grande banque européenne. Il faut bien avouer que le recrutement de plus en plus fréquent de ces professionnels de l’éthique ne tient pas de l’effet de mode : les déontologues sont devenus indispensables au bon fonctionnement de l’entreprise. La multiplication des réglementations légales et professionnelles dans le domaine bancaire, l’internationalisation croissante des flux financiers multipliant les risques, la crainte de voir la réputation d’un établissement ternie par un scandale financier sont autant d’excellentes raisons justifiant la présence des compliance officers au sein des établissements financiers.

L’adoption de textes réglementaires est sans doute également pour quelque chose dans ce mouvement de course au recrutement puisque le règlement 97-02 modifié du Comité de la Régulation Bancaire et Financière exige des établissements financiers assujettis la désignation d’un responsable chargé de veiller à la cohérence et à l’efficacité du contrôle du risque de non-conformité avant le 1er janvier 2006.

Une fonction en pleine harmonisation

Si le compliance officer a fait son apparition il y a de nombreuses années outre-Manche et outre-Atlantique, le métier en est encore à ses premiers pas en Europe. Arnaud de Bonneville, Executive Manager de la division juridique et fiscale du cabinet Michael Page, précise que la fonction a réellement pris son envol il y a moins d’une dizaine d’années : j’ai récemment recruté un candidat pour un poste de responsable de la conformité qui avait déjà crée un département déontologie en 1993 mais il s’agit d’un précurseur car la fonction en était à ses tous débuts .

Pour Catherine Deschamps, consultant chez Robert Walters, spécialiste dans le conseil en recrutement, la fonction compliance née dans les pays anglo-saxons est vouée à se développer en France. Les attributions des déontologues sont particulièrement nombreuses : former l’ensemble des collaborateurs de la banque aux nouvelles réglementations, surveiller les opérations passées en salle de marché, conseiller les banquiers sur la réglementation applicable dans le cadre d’opérations ou de conflits, être l’interlocuteur privilégié du régulateur, intervenir au niveau européen dans le cadre de consultation pour des projets de réglementations ou de lobbying au sein d’association… Mais leur définition et leur répartition au sein du département de conformité dépendent de la catégorie de prestataire financier et des particularités spécifiques de l’institution financière considérée.

C’est sans doute en raison de l’importance et du nombre des attributions du déontologue que le législateur a entamé une harmonisation du métier : un projet de modification du règlement général de l’Autorité des marchés financiers (AMF) sur l’harmonisation des règles en matière de conformité et de contrôle interne prévoit en particulier la redéfinition de la fonction chez les prestataires en service d’investissement tels que les gérants d’actifs.

Un recrutement délicat

Les embauches sont nombreuses et vouées à se développer, affirme Martin Dixon, directeur au sein du cabinet de recrutement Hays. Catherine Deschamps confirme ce phénomène, mais précise que si la fonction compliance devient une fonction à part entière, il ne devrait pourtant pas y avoir d’embauches massives dans la mesure où il s’agit d’un marché de niche.

Certains sont pourtant convaincus que ce phénomène de recrutement, initié il y a quelques années, n’est plus à son pic : c’est ce que révèle une étude réalisée en Suisse par l’Observatoire Romand et Tessinois de l’emploi selon laquelle une grande partie des embauches auraient déjà été réalisées.

Il ne faut cependant pas faire preuve d’un pessimisme outrancier car le ralentissement des embauches sur ces types de postes n’est pas encore prévu: le boom des recrutements concernent l’ensemble du droit financier. La réglementation s’est beaucoup densifiée et le besoin en juristes est donc conséquent , explique Arnaud de Bonneville. Pour ce dernier, les principaux recruteurs sont les gros gestionnaires d’actifs.

Difficile cependant de donner avec précision le profil idéal dans la mesure où la fonction est encore assez nouvelle. Pour Arnaud de Bonneville, il n’existe pas de candidat idéal et les mouvements se font souvent en interne. Il s’agit le plus souvent de juristes expérimentés avec une formation en droit des affaires, ou d’anciens auditeurs, experts-comptables ou consultants en compliance observe Martin Dixon. La situation est plus difficile pour les juniors car la fonction étant encore nouvelle, le recrutement de jeunes diplômés ne concerne que peu de candidats. Des postes d’assistants s’offrent cependant à eux.

Dans tous les cas, on demande aux candidats d’avoir d’excellentes connaissances juridiques, des qualités relationnelles car être compliance officer signifie souvent travailler avec des interlocuteurs de haut niveau, une excellente capacité à trouver des informations, une bonne compréhension de la banque, une grande curiosité, des qualités rédactionnelles… Il est important de savoir conjuguer les rôles de conseiller et de contrôleur auprès de ses collègues tout en maintenant de bonnes relations de travail. Une personnalité forte est indispensable , précise ce déontologue.

Il est également utile d’avoir une bonne endurance car les horaires sont longs et le stress important. Les candidats doivent garder à l’esprit que le métier de déontologue comporte aussi une partie administrative importante (en particulier pour assurer la fonction de contrôle), ce qui n’est pas toujours considéré par les candidats comme la partie la plus passionnante du métier.

Des salaires en hausse

Les salaires sont évidemment moins impressionnants que dans les pays anglo-saxons mais ils demeurent conséquents. Entre 30 et 40 000 euros plus variable à l’entrée et environ 100 000 euros + 20% de bonus pour un directeur de la compliance avec cinq à sept années d’expérience. Compte tenu de la popularité du secteur, les augmentations de salaire ne devraient pas se faire attendre.

Si vous ne rêvez pas d’en faire votre carrière, la déontologie constitue souvent un passage intéressant pouvant mener vers d’autres fonctions juridiques ou financières , précise un compliance officer.

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